mardi 13 mai 2008

..Et BHV dans tout ça?

D'aucuns m'ont demandé "et BHV? Quoi? Tu n'en parles pas?".

Alors, ma réflexion sur BHV est simple :
"non événement politique ou institutionnel" car existant depuis plusieurs années déjà.

Je suis contre cette scission à cause du principe de l' "uti posseditis". Ce principe de droit international serait la base d'un futur Etat pouvant être reconnu comme Etat par les autres nations. Ma réponse est pas de scission sans élargissement de Bruxelles à son Hinterland économique.

"Tu possèderas ce que tu as possédé"

L'Uti Posseditis, en Francais : "tu posséderas comme tu as possédé".
En d'autres termes, une entité, lorsqu'elle devient indépendante, conserve le territoire qu'elle possédait auparavant. La communauté internationale est très attachée à ce principe, extrêmement stabilisateur – vous avez une prévisibilité totale des frontières –, même s'il peut être parfaitement injuste.

BHV est non seulement un arrondissement électoral pour la Chambre, le Sénat et le Parlement européen. BHV, c'est aussi l'arrondissement judiciaire de Bruxelles. Soit quatre techniques de "pont" qui enjambent la frontière linguistique et qui rendraient, dans le cas d'une éventuelle scission du pays, l'application de l'uti possidetis est plus difficile : on pourrait argumenter que l'existence de cet arrondissement hétéroclite atténue le caractère tranché et définitif des frontières linguistiques(pour plus de détails suivez le lien "uti posseditis")...

Une consultation pour définir son appartenance?

Et si nous acceptions cette scission? Après, si la Flandre se veut Nation indédpendante, il nous suffirait finalement de nous appuyer sur le principe "d'auto-détermination des peuples" et revendiquer un référundum dans les communes flamandes à majorité francophone et demander le rattachement à la Wallonie ou à Bruxelles. Il convient d'arrêter de rêver : le droit international est pour l'essentiel parfaitement insensible à ce genre de techniques même s'il consacre le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".

En réalité, ce principe a une portée extrêmement réduite et vise essentiellement des situations d'oppressions violentes ou l'aspiration à la décolonisation. Il ne serait en aucun cas applicable à la périphérie.

L'intérêt commun d'abord (plutot que "eigen volk eerst")

Alors, je plaide pour qu'il n'y ait pas de scission sans l'élargissement de Bruxelles!
Ceci serait réellement dans l'intérêt de toutes les communautés et non plus de quelques politiciens en mal de voix pour les prochaines régionales.

La représentativité flamande à Bruxelles
  • parité au gouvernement alors qu'ils ne représentent que 10-12%;
  • large sur-représentation au Parlement;
  • échevin garanti dans chaque commune;
  • obligation de bilinguisme des services.
s'en trouverait enfin justifiée.

Les tracasseries administratives des communes dites "à facilités" seraient gommées car celles-ci deviendraient de facto des entités bilingues à part entière. Ceci dans l'intérêt tant des francophones que des flamands.

Cette solution serait aussi une alternative pour le financement de Bruxelles. Tout le monde sait que Bruxelles est sous-financé et que les travailleurs "riches" de Bruxelles viennent de sa périphérie. Les impôts seraient donc collectés aussi chez les travailleurs qui vivent de Bruxelles. Ceci justifie l'incorporation de son Hinterland économique. Même restreint.

Celà éclairerait aussi sur la réalité des transferts Nord-Sud (je vous conseille à cet égard la lecture du blog de Pourquoi Pas?)... Dans la périphérie, flamande par la loi, n'oublions pas que vivent de nombreux, très nombreux francophones... Quand la Flandre revendique sa "richesse"... elle oublie souvent de mentionner la part des francophones dans cette richesse!

Et si, par ailleurs on retourne le raisonnement, on comprend aussi l'intérêt de la Flandre à étrangler Bruxelles sans pour autant l'annexer...

Une région à part entière

Pour que Bruxelles / Brussel / Brussels puisse jouer son rôle à part entière, il faut bouter hors de Bruxelles toutes les institutions qui n'ont rien à y faire!
Exit donc toutes les représentations de la Flandre Conquérante. On tolèrera une ambassade flamande. Pour le reste, les Flamands de Bruxelles (droit du sol oblige messieurs les Flamands) sont Bruxellois avant d'être flamands. A cet égard, je regretterai toujours que Jos Chabert (un Vlaamse Brusselaar) ait été remplacé par Brigitte Grouwels (une Vlaming... égarée dans Bruxelles).

La Flandre ne peut nier une Consitution qu'elle a modifié en son temps : Bruxelles est une Région à part entière. On n'installe pas la capitale d'une Région dans une autre! Je n'ai jamais entendu les francophones réclamer que leur capitale soit logée à Luxembourg, Paris, Lille ou Anvers. Il suffit! Si vous exiger le droit du sol, respectez les sol des autres.

Bruxelles est Ville, Agglomération, Région, Capitale Belge et Européenne. Il est d'ailleurs temps d'un peu moderniser tout cela et d'éliminer l'Agglomération au profit de la Région... élargie.

Au paragraphe précédent, je vous disais aussi qu'en renversant le raisonnement, on comprend l'intérêt qu'a la Flandre à ne pas "annexer" Bruxelles... Imaginez que la Flandre doive intégrer à son territoire la population la plus pauvre du Royaume et de, de plus, devoir incorporer une région de près d'un million de francophones! La Flandre Conquérante s'en verrait grandement diminuée...

La Flandre peut ainsi s'épurer économiquement et linguistiquement... lorsqu'on parle chiffres, cela embellit sérieusement le tableau ! La Flandre préférerait une région bruxelloise riche qui ne viennent pas assombrir le tableau d'une des plus riches régions d'Europe.(PourquoiPas?)

Enfin, on ne doit pas oublier que différentes études éclairent le rôle important de Bruxelles pour l'économie belge. Tant wallone que flamande. Nous tirons en réalité la majorité de nos ressources de Bruxelles, cette mal aimée abandonné des politiciens francophones, étranglées par les politiciens flamands. L'élargir serait reconnaître son rôle moteur dans notre économie, serait démontrer notre volonté de vivre ensemble, en paix et dans le respect de la culture de chacun. Bruxelles élargi se voudrait à nouveau l'exemple d'une Europe des peuples, dynamique et motrices sur tous les plans.

1 commentaire:

  1. Merci !

    Petite rappel de quelques fondamentaux Béhachevèsques qui me tiennent à coeur. Il est tellement difficile d'expliquer BHV, tellement c'est simple.

    A bientôt.

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