mercredi 11 juin 2008

Un an... 365 jours d'amateurisme...

Aujourd'hui, je ne vais pas être très original... je vais me contenter de vous parler des 365 jours de vacances du pouvoir en Belgique.
Un an que la population belge a donné une couleur démocratique à un scrutin qui ne l'est pas...
Un an que l'on sefforce de nous démontrer que l'Etat fédéral, c'est dépassé.
On ne peut que penser que la mise en place de Leterme correspond à cette étrange logique. Après un an, nous en sommes encore à parler de méthodes.

Bandes d'amateurs!
  1. vous mettez en place un gouvernement pléthorique à un coût astronomique
  2. vous ne vous donnez même plus la peine de donner une quelconque couleur démocratique vu qu'à peu de choses près, on mêle tous les partis au pouvoir
  3. malgré ce nombre hallucinant, vous êtes incapable de produire quelque chose de concret...

Mon dieu, je pense que pour toute personne ayant fait de la conduite du changement, vous ne pouvez être que considéré comme des amateurs, immatures, un bande d'enfants gâtés qui cassent les jouets qui ne leur servent plus.

Je me permets de citer quelques autres blogs qui ont cette plume enchanteresse pour exprimer les choses...

Références...

Charles Bricman nous écrit ainsi la chose suivante :

Vous savez quoi? Au bout de cette petite analyse de la situation politique, je ne me sens pas très optimiste. On va tout droit vers les quarantières rugissants, là, et puis le cap Horn. Avec un rafiot brinquebalant qui perd ses planches et un équipage de marins d’eau douce. Sans parler du capitaine, qui fait des efforts, qui ne picole pas, mais qui a autant de charisme qu’une huître fermée et autant d’expérience qu’un moussaillon tombé de son hamac.

Ou alors François dans son Périscope :

Il est vrai que le pays semble à bout de souffle, radicalement incapable de faire souffler un vent de fraîcheur. Les caprices politiques de ces derniers mois sont un caprice de nantis, un privilège de luxe d’un pays où malgré tout beaucoup de choses tournent bien. La richesse - pas uniquement matérielle - y est considérable et il y est, par conséquent, d’autant plus dommageable de s’enfermer dans une telle médiocrité.

Le génial Alexandre qui retourne l'argumment.. puisque nos dirigeants sont incapables de s'occuper de nous.. occupons nous d'eux:

Vous l’avez sans doute entendue plusieurs fois cette rengaine: il est temps que le politique s’occupe des “vrais problèmes” des gens (sous-entendu: le pouvoir ’achat. A contrario je crois qu’il est de notre devoir de citoyens de s’intéresser aux vrais problèmes des politiques.

Non, ce n’est pas le pouvoir d’achat, ce n’est pas non plus de savoir comment payer les factures ou comment remplir le réservoir d’essence de leur 4×4: les caisses de l’Etat sont à leur disposition, et quoi qu’ils en disent, l’Etat belge, c’est une poule aux oeufs d’or: quand il n’y en a plus, il y en a encore.

Alors donc, le vrai problème des politiques est le suivant: il faut “réformer l’Etat belge”, sinon… bye bye Belgium, requiem in pax et bardaf c’est l’embardée, va falloir qu’on change tous de passeport, parce que dans cette hypothèse là, un passeport trilingue sera illégal, oui madame, puisque c’est la linguistique qui constituât l’arme du crime.

Solutions?

L'histoire étant posée, je ne vais pas m'aventurer sur le terrain des solutions. Là franchement, j'en ai un peu ma claque. Je pense qu'à peu près toutes les pistes ont été tracées, au Nord, au Sud, au CRISP, au sein de je ne sais combien de Think Tank, dans les journaux...

En bref, l'éventail des solutions, il est là, devant notre nez. Je n'aurai donc pas la prétention ou l'audace de vous en présenter de nouvelles. Plutôt que du fond, parlons de la forme.

Un gouvernement, c'est le "Board" d'un pays. Pour le contrôler vous avez le Parlement, une sorte de "Conseil d'Administration".

L'assemblée générale des actionnaires a lieu dans ce cadre tout les 4 ans (ou 6ans selon les scrutins) et ça s'appelle des élections.

Ma petite entreprise...

Imaginez donc ce que pourrait donner une assemblée générale d'une entreprise virtuellement en faillite, où les actionnaires se rendent compte que le Conseil d'Administration n'en a rien à fiche des stakeholders ne recherchant qu'une chose, être reconduit pour toucher des jetons de présence.

Imaginez un Board où le CEO cherche après un an la méthode qui permettrait à la société de se sortir du pétrin sans avancer pour autant la moindre solution. Seuls les journaux ou bien les stakeholders prendraient les devant et lanceraient des pistes... rien de la part du board ni du conseil d'administration...

Pire, imaginez que le CEO ai déjà choisi qu'il voulait, contre la volonté de ses actionnaires, scinder l'entreprise et conserver le poste de CEO d'une des deux entités. Comme son plan de revente par étage ne fonctionne pas, il décide purement et simplement de laisser pourrir la situation. Juste histoire de montrer que l'entreprise centralisée ne fonctionne pas, ou à tout le moins n'a aucune utilité pour laisser les départements avancer... (en occultant bien sur les synergies, la valeur d'ensemble supérieure à la somme des valeurs des départements, à la valeur de la marque de l'entreprise...)

Pendant ce temps, le CFO, COO, CIO etc passent leur temps dans une sorte de grande cour de récréation à se lancer des peaux de bananes, des insultes, des ukases... Le tout sans bien sur aborder les solutions, on n'a même pas l'impression que le board se préocupe des affaires courantes. Ils sont tellement nombreux d'ailleurs qu'on ne sait plus trop qui a quelle compétence...

Imaginez que cette situation dure depuis 365 jours... que ces 365 jours, vous avez :

  • pas de CEO pendant 3 mois
  • un CEO intérimaire pendant 3 mois
  • la mise en place d'un CEO qui laisse tout pourrir pendant 6 mois
  • un board qui ne s'entend pas
  • un conseil d'administration qui ne pense qu'à ces jetons de présence et à conserver sa place à la prochaine assemblée générale
  • des shareholders qui voient la valeur de leurs investissements englouties et perdues
  • que les même shareholders risquent d'être encore mis à contribution pour une augmentation de capital
  • des stakeholders dont on ne se préoccupe pas et qui se demandent quel va être leur avenir.

Questions simples pour étudiants de première baccalauréat (c'est bien comme ça qu'on appelle la première candi maintenant)

  1. Que va devenir l'entreprise?
  2. Quels sont les qualités première du CEO?
  3. Quel est le problème de gouvernance de cette société?
  4. Parlez moi du rôle de l'équipe pléthorique de direction.
  5. Une assemblée extraordinaire des actionnaires serait-elle la bienvenue?
  6. Quels sont vos suggestions en matière de conduite du changement (sans regarder le noeud du problème, juste la méthode)
  7. Vous avez 15 minutes pour répondre.

Bizarrement, j'ai l'impression que mes étudiants de première apporteront plus de réponse en 15 minutes que je n'ai eu l'occasion d'en appercevoir en une année.

A mon grand malheur... je dois ajouter une chose à mes étudiants... un Etat n'est jamais en faillite... tant que ces habitants disposent de richesse à ponctionner...

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