vendredi 20 juin 2008

Le courage de réformer : les retraites(1)

Je me suis apperçu dans de précédents articles que je me permets de critiquer... mais qu'en est-il des pistes de changements?

Aujourd'hui, un des problèmes les plus oppressant (je veux dire à part la scission de la Belgique...enfin, pour ce que ça a d'oppressant... pour le moment, on prépare l'opinion publique hein.) de notre société est le financement futur des retraites.

Depuis les années 70, on sait très bien que vu l'évolution de la pyramide des âges, le système en place ne peut pas tenir le coup. On a mis en place un "Fond Argenté" qu'on ne finance pas et qui de toute façon est bien incapable de résoudre le problème. Alors comment agir?

Je remercie Vincent pour son brillant exposé en 5 chapitres de la question et son idée des calculs simplifiés. Allez voir son site, ça en vaut vraiment la peine.

Le Système Actuel : la répartition

A l'époque, après la deuxième guerre mondiale, le système mis en place consistait à demander à tous les actifs de cotiser pour leur pension future... mais tout en redistribuant ce même argent aux pensionnés du moment.

En clair, on n'épargne pas l'argent que vous donnez (capitalisation) on le redistribue intégralement. Ce système pouvait fonctionner à l'époque car nous avions alors une trentaine d'actif pour financer un inactif.

N'en déplaise à la tribu des "droizakis", le système ne peut plus fonctionner.

Nous ne sommes plus dans le même référentiel

  1. aujourd'hui, il n'y a plus que trois actifs pour un inactif (bientôt plus que deux)
  2. l'espérance de vie est radicalement différente
  3. la pyramide démographique est inversée
  4. le taux de chômage gringnotte les cotisations etc

Petits calculs simplifiés

Imaginons un pays où

  • naissent 1.000 personnes chaque année.
  • l'espérance de vie est une donnée fixe : on meurt à 75 ans
  • toute personne commence à travailler à 20 ans
  • tout travailleur touche 2.000 euro brut
  • tout travailleur part à la retraite à 65 ans
  • personne n'est jamais malade
  • il n'y a pas d'inflation (j'ai dit simplifié)
  • le gouvernement offre une retraite légale de 1.500 euro par le biais de prélèvement sur les salaires des actifs.

Quel est le taux de retenue sur le salaire brut?

  • Nombre de retraités : 1.000 * 10 générations = 10.000 personnes
  • Somme annuelle reçue par retraité : 1.500 * 12 = 18.000 euro
  • Besoins de la caisse des retraites? 180 millions d'euro / an
  • Financement de la caisse : travailleurs de 20 à 65 ans = 1.000 * 45 = 45.000 personnes
  • Soit 45.000 cotisant pour 10.000 ayant-droits soit chacun finance 1/4,5ème de retraite
  • Soit un prélèvement individuel sur le salaire brut de 333 euro / mois (ou 4.000 euro / an ou 16%)

On peut même imaginer que l'on mette les entrerises à contribution à raison de 50%, ce qui reviendrait à devoir payer des cotisations patronales de 166 euro, et le travailleur d'avior un net qui passerait de 1667 euro à 1833 euro.

Perversion de la redistribution

Le grand problème de ce système est que l'Etat promet des prestations futures avec des données actuelles. Ce système serait tenable si l'on provisionnait cette dépense future (ah... mais on tombe alors dans la capitalisation!)

Découlant aussi de ce problème de "tout étant égal par ailleurs" (vous vous rappelez à quel point je déteste cette sentence), le fait qu'il suffise qu'un seul des paramètres se modifie pour remettre le système en cause.

Retour à notre exemple... espérance de vie +5ans

On aurait aussi pu modifier, telle que dans la vie réelle, l'arrivée plus tradive sur le marché de l'emploi (études plus longues), diminution de la durée de costiation, retraite à 60 ans, introduire un taux de chômage...

Mais restons simple(ts), quels peuvent être les conséquences de ce simple changement de paramètres?

  • Nombre de retraités : 1.000 * 15 générations = 15.000 personnes
  • Somme annuelle reçue par retraité : 1.500 * 12 = 18.000 euro
  • Besoins de la caisse des retraites? 270 millions d'euro / an
  • Financement de la caisse : travailleurs de 20 à 65 ans = 1.000 * 45 = 45.000 personnes
  • Soit 45.000 cotisant pour 15.000 ayant-droits soit chacun finance 1/3 de retraite
  • Soit un prélèvement individuel sur le salaire brut de 500 euro / mois (ou 6.000euro / an ou 25%)

La simple modification de l'espérance de vie oblige l'Etat à vous ponctionner de 10% en plus!

Sachant que l'évolution de notre société depuis la mise en place du système à connu d'autres modifications, et encore plus massive, on s'apperçoit que ce système est voué à la faillite.

Imaginons toujours de manière simple que ce pays imaginaire connaisse :

  • un taux de chômage de 10% (mais pas de caisses d'allocation!)
  • l'abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans (où l'entrée sur le marché du travail à 25 ans)
  • l'espérance de vie à 80 ans

Le résultat est que, sans même payer d'allocation de chômages, le besoin de financement de la Caisse des retraites passe à 360 millions d'euro. Soit une contribution par travailleur de 953 euro/mois! Soit une taxation à 47.65%

La modification de simple paramètre de base, sans même rajouter de mesure de compétitivité, d'assurance santé ou autre bénéfice pour la population cause un passage de 16% d'impôts sur le revenu à 47.65%!

Système de répartition?

ou de redistribution, c'est pareil, ça ne peut pas marcher quand on voit l'évolution de nos paramètres. Et encore, ici, on a simplifié! Si on regarde l'évolution de notre société, on se rend compte que l'on donne toujours plus de droits, d'allocations, d'aides et autres revenus de substitution, pour la plupart d'ailleurs ponctionné sur le travail.

N'importe quel étudiant de première baccalauréat de gestion qui ferait le calcul arriverait à la même conclusion! Mais pas nos chers ministres qui semblent occulter ces faits et ces calculs simples alors même que cela fait 40 ans que les économistes hurlent à la faillite future du système!

Monde réel?

Le résultat dans le monde réel est que ce système est une véritable arnaque car non financé de manière pérenne! Que l'évolution nous montre un tassement des prestations promises (les pensions ne suivent pas le coût de la vie et on tendance à diminuer), une augmentation des cotisations (et encore si vous parvenez à savoir combien vous payez pour votre retraite et combien vous toucherez, prévenez-moi!), opacité totale du système.

Le monde réel, c'est une espérance de vie qui est passée de 60 ans à 80 ans, ce sont des travailleurs qui entre sur le marché à 25ans plutot que 18. Ce sont des départs à la retraite anticipés, c'est un taux de chômage explosif, je vous passe l'inflation actuelle, un taux de natalité en baisse constante, l'intérêt à être fonctionnaire plutôt qu'employé ou indépendant...

Les Alternatives

Sachant cela, on a le choix... soit on continue jusqu'à la faillite complète du système (ce que semblent esprer nos gouvernements successifs vu le maintien de cette situation) soit on réfléchit à ce que le système pourrait être. Ce n'est qu'après qu'on pourra penser aux réformes.

Système à Cotisations définies

Si dans la logique redistributrice nous avions défini comme intangible la prestation (1.500 euro / mois), la logique de cotisation définie bloque le niveau de cotisation du travailleur. Ce qui veut aussi dire que la prestation devient variable. Ceci sous tends aussi que l'on ne pourra dépenser plus que ce qui ne rentre dans les caisses.

... je vous entends déjà... les grands gagnants sont de nouveau les bénéficiaires d'origine (comme dans l'exemple précédent) et plus on avancera dans le temps, plus la prestation se dégradera.

Ainsi dans notre exemple simplifié, à l'origine:

  • le travailleur est taxé à 16% soit 333 euro
  • le pensionné reçoit 1.500 euro

L'augmentation de l'espérance de vie de 5 ans cause :

  • un niveau de taxation de 333 euro qui ne change pas
  • le pensionné ne reçoit plus que... 1.000 euro
  • soit une déterioration de 33%!

De fait, pour une même cotisation les pensionnés futurs recevront un revenu de remplacement moindre...

Système à Cotisations Définies et à Points

Nous reprenons la cotisation définie mais y ajoutons un système de points... L'intérêt du système de point est qu'il permet à chacun de choisir le moment de sa retraite. Il n'est plus question d'une durée obligatoire de cotisation ou d'un âge minimum (et accessoirement maximum si on regarde) de départ en retraite. Hourrah, un peu de liberté dans ce monde normé.

Ainsi, posons que la cotisation soit transformée en points.

  • 333 euro = 10 points
  • 1 an = 120 points
  • total après 45 ans = 120*45 = 5.400 points
  • sur 10 ans = 540 points par an soit 1.500 euro par mois.

On arrive à l'origine au même résultat mais avec la flexibilité en plus, le droit de chacun à décider de :

  • combien il cotise par an
  • du moment où il décide de partir à la retraite (en connaissance de cause, il n'aura pas droit à plus que les points accumulés)

Perversion

C'est tentant mais le point faible reste le même que dans le système à répartition : la valeur de votre retraite actuelle ne vaut pas en fonction de ce que vous avez cotisez mais de la situation actuelle... Le système pose : on ne sort pas plus d'argent que d'argent dans la caisse.

Si nous avons une modification de la démographie, du taux d'emploi, il y aura moins d'argent en caisse... et la valeur du point va chuter. Certes, en ayant accumulé plus de points, vous êtes mieux lottis mais vous restez très dépendant des variations macro-économique du système.

Par contre... vous n'êtes plus dépendant de l'âge de départ à le retraite de vos congénères... car eux peuvent faire le choix d'accumuler moins de points.. et donc de peser moins lourd sur le système des retraites... et donc à vous de conserver votre montant (tout en restant dépendant des variation macro hein!). Vous ne dépendez enfin plus des décisions individuelles des autres, chacun reste responsable de soi et de ces actes.

Bref, le système n'est pas encore idéal car trop dépendant des fluctuations de la populations, du taux de chômage, de l'inflation. Mieux mais pas top.

Système à Capitalisation

Ce système est-il la panacée? Aujourd'hui, c'est le système que l'on utilise dans les piliers 2 et 3 du système de pensions (pour simplifier: les piliers privés (le 2 = assurance groupe, le 3 = pension complémentaire). Le premier pilier étant le système de retraite légale ...étonnant non? quand on sait que le privé est obnubilé par la rentabilité, on peut déjà poser qu'ils ont choisi par défaut le système le plus efficace...)

Pour rappel, dans tout les systèmes présentés précédemment, vous notez que ce qui est versé à la caisse de retraite l'année N est redistribué l'année N...

Que dès lors, vous n'avez aucune maîtrise du futur car il n'y a aucun provisionnement du système. Vous dépendez de ce que la population active versera en N+25...

Le système à capitalisation évite cette dépendance aux décisions des autres et à l'environnement macro-économique. Dans cette optique, ce qui est versé l'année N est conservé jusque à 'âge de votre retraite. Il va former un capital qui va générer des plus values, des intérêts ou des dividendes.

Le jour de votre départ à la retraite, vous pourrez soit disposer du capital ainsi généré, soit vous le faire verser sous forme d'une rente. On constate tout de suite, que vous ne dépendez pas des autres, de la décision des autres, de leur niveau de cotisation ou de l'environnement macro-économique...

...pour autant que...

cet argent soit bien géré. Vous avez ici le choix entre

  • les placements à rendement et capital garanti. Ca rapporte moins mais c'est certain. Le but étant au moins de battre l'inflation.
  • les placements à capital garanti et rendement incertain : c'est plus risqué mais ça peut rapporter plus, le risque paie.. ou fait perdre. Une seule assurance, votre capital vous sera restitué
  • les placements à risque : les taux sont très alléchants, sur la durée on va pouvoir vous sortir des chiffres qui vous donne le vertige... mais on oublie de vous mentionnez que vous pourriez aussi bien ne rien récupérer du tout...

Rappelons aussi les mésaventures de certains fonds de pensions Anglo-saxons qui n'ont pas correctement provisionnés leurs engagements et qui sont littéralement étranglés par ceux-ci aujourd'hui... Normalement, le cadre normatif actuel devrait vous éviter ce genre de mésaventure... enfin, normalement...

Espérance...

Pour commencer, ne rêvons pas. On vous annoncera souvent des taux de 7, 9 voire 12 %... ça c'est dans l'hypothèse la plus risquée bien sur. L'histoire nous montre pourtant qu'en moyenne, sur la durée, les économies du monde évolue entre 3 et 5 % par an sur le long terme, hors inflation. Même si une entreprise bat la croissance, la croissance générale d'un pays se retrouve dans cette moyenne, étant palliée par les revenus négatifs d'autres entreprises.

Ce qui fait que si un fond peut tenir sa promesse sur un, deux voire trois ans, sur 40 ans, il sera plus proche des 3 à 5%...

Reprenons notre calcul simplifié...

Il est d'autant plus simplifié que

  • la masse globale des travailleurs importe peu
  • la masse globale des retraités importe peu
  • la masse des chômeurs importe peu etc

Il nous reste:

  • notre travailleur
  • son salaire brut de 2.000 euro
  • posons le même niveau de cotisation : 333 euro (soit 4.000 euro / an)
  • posons qu'il fasse le choix de travailler de 20 à 65 ans (puis on variera pour voir les différences d'impact)
  • posons trois hypothèses de rendements : 2, 4 et 6%
  • par simplicité : pas d'inflation, pas d'évolution du coût de la vie ou des salaires
  • ...et calculons (vive les tableurs)

On va simuler, qu'il choisit une rente sur 10 ans (120mois) pour commencer...

  • Imaginons déjà qu'il perde tout les intérêts, soit une rente sur le capital uniquement...
  • 0% = rente mensuelle... 1.500 euro!
  • sans risque, prestation fixe, indépendance totale de la démographie, du nombre de retraités, de la masse de cotisations ou des décisions de travailler ou cesser de travailler des autres, indépendance au facteur chômage...

...notre cotisation de l'année N n'étant pas depensée en N, ma prestation en N+x est garantie et ne dépend que de moi... Pour les grincheux qui m'objecteront que tout le monde n'a pas le choix, que les accidents arrivent, que le chômage arrive etc... je répondrai aussi simplement qu'il existe des assurances pensions privées à capitalisation, il existe d'excellentes assurances accidents de la vie pour pallier à ça.

Mais revenons à nos rentes :

  • 2% = rente mensuelle de 2.444 euro
  • 4% = rente mensuelle de 4.195 euro
  • 6% = rente mensuelle de 7.516 euro

Comment est-ce possible? Par la magie des intérêts composés... ainsi les 4.000 euro de cotisation de l'année 1, placés à du 2% pendant 45 ans représentent au bout de cette période : 9.751,4 euro... et ainsi de suite...

Retour aux variations...

Pour la comparaison, je propose de reprendre exactement nos variations de l'exemple de base :

  • espérance de vie à 80 ans soit 180 périodes à assurer
  • rente à 0% = 1.000 euro... pour comparaison, dans le système à répartition, pour maintenir les 1.500 euro, on ponctionnait le salarié actif de 9% en plus. Et si nous ne l'avions pas fait, la pension se serait établie à 1.000 euro...
  • rente à 2% = 1.630 euro
  • rente à 4% = 2.797 euro
  • rente à 6% = 5.011 euro

On observe donc que dans le pire des cas, sans porter préjudice à quiconque, nous obtenons un revenu de remplacement équivalent au système par répartition... mais de manière garantie. De plus, aujourd'hui, les taux à 0% sont les placements à risque (qui peuvent à l'échéance apporter du 5% ... ou du 0%).

Il y a moyen de trouver des assurances pensions qui garantisse un taux de 3.5% ... plus des participations bénéficiaires... soit un revenu minimum à 65 ans de 3.650 euro (sur 10 ans).

Vous pouvez avoir 10 ans d'espérance de vie en plus que vous auriez encore 1.825 euro mensuel!

Bien sur tout ceci est simplifié mais montre combien un autre système, aussi équitable existe! En prenant les même prélèvements, nous arrivons à un confort supérieur pour la population. Les variations de cette même population n'affectent pas les revenus de remplacement de ses retraités.

Alors la Capitalisation?

Points positifs?

Il est équitable... il est sur (pour les plus pessimistes sur la bonne gestion que le privé pourrait faire de ces capitaux, on peut normer et encadrer la sécurisation des capitaux). Si le calcul à 0% est volontier pessimiste, il montre au moins que l'on obtient a minima les mêmes performances, le risque démographique et macro-économique en moins.

Si on peut avoir des surprises plaisantes en terme d'évolution des marchés, l'évolution démographique semble n'en receler aucunes... désavantageant encore plus le système par répartition.

Le système met aussi à disposition du marché des montants colossaux disponibles pour la recherche et développement, la création d'entreprises, les capitaux nécessaires pour huiler la mécanique économique.

Les risques?

Reconnaissons qu'il existe évidemment des risques. Aujourd'hui, un exemple est le taux d'inflation particulièrement élevé. Mais cela v-t-il durer 5 ans? Je ne le pense pas... alors que vous allez cotiser pendant 45 ans... ce risque existe, c'est sur, il reste cependant limité.

Le risque "rendement" : un placement à rendement un peu plus élevé comporte souvent une part de risque un peu plus élevée, et la capitalisation n’échappe pas à cette logique.

Le risque "légal"... pour peu que l'on se défie des compagnies privées pour assurer nos pensions, il est tout à fait envisageable que le système décrit soit appliqué... par l'Etat. Personnellement, ça ne me dérange pas s'il parvient à être aussi efficace. Néanmoins, celà nous met en facheuse posture... car nous connaissons tous les propensions démagogues et populistes de nos dirigeants potiliques. Nous ne serions donc pas à l'abri d'une décision court-termiste d'un de nos politiciens.. surtout devant la floppée de fonds disponibles...

Transition?

Je m'attaquerai au chapitre transition dans les prochains jours. La transition est souhaitable, je pense que c'est démontré. Il n'y a pas de raison de conserver un système archaïque, ne correspondant plus au référentiel de base. il n'y a pas de raison d'obliger les gens à s'appauvrir en prenant leur retraite. Bien sur, les mieux lotis sont déjà dans un système mixte, en finançant deuxième et troisième piliers. Et j'entends déjà aussi les socialistes hurler que l'utilisation des 2ème et 3ème piliers est inégalitaires... de là à penser qu'ils vont tenter de les démolier... je crains que nous ne soyons sur une mauvaise voie...

Maintenant, cette transition est-elle possible?
Comment financer les engagements pris envers les pensionnés actuels et ceux qui sont au milieu de leur carrière et ont déjà cotisé?
Comment prendre le train de la capitalisaton en marche?

Je tenterai d'y répondre courant de la semaine prochaine.

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