lundi 14 janvier 2008

Le « Front » du non ou la technique des socialistes français…

Dans la négociation actuelle, y a-t-il encore un espoir pour les Wallons et Francophones de Belgique?
J'ai de plus en plus la désagréable impression que l'attitude irresponsable de nos élites politiques du sud du pays ne peut aujourd'hui que mener au clash. Quand donc comprendront-ils que les Francophones ont 10 ans de retard sur les Flamands? Par leur propre faute, par leur nombrilisme?

La Wallonie depuis les années soixante, c'est l'histoire d'un état médiéval où se battent des baronnies. Chacun défendant son fief sans réfléchir aux interactions entre les fiefs! "Ah mais si Liège reçoit autant, alors Mons doit recevoir le même montant!" "Vous dites? Ils implantent une centrale à Charleroi? Ah mais on veut la même chose à Huy!" etc.

L'histoire pourtant nous a montré que la richesse et la prospérité d'une nation viennent des échanges qu'elles entretiennent, des mécanismes subtils de coopétitions (néologisme formé de "Coopé" pour coopération et "pétition" pour compétitions. Mais en aucun cas par le renfermement sur soi.

L'attitude de se battre entre nous pour recevoir la même chose que l'autre est puérile. Dans une entreprise, je voudrais voir la tête du CFO si un chef de projet débarque dans son bureau en demandant une enveloppe "x" parce que l'autre chef de projet a reçu "x"... Mais bon dieu, il l'a reçue cette enveloppe parce qu'il développe un projet. Projet qui s'aligne par ailleurs avec la vision et la stratégie de l'entreprise!!! Le pré-requis est donc d'avoir un Capitaine à bord qui dise OÙ nous voulons allez.

"On n'est demandeur de rien"

"On n'est demandeur de rien", on crée une "stratégie de réponse"... un front francophone pour répondre au front flamand...Moi, en tant que citoyen, j'estime être face à une classe politique irresponsable!

J'en reviens à mes analogies habituelles: Toute entreprise qui joue en défense a déjà perdu. Les francophones jouent en défense, ils n'ont pas réalisé que les flamand poursuivent un plan de bataille développé et affiné il y a des années. Que ce plan a été établi sur base d'une vision, d'un projet flamand, d'une perspective d'avenir à long terme. Je vous prie messieurs les politiciens (dommage, j'aurais aimé dire politi-citoyens) francophones d'accepter mes excuses pour ce que je vais dire.

Que l'on soit ou non d'accord avec les flamands et les politiciens flamands... il n'en reste pas moins qu'ils ont réussi, au delà des clivages de partis, au delà des difficultés interpersonnelles, au delà des générations - car ce plan, court sur plusieurs générations - à tenir un cap. Que l'on soit où non d'accord, ils sont pour la Flandre de véritables hommes et femmes d'états qui ont développé une vision, créé la stratégie et l'organisation qu'il fallait pour l’atteindre. Je vous l'accorde, ça ne fait pas plaisir à entendre. Mais cessons d'être aveugle, c'est bien de cela qu'il s'agit.

Et pendant ce temps, les francophones se laissaient enfumer par des "détails", se concentraient dessus, rongeaient l'os donné par les Flamands sans voir le dessein bien plus large en arrière plan. Avouons aussi que vous leur avez facilité la vie, non seulement vous ne regardiez que l'os... mais en plus vous vous le disputiez âprement pour savoir quel bastion sous-régional allait y avoir droit.

A côté donc de nos baronnies, je trouve des politiques francophones de Belgique ressemblant furieusement aux socialistes français n'ayant aucun programme. Enfin, si... comme les socialistes français, vous faites de "l'anti-", du "non à..." et en prime vous vous battez en interne pour savoir qui est le leader des francophones. Le problème des socialistes français pourrait être légèrement différent, leur truc ce n'est pas de manquer d'un leader mais d'en avoir trop. Ici, on pense qu'on en a trop mais je serais déjà bien heureux d'en avoir un.

Bref, mes représentants se contentent de "répondre". Mais où pensez vous allez comme ça. Dans une interview, celui qui mène la danse c'est celui qui pose les questions. Aux échecs, les blancs ont plus de chance de gagner car ils ont un coup d'avance. Vous jouez en défense, et tant que vous serez en défense vous en subirez toute la pression. A force de tirer, l'équipe adverse fini toujours par marquer un goal... il est temps que vous vous dirigiez vers l'autre côté du terrain.

Si tu ne sais pas où tu vas, ne t'étonnes pas de ne pas y parvenir.

Que ce soit une entreprise, un couple, une famille, une région, un pays... on ne réussit que si on a un projet, que si on développe une vision de ce que doit être notre avenir. On attribue à Lao-Tseu la citation suivante : "Si tu ne sais pas où tu vas, ne t'étonnes pas de ne pas y parvenir..." C'est tellement dans le contexte!

Alors que diable messieurs, un peu d'ambition, un peu d'envie, un peu de vision! Répondre ne suffit pas, il faut que, tels des chefs d'entreprise, vous développiez une vision, un projet ORIGINAL. Osez la différence, les entreprises et les régions qui réussissent sont celles qui osent avant les autres, sont celles qui développent un secteur original. Le premier sur le marché prend le marché. Il n'y a pas besoin d'aller loin pour s'en rendre compte, certaines régions européennes se sont fort bien développées, redéployées alors qu'elles étaient dans un état pire que la Wallonie. Mais pour cela, ils ne se sont pas contenté de répondre aux coups, ils ne se sont pas contentés d'imiter ce que les autres faisaient, ils en prenaient le meilleur, le recontextualisaient et inventaient en même temps un projet, un secteur de manière originale.

Le Clash?

En introduction, je vous disais que l’attitude de nos politiciens ne pouvait que mener au clash, c’est un des résultats attendus d’une stratégie de réponse… On entre dans la surenchère. Quand on me dit, établir un recensement linguistique, quand on me dit revenir aux anciennes circonscriptions, quand on exige l’élargissement… on surenchérit… Quelle erreur, ça mène au clash. Quand les Flamand demandent quelque chose, ils savent POURQUOI ils le demandent, ils savent à quel partie de la vision flamande ça correspond, ils savent pourquoi le changement d’organisation est nécessaire et pourquoi on met en place ce projet. Parce que ça « colle » avec la vision, avec la stratégie long terme. Quand vous répondez, quand vous exigez à votre tour… vous faites de « l’anti », du « tout sauf ». Votre réponse ne s’insère pas dans un projet économico-social, dans une vision de société. C’est une erreur.

Pensez-vous qu’Apple existerait encore aujourd’hui s’il s’était contenté de faire de « l’anti-microsoft », « anti-PC », « anti-IBM ». La réponse est simple... non. Apple n’a pas eu la vie facile, Apple est plus petit que Microsoft mais Apple a développé un monde différent et dire qui est leader sur le marché devient un peu plus tricky qu’auparavant… Car, de quel marché parle-t-on ? Inventez vous, inventez nous un marché messieurs. Inventez une vision, posez la stratégie, mettez en place l’organisation, fonctionnez en projets.

Osons!

Pour 2008... O-SEZ! Cessez de vous contenter de répondre aux attaques flamandes. Bien sur, vous devez aussi le faire, mais en même temps, développez notre projet! Les Flamands en sont eux doté depuis plus de dix ans. En Wallonie rien de tout cela, on s’est contenté de répondre, de se battre en interne. Stratégie de suiveur, même pas de challenger, conséquence, ne vous étonnez pas de jouer en seconde division, d'être les low-costs... non, pardon, les "low-results" "high-costs" de la politique en Europe. Messieurs, comme des chefs d’entreprises qui font vivre un pays, tels ces chefs d’entreprises que vous nous demandez d’être, ayez l’ambition, la vision, la stratégie et l’organisation.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire