lundi 31 mars 2008

Un Bill Gates belge ne saurait exister...

Dans une excellente interview, Geert Noels, Chief Economist bien connu de Petercam souligne à quel point le système belge freine et tend à tuer toute innovation.

Extraits (source Trends-Tendances, 27/03/2008):


"Mais je voudrais plaider pour qu'on crée une société de l'admiration plutôt qu'une société de l'envie. Au lieu d'être envieux des gens qui résussissent mieux que vous, vous feriez mieux de vous demander quelle leçon vous pouvez tirer de eur succès.
Cette discussion concernant les salaires élevés est selon moi une affaire de jalousie. C'est le rêve de beaucoup de politiciens de pouvoir un jour brandir une success story belge, du genre Microsoft. Si Bill Gates était né en Belgique, Microsoft ne serait jamais devenu ce qu'il est aujourd'hui"

Et de fait, j'ai encore aujourd'hui reçu un pamphlet sur les intérêts notionnels, sur les réductions d'impôts qui ne profitent qu'aux riches etc etc. Pourtant, nous avons déjà parlé de ces fameuses réductions d'impôts et que ça reste les revenus moyens de tranches supérieures qui tiennent le financement du système, il y en a encore pour les traiter de profiteurs. Il faut vraiment que ça cesse et que les gens comprennent que pour financer le système il faut des gens motivés. Qu'à taxer les revenus à plus de 50%, ça ôte toute motivation. Et il se trouve aussi que l'on arrive trop rapidemment à ce taux d'imposition maximum!

J'ai même lu que la taxation sur les revenus de la tranche supérieure ne dépassait pas 50%. Mais c'est oublier les additionnels communaux et autres impôts indirects!

Euromillions

Enfin... la suite :

"Pourquoi pas?

-Parce que notre culture de la jalousie rend un tel succès impossible. Imaginez que l'homme le plus riche de la terre soit un Belge! Nous trouverions cela inacceptable. Nous aurions déjà instauré une taxe spéciale Bill Gates. Et nous aurions déjà tué la poule aux oeufs d'or. Au lieu d'accepter les success stories, de les admirer voire de le prendre en exemple. Une image trop négative de la richesse peut être destructrice pour le bien être d'un pays.

Car enfin, il est quand même surprenant que tout le monde trouve normal de gagner 50Millions à l'Euromillion et anormal que quelqu'un comme Albert Frère ait réussi à créer un empire... On critiquera les salaires des dirigeants d'entreprise, qui l'air de rien, même s'ils ne sont pas fondateurs et n'ont pas pris les risques, ont quand même cravachés pour arriver à cette place. Ils ont payé un prix que peu de gens sont finalement prêt à payer. Je ne serai jamais CEO d'une entreprise du BEL20 ou du CAC40, je ne gagnerai pas les millions des leurs patrons mais voilà. Tant mieux pour eux et moi je ne me plains pas de mon sort! Et enfin, il ne faut pas oublier que ces rémunérations élevées sont limitées à ces patrons du BEL20 ou du CAC40 et que la toute grande majorité des entrepreneurs ne gagnent pas autant.

Une certitude, tout comme un gagnant de l'Euromillion, ils ne l'ont pas volé! Mais bon sang, comme ils sont jalousés! (au passage, tout comme G. Noels, je réprouve par contre les parachutes dorés. Je vais plus loin, je ne trouve pas normal qu'un patron qui demande un effort à ses salariés s'augmente son salaire dans le même temps. Là, il y a un vrai malaise!)

Etat Providence, droit acquis et société statique!
Bon ze suite...

"Nous n'avons peut être pas de Microsoft ici mais une légère tendance à
l'égalitarisme nous a néanmoins permis de bâtir des beaux Etats
Providences?"

Avant de vous mettre la réponse de Geert Noels, je voudrais souligner que l'Etat Providence semble, pour je ne sais quelle raison un droit Acquis. Quelle erreur! Il fut bâti sur un modèle qui n'existe plus aujourd'hui, un modèle ou plus d'une dizaine de personnes finançaient un inactif. Cette proportion est aujourd'hui de trois qui finance un... et bientôt il n'en restera que deux! Alors non, des droits ne sont jamais acquis, ils se méritent tous les jours!

Soulignons que la sécurité sociale fut créée après guerre. Que le système en place fut donc créé dans un référentiel particulier... référentiel qui n'existe plus aujourd'hui. Il est donc illusoire de croire que le système peut fonctionner aujourd'hui!!! Cela reflète aussi une société qui voudrait être statique, qui voudrait que rien ne change alors même que rien n'est plus pareil. A cet égard, les syndicats et leurs droits acquis, donc intangible constituent un danger pour notre société! Notre société change, nos système doivent évoluer... et innover pour que nous puissions enfin redevenir une société dynamique, donc innovante!

Egalitarisme versus élitisme?

Une deuxième chose, l'égalitarisme est la peste de notre société. Tout n'est pas égal! L'égalitarisme tel que pratiqué ici prive notre pays d'une certaine forme nécessaire d'élitisme. Il tend par ailleurs non à tirer le meilleur de chacun d'entre nous mais de diminuer les performances des meilleures pour les faire "rentrer dans le rangs".

Bon... et Geert:

"Je pense que nous sommes allés trop loin dans ce sens, que notre système a en partie un objectif caché: rendre les gens dépendants d'allocations.

-A vous entendre, on dirait que c'est un complot.

Non, ce n'est pas un complot. Mais au bout d'un certain temps, ce mécanisme générateur de dépendance s'installe d'une certaine manière. Il y a toutes sortes d'organisations qui ont intérêt à ce que les choses restent comme elles sont. Pas seulement le PS en Wallonie mais aussi les syndicats, par exemple. Une partie de ce cadre social esr naturellement absolument nécessaire et tout simplement magnifique. Mais il contient aussi une dose de paternalisme. Et une telle attitude est destructrice de talent parce qu'elle rend les gens dépendants et incapables de se tirer d'affaire eux-même."

Le changement, l'évolution, l'innovation!

Aaaah, la sacro sainte résistance au changement. Pourtant, on sait combien le système actuel atteint ses limites.

Ce fut d'ailleurs une des raisons de la création du "Fond Argenté". Garantir nos pensions dans le futur. Pour les garantir, il faut pouvoir les financer. Pour les financer, il faut des gens qui contribuent. Si on continue en permanence à faire la chasse aux revenus des entreprises et aux revenus des citoyens, il ne faut pas s'étonner qu'un jour celles-ci partent sous des cieux plus cléments. Et je pense qu'il est inutile de signaler qu'il est plus simple à monsieur Frère de partir s'installer à Genève qu'à vous ou moi... On a tout intérêt à leur permettre de s'épanouir et leur permettre de payer moins d'impôts. Dans une économie dérégularisée, à tout le moins un minimum, les entreprises peuvent éclore et créer de l'emploi.

Un emploi créé, ce sont deux chômeurs financés. Ou autant de réduction d'impôts... C'est pourquoi envers et contretout, il faut continuer à diminuer l'impôts , y compris chez les plus riches!
Pour les inciter à investir.
Pour les inciter à créer de l'emploi.
Pour un jour permettre à un Bill Gates d'éclore en Belgique!

Ce parce que la société évolue et qu'il est illusoire de croire que l'on peut maintenir la Belgique en dehors de la marche du monde! La monde, l'économie, les gens, les valeurs, la vie ne sont pas statique! On sait qu'on ne peut se reposer sur nos acquis! On sait qu'une société qui tend à l'immobilisme est une société qui meurt! Pourtant rien n'y fait, tout tend à arrêter le progrès et l'évolution dans ce pays!

Innovons dans l'égalité?

Si on veut être vraiment égalitaire, 1 euro doit être égal à 1 euro, y compris devant l'impôt! Je continue donc à revendiquer une flat tax!
Et chaque euro que l'on paie au trésor public DOIT être justifié et dépensé à bon escient!

Il nous faut un subtil mélange d'élitisme et d'égalitarisme. Il faut remettre notre pays, notre économie, nos populations en mouvement.

Montrer que si on bouge, on prend un risque. Risque bien évident d'en prendre plein les dents... mais aussi risque de réussir, avancer, donc ionnover et changer. de vivre dans un nouveau système correspondant mieux au référentiel de notre société actuelle...

Montrer surtout que si on ne bouge pas... le système ne peut que s'effondrer sur lui même... alors entre le risque de réussir et la certitude de s'écrouler... a-t-on vraiment le choix?
Il est temps que de véritable hommes d'Etat de dimension européenne émèrgent pour nous permettre de retrouver une croissance créatrice et créative.

2 commentaires:

  1. En diminuant l'impôt, on augmente le démocratie de marché : un euro = un bulletin de vote.

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  2. Et Laloux alors ???

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