mercredi 25 juin 2008

Efficacité étatique...

Avant de revenir au sujet des retraites et à la façon de, peut être, parvenir à les réformer, je voudrais signaler l'appel de la voka à ne pas remplacer 70.000 fonctionnaires partant à la retraite sur les 140.000 départs prévus d'ici 2015.

Il suffit de se souvenir que cet effort, pour considérable qu'il soit n'est absolument pas suffisant. On parle de remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pourtant, les chiffres sont sans appel, pour en revenir à la moyenne européenne, il faudrait ne remplacer qu'un départ sur trois pendant 25 ans!

Commentaires syndicaux...

Il n'en reste pas moins que les syndicats bien sûr nous ressortent leurs argumments habituels et ineptes :

La CSC ce mercredi : "Où vont aller les 70.000 fonctionnaires qui sont superflus ? Pour nous, le maintien d'un bon service public est essentiel. Ces fonctionnaires qui ne seraient plus remplacés sont le signe d'une mauvaise politique du personnel" (source le Soir)

Tout d'abord, où ils vont aller, et bien à la retraite... On ne parle même pas de prépension! Qu'y a-t-il de choquant à cela? Les syndicats prétendraient-ils soudain que nous devons relever l'âge de la retraite?

Secondo, appeler la diminution d'un personnel pléthorique et excédentaire "mauvaise politique du personnel" relève du mensonge éhonté. Que du contraire, une bonne gestion du personnel oblige la patron à effectuer une gestion dynamiuqe de son personnel. Si nous avons trop de fonctionnaires par rapport à la moyenne européenne, alors nous effectuons une mauvaise gestion du personnel! Et non le contraire! Les autres pays européens seraient ils moins efficaces?

Mieux, avec un taux d'imposition inférieur au nôtre, la majorité des pays européens sont en avance sur tout les plans par rapport à nous. Au niveau social, éducatif, économique, etc... Vous avez dit "mauvaise gestion"?

Le syndicat a souligné qu'il n'était pas envisageable de réduire le personnel dans les prisons, services d'inspection ou dans la police. Par ailleurs, insiste la CSC, l'Etat belge composé de deux grandes communautés linguistiques a besoin de nombreux fonctionnaires. (source le Soir)

Evidemment, superbe... qui a parlé d'enlever les roues d'une voiture pour la rendre plus efficace? Personne bien sur! Par contre, limiter les kilomètres de cablages et le remplacer par un cable unique multiplexé est une évolution majeure. Et bien c'est la même chose pour le personnel de l'Etat. Il est clair que certains secteurs sont en pénuries... et je ne pense pas que l'on parle de ne pas remplacer dans ces secteurs là...

Par contre, aux finances, au social ... la gestion est de moins en moins papier! Nombre de contribuables entrent eux même leur déclaration fiscale via tax on web. Alors même qu'auparavant nous les rentrions en format papier et que les fiscards devaient tout réintroduire eux même! Itou pour les déclarations TVA des entreprises!

De même, auparavant, déclarer du personnel se faisait sur papier, devait être réintroduit... aujourd'hui Dimona, Limosa font le travail (introductionvia Internet!).

L'argument linguistique est une escroquerie intellectuelle pure. Quand ben même, est-ce au citoyen à payer la facture des bêtises politico-politiciennes?

Pour la CSC, il n'y a pas non plus d'explosion des coûts liés à la fonction publique. Selon une étude de la KUL, que rappelle le syndicat, les coûts de personnel des fonctionnaires restent stables depuis 15 ans. (source le Soir)

Ah oui.. les coûts sont stables... mais vu que de plus en plus de tâches de l'Etat sont assurées par les entreprises et les citoyens celà montre surtout une inefficacité croissante...

Efficacité et "goed bestuur" des finances publiques!

Alors même que les entreprises se sont informatisées, ont augmenté leur productivité (et pas spécialement au prix de l'emploi mais bien au bénéfice de l'Etat!) l'Etat est incapable de faire preuve de la même diligence et de la même probité dans la gestion des finances publiques. Parlons par exemple de l'informatisation du casier judiciaires, des ordinateurs qui pourrissent dans les couloir du palais de justice, de système douanier qui n'arrive pas...

La diminution du nombre de fonctionnaires permet de redonner, à ceux qui restent, des perspectives d'évolution, une carrière plus passionante, un meilleur revenu aussi, de nouveaux moyens.

Par l'informatisation, on peut les décharger des tâches ingrates comme la réintroduction manuelle des données. On peut les former et les faire évoluer, leur donner des tâches à plus haute valeur ajoutée, leur donner ainsi aussi le goût d'entreprendre, la possiblité de passer vers le privé un moment donné etc

Il n'est absolument pas illégitime de demander une augmentation de l'efficacité de nos fonctionnaires. Il n'est pas illégitime d'en demander la diminution et la limitation. Les outils informatiques existent... il est du devoir de l'Etat de garantir un usage optimal des finances publiques.

2 commentaires:

  1. Première constatation
    Il est probable que dans les périodes de faible conjoncture économique le rôle de l'Etat est de jouer le "volant d'emploi" : en payant des fonctionnaires ayant un emploi, on évite de payer des chomeurs, maintenant de la sorte une certaine cohésion sociale.
    Par contre, dans les période de haute conjoncture, il serait normal de "libérer" une partie significative des fonctionnaires pour mettre à la disposition des entreprise un personnel formé et expérimenté dans bon nombre de domaines (songeons à la pénurie de 14.000 informaticiens qui sévit depuis plusieurs années déjà)...

    deuxième constatation
    le statut du fonctionnaire avait pour vocation de procurer une stabilité de service à l'Etat par le maintien d'agents formés adéquatement dans un environnement stable.

    Aujourd'hui, l'environnement est devenu mouvant, instable et le statut est générateur d'effets pervers :
    1. il n'y a pas de possibilité pour un fonctionnaire de faire évoluer sa carrière autrement que dans le cadre bureaucratique de son statut. Prenons le cas des enseignants, il leur est impossible (le statut ne le prévoit pas...) de se recycler en cours de carrière dans une autre discipline... pas dévolution possible
    2. la stabilité bureaucratique s'installe en opposition avec les adaptations nécessaires à un environnement mouvant. Pour E. Enriquez, le modèle coopératif est celui qui permet à une organisation d'optimiser sa congruence avec l'environnement mouvant.
    3. Le modèle bureaucratique fige les réponses de l'organisation, ce qui, dans un environnement mouvant, se traduit par de multiples dysfonctionnements.
    4. en phase de croissance économique, l'Etat devrait libérer des fonctionnaires pour répondre à un accroissement de la demande sur le marché du travail. Cette réduction du nombre de fonctionnaires devrait s'accompagner d'une modernisation de l'appareillage -notamment informatique- et donc permettre une modernisation du système et une amélioration de l'efficience...

    En conclusion...
    L'évolution de la société fait en sorte que d'une stabilité "inerte" l'Etat est aujourd'hui confronté à un modèle dynamique.
    Cette évolution demande de grandes capacités d'adaptation que ne permet pas le statut de fonctionnaire.
    Dans une période de croissance économique, il faut réduire le nombre de fonctionnaire et moderniser l'outil pour absorber la période de vache maigre qui suit immanquablement toute période de vache grasse...

    Excellent article


    PP

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  2. l'autre problème dans le cadre de l'évolution de la carrière est le blocage des postes de hauts fonctionnaires pour raison politique...

    On s'apperçoit que passé un certain seuil de compétence, malgré les examens du Selor, la bonne couleur politique continue d'être déterminante. De quoi miner encore un peu plus le moral des fonctionnaires méritants...

    Merci pour votre excellent commentaire.

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