mercredi 23 janvier 2008

Inquiétants 3 fois 20... ou la Wallonie d'hier comme leçon pour l'Europe de demain?

20% de CO2 en moins...
20% d'énergie renouvelable en plus
pour 2020...

Voilà donc le plan ambitieux de l'Union Européenne. Je vois déjà toute critique barrée d'un grand trait rouge : "anti-environnemental" "capitalisme à outrance"...
Pourtant, si ce plan est ambitieux et certes important à mettre en œuvre, je crains bien qu'il ne coûte bien plus cher que les 0,6% de PIB européen annoncé. Soyons honnête au moins, disons le mais disons aussi quelle peut alors être l'ambition européenne: rien moins que le leadership mondial!

On nous dit que si on ne fait rien, ça nous coutera 5-8%... Ce plan coûtera au moins le même prix si des mesures périphériques et globales ne sont pas prises! Il faut que ce soit dit! Et il faut en outre repenser les modalités prévues actuellement car sinon la croissance ne sera pas au rendez-vous dans 15 ans! Si on les repense bien... nous pouvons reprendre un leadership décisif au niveau mondial!

En effet, si ce plan va réguler la production européenne et mettre tous les acteurs européens sur un plan d'égalité, qu'en est-il de la concurrence étrangère?

1. Commerce Intra-Européen

Comme je l'ai dit, la concurrence des acteurs est assurée, ils seront soumis aux mêmes règles, aux mêmes couts supplémentaires, aux mêmes obligations environnementales, rien à redire donc.

2. Exportation Union Européenne vers le hors Europe.

Les acteurs Européens déjà désavantagés par des coûts sociaux plus élevés se retrouvent à devoir en plus assumer les coûts environnementaux. Le prix de leurs produits augmente encore.
Ne parlons même pas de l'Euro fort... Je ne suis pas assez expert en économie pour calculer ce que ce cumul de facteurs peut coûter en croissance mais assurément, la compétitivité des européens se dégradent un peu plus.

Solutions?

  • Un financement accru de l'innovation qui permette de produire mieux à un moindre coût environnemental.
  • L'avantage, c'est qu'au lieu d'appliquer une bête subsidiation, on prépare pour l'avenir, on participe au changement et on s'adapte au marché de demain. Il faut que produire "ecolo" soit plus rentable que produire "polluant".
  • Si on parvient à cet avantage concurrentiel là, nous aurons le monde qui se rangera à nos côtés... car économiquement intéressant.

A ne pas faire?

  • Subsidier pour baisser le coût et donc baisser le prix de vente.
  • L'ecolo reste trop cher, pas d'avantage compétitif, les autres continuent à produire polluant...
    Courir le risque que les acteurs européens délocalisent leur production sous des cieux plus cléments. Pour leurs exportations hors UE, ils produiront hors UE... Certains pays ne demandent qu'à les accueillir.
  • Une contre-solution serait alors de dire que toute entreprise européenne, quelques soient ses sièges d'exploitations dans le monde, est soumise à la règle européenne et aux quotas européens. Nouveau risque, déplacement des sièges sociaux et des places de cotations... Non seulement l'économie s'écrase, la croissance s'écrase, la production industrielle disparait mais en plus... les places financières en prennent pour leur grade, et l'écologie n'est pas sauvée.

3. Importations Hors UE vers l'Union

Les produits importés produits sous des cieux plus cléments doivent s'aligner sur les critères européens.

Solutions?

  • Quand on connaît les difficultés à faire appliquer nos "chartes sociales" (travail des enfants par exemple) à l'étranger, je n'ose imaginer comment on s'imagine contrôler la chaine de production de tout produit importé en Europe.
  • Mise en place de certificats? Possible mais nécessite une fois de plus une administration lourde, coûteuse et complexe pour un résultat pour le moins incertain (voyez l'invasion des contrefaçons).
  • Reste la suspicion systématique. On n'impose rien... mais on taxe à l'entrée. Peu réaliste, les règles de l'OMC nous l’interdisent. Déjà qu’on n’arrive pas à régler le problème du dumping social... comment rêver de résoudre ainsi le problème du dumping environnemental.

Aucune des solutions proposées ici n'est environnementalement, économiquement ou humainement possible.

Il ne reste que la toute première solution:

Lier nos efforts environnementaux à des efforts de recherches et développement accrus, ne pas nous contenter de 3% de PIB en recherche. Si on est ambitieux, soyons ambitieux jusqu'au bout!
Il faut que produire propre soit économiquement plus rentable que produire "sale".

Pendant ce temps, le projet européen.

Afin d'emporter l'adhésion des Etats membres, les 30 milliards à 50 milliards d'euros de revenus annuels générés par ces enchères seront mis à leur disposition. En cas d'échec des négociations lancées en décembre à Bali pour l'après-Kyoto, l'exécutif européen devra de surcroît proposer, à l'horizon 2011, des mesures destinées à éviter "toute distorsion de concurrence" avec les pays non engagés dans la lutte contre le réchauffement. C'est-à-dire le maintien de la gratuité des allocations, ou l'inclusion, comme le demandent instamment la France et les partenaires sociaux, des importateurs dans la bourse européenne aux quotas.(Copyright Le Monde)

Le projet européen prévoit lui des permis de polluer. C'est marrant, ça me fait penser au système actuel de replanter des arbres pour compenser les CO2 qu'on rejette en prenant l'avion. J'appelle ça donner bonne conscience... car dans ce cas, on peut tous polluer autant qu'on veut non? Suffit de payer... et de planter un arbre. Réfléchissez à la perversité de la solution, vous allez tuer la planète encore plus rapidement.

En fait vous ne polluez pas moins, vous vous donnez bonne conscience.
Comment imaginent-ils qu'octroyer la gratuité de certains quotas pour éviter les distorsions peut être suffisant? Cela ne nous rends pas compétitif!

Eviter les distorsions... mais vous vous mettez en prime au ban des nations... les pays hors Union Européenne vont commercer entre eux, éviteront l'europe. Nos entreprises vont soit se limiter à notre marché soit délocalliser pour pouvoir vendre ailleurs. Non, je ne parviens pas à voir où le système tel qu'il est proposé est gagnant. Même d'un point de vue écologique! Un bon exemple est la remise en question AUJOURD'HUI de la relance du Haut Fourneau de Seraing par Mittal à cause de ces quotas et la menaces de produire ailleurs!

Ne hurlez pas trop vite au "sale capitaliste". Peut être bien qu'il est sale le capitalisme, il ne reste pas moins que c'est le système dans lequel on vit, et le système qui a le mieux permis à l'humanité d'évoluer depuis la nuit des temps, celui qui assure aussi la plus grande paix à ce jour. C'est le système qui est comme il est et nous devons en tenir compte. Il faut savoir penser hors du système aussi... mais bien se dire qu'aujourd'hui, nos industriels, ils font leur compte. Vous voulez garder l'emploi? Garder les Marchés, la compétitivités européenne?

Le système n'est pas parfait, c'est sur, mais le changer pour aller vers où? On va le modifier.. en utilisant sa règle de base: Offre-demande et être compétitif. On ne va pas changer le système, on va changer le marché...

Il faut utiliser le système et changer le marché

Pourquoi les voitures électriques ne se vendent pas? Parce qu'elles sont lentes, peu performante et avec un rayon d'action rayon réduit... Pourtant, il existe une voiture appelé Tesla, 300Km/h en point, autonomie de 400km, 0-100km:h en 4sec... Rejet : 0 grammes... vous avez bien lu... ZERO!

Prix actuels dans les 70.000euro... mais réfléchissez que les voitures que l'on paie aujourd'hui 15.000€ coûtaient infiniment plus cher au début du siècle et étaient aussi réservées aux riches... Mais la démocratisation a mené aux prix actuels. On peut aller plus vite en vendant en masse!

Ce que je veux dire c'est qu'on peut trouver des solutions innovantes, rentables et écologiques. Et ... elle seront en plus compétitives; La Tesla à 70.000euro est moins chère qu'une Aston Martin ou certain modèle de Jaguar.

L'ambition pour l'Europe doit être celle là: financer l'innovation pour participer à une reconversion massive permettant la démocratisation des solutions écologiques et leur compétitivité! Attention quand même aux dégats collatéraux... Imaginez l'avenir des pétro-monarchies etc... mais ça, c'est pas le propos.

Aujourd'hui, l'Europe est confrontée au défi de la Wallonie dans les années 60... la reconversion et la possibilité de redevenir leader. Surtout, qu'elle tire bien les leçon de la Wallonie. Qu'elle ne subsidie surtout pas des entreprises qui ne pourront que disparaitre (entre autre de par les contraintes environnementales ou parce que d'autres produiront propre - moins cher)

Car il y a trois façons de croître :

  1. Prendre des parts de marchés en conquérant de nouveaux clients
  2. Prendre des parts de marchés aux autres dans un marché saturé
  3. Créer un nouveau marché... Ce que l'Europe doit faire...

Voilà en quelques lignes les modalités pratiques que je vois personnellement pour l'application de cet ambitieux plan 3x20...

Bonne journée

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