mardi 15 juillet 2008

Irresponsabilité particratique.

Ainsi donc, Yves Leterme jette l'éponge...

Le feuilleton de l'été 2008 peut commencer.
On sent bien quand même que la crise économique touche moins certaines personnes que d'autres... car pour un problème institutionnel, on rejette toute la politique socio-economico-fiscale aux calendes grecques.

C'est IRRESPONSABLE!

L'erreur de base, qui a été souligné depuis le début de cette crise il y a près d'un an, est d'avoir mis les négociateurs d'un accord instutionnel dans le gouvernement. S'il fallait scinder quelque chose pourtant, c'était bien cela.

Avoir deux groupes, un groupe de réflexion à qui l'on donnait le temps d'une demi législature, voire trois quart de législature pour dessiner l'avenir de la Belgique et un deuxième groupe, appelé gouvernement, qui aurait traité de tout sauf d'institutionnel.

A la mi législature, ou trois quart de législature, le groupe de réflexion venait avec les propositions négociées (au calme et sans démesure démagogique) et le gouvernement coulait le tout en proposition (ou projet?) de loi.

Mais non... il a fallu absolument que les membres du gouvernement fasse partie de l'Heptapus... et donc que l'on mélange les genres. Il a aussi fallu qu'une des régions exerce un chantage au budget.

Apparemment pourtant, les négociateurs étaient parvenus à un accord socio-économique équilibré. Des mesures sociales, une réforme fiscale, ...des mesures pour assurer la compétitivité, le bien être et lutter contre l'inflation peut être même? Non, là, je ne rêve quand même pas trop.

Mais il est évident, sans vouloir verser dans le populisme, que les hommes politiques ne vivent plus depuis longtemps dans le même monde que leurs électeurs. Et pas seulement au plan institutionnel.

Démocratie? Non, particratie...

Comme le disait Daves Sinardet :
"parce qu'il est vrai que c'est les partis politiques qui doivent trouver une solution pour la réforme de l'Etat"...

Les ??? Partis Politiques??? Si ce n'est pas un détournement clair et net de la démocratie et une capture du débat politique, je ne sais pas ce que c'est!

D'abord cela démontre ce qui est clamé et proclamé depuis depuis des années, la Belgique n'est plus un état démocratique. Elle a tout les symptômes de la particratie la plus nauséabonde... nauséabonde car inéfficace. Si encore elle parvenait à quelque chose...

Je me permets à cet égard de citer un passage du dernier livre de Rudy Aernoudt: "Péripéties d'un Cabinettard":

Nous l'avons déjà dit: les intérêt du parti tuent la démocratie. Wouter Gabriëls, l'ex-bras droit de G. Verhofstadt, qui avait vu comment son père avait été mis sur une voie de garage, cherchait, lors de la fin (provisoire) de l'ère Verhofstadt, à passer au secteur privé.

Parce que, disait-il à raison, "si vous avez été installé sur une chaise par quelqu'un, le sentiment de dépendance ne cessera jamais de vous poursuivre."

"Si elle est reconnaissante à un patron, la démocratie glissera rapidement vers une sorte de despotisme éclairé" dirais-je pour paraphraser de Tocqueville. (...)

Il n'existe pas de ligne de démarcation exacte, car une démocratie compte aussi des partis et un parlement. Pourtant, les Etats sont considérés comme démocratiques à partir du moment où le peuple y est souverain en matière de vote des lois et de désignation de ses représentants et de son gouvernement.

Wikipedia considère qu'une particratie se caractérie par l'absence d'un référendum, par le pouvoir de quelques représentants du peuple qui peuvent voter des lois, par des partis qui déterminent de concert la composition de gouvernement(...)

Mais ce n'est pas tout, au sein des partis eux-mêmes règne un forme de dictature éclairée. Les élections des présidents ressemblent dans la plupart des cas à une représentation de façade.(...)

Une fois 'élu', le président décide seul, sans aucune limite et sans se préoccuper du succès électoral des candidats ministres.

Jean Claude Van Cauwenberghe (dans un article du soir du 03/04/2008 "Si tu veux être ministre, camarade, ne sois pas parlementaire") donne aux camarades qui veulent devenir ministres le conseil de ne surtout pas devenir parlementaire ni de particpier aux élections. Les présidents adorent apparaitre dans les journaux avec la surprise du président et nomment fréquemment des gens qui ne sont pas du tout élus, et ne sont même pas éligible.


Rajoutons aussi un extrait de cette interview d'Herman De Croo au Knack, le 11 août 2008

Croyez-moi: en 1831, la Belgique comptait plus d'électeurs qu'aujourd'hui.

En 1831 il y a avait à peu près 60.000 électeurs, tous des hommes de plus de 25 ans avec une certaine fortune.

Aujourd'hui, nous avons à peu près 400 électeurs - dans le meilleur des cas, 4.000.

Ce sont les gens qui aujourd'hui, grâce aux moyens qu'ils ont reçus de l'état - donc de vous et moi - décident qui figure sur les listes électorales et à quelle place, et qui décident par conséquent qui sera élu.(...)


Nous avons aussi pu constater les "menaces" de la présidente du CD&V à l'égard de Leterme. La mise en place de pions par le président du PS (Laloux, Fernandez-Fernandez, Magnette). La façon dont les listes sont établies au MR etc etc...

Tout cela pour arriver à ... rien.
1 an, 1 mois et 5 jours pour arriver à rien.

Gaspillage, incompétence, inconscience

Les partis font donc non seulement fi de la démocratie la plus élémentaire mais se permette en plus de gaspiller les moyens financiers que le peuple leur fournit.

Car comment appeler autrement que "Gaspillage" la mise en place d'un gouvernement comportant 22 ministres et secrétaires d'Etat, autant de cabinets.

Comment appeler autrement que "Gaspillage" le temps perdu en négociations institutionnelles non essentielle en ces temps de crises économiques? Tous nos voisins ont entrepris des réformes socio-économiques (en français dans le texte "CHANGEMENT EN PROFONDEUR") pour rétablir la compétitivité de leurs entreprises et de leur économies (voir l'Allemagne), rehausser le pouvoir d'achat et lancer plus de 110 réformes (voir la France).

Incompétence : on pourrait au moins supposer que le gouvernement qui a été mis en place soit compétent et prenne ses responsabilités, mais non.. en un an, pas un (oui oui: rien, niente, nada, quedalle, niets, nothing!) projet de loi. Qu'ont-ils fait? A quoi ont-ils travailler tous ces gens dans les ministères et les cabinets?

Inconscience :Sont-ils tellement déconnecté de la réalité que pour ne pas contaster que la population est lasse? Qu'elle attend un vrai mouvement?

Avoir jeté les mesures Socio-Economique avec le gouvernement, c'est totalement inconscient. C'est un véritable déni de la situation vécu par nos concitoyens. C'est être une fois de plus la risée de nos voisins!

Nous nous permettons de faire la leçon aux Congolais? Mais ils doivent se rouler par terre en voyant l'immobilisme coupable d'une classe politique incompétente et inconsciente, bien trop riche que pour voir l'importance d'une réforme vraiment nécessaire.

Leçon de démocratie? Mais qu'y a-t-il d'encore démocratique dans le fonctionnement de ce pays? Les élections? Foutaises! Les élections ne sont que l'obligation donnée au peuple de donner une coloration démocratique à un système miné par la particratie.

Ce gouvernement avait, envers ses citoyens, une obligation de résultats:

  • une réforme sociale
  • une réforme économique
  • une réforme fiscale

Ce gouvernement a obtenu:

  • une image internationale brouillée
  • une image économique et fiscale déplorable n'incitant personne à investir chez nous à cause de l'insécurité juridique et institutionnelle
  • une image de la Flandre pratiquant un "néo-fascisme non-violent"
  • une image d'une Wallonie se posant en victime mais incapable de travailler de concert (insulte et invective en tout genre), gérée par un alcoolique (dont le score électoral bondit à chaque apparition éméchée!) et qui signe des contrats sans les lire (c'est de...? L'Anglais? C'est fort joli, je pige pas mais je signe)

Futur simple

Ma vision du futur est, en tant qu'entrepreneur, très simple... c'est celle appliquée d'ailleurs par la majorité des entreprises, c'est la méthode KISS: Keep It Simple (& Stupid).. et SMART (Spécifique, Mesurable, Ambitieux, Réaliste, définis dans le Temps).

Quelle que soit la réforme à laquelle s'attaqueront nos prochains gouvernements, quel que soit le niveau de pouvoir, ils devront s'attacher à rendre les choses simples et compréhensibles. Il n'y a que ce qui est simple et compréhensible qui est respecté.

Les échevaux de nos législations sont devenus beaucoup trop complexes et incompréhensibles. Ils finissent par ne faire que les affaires de certains cabinets d'avocats mandaté pour donner des conseils ou rédiger des projets / propositions de loi que ne comprennent même plus ceux qui les votent. Je ne suis même pas sur qu'ils en comprennent l'intérêt. Petit rappel : 66.290... le nombre de pages publiées au Moniteur en 2007.

Il faut d'urgence simplifier (et stabiliser):

  • le droit social: les plans emplois, lutte contre le chômage, aide aux personnes en difficultés ne sont plus des cas généraux avec quelques exceptions. Ils sont devenus un ensemble complexe et contradictoire de plans limités à des minorités non représentatives. Personne, même les chefs d'entreprises, ne s'en sort encore.
  • le droit fiscal: il semble n'être là que pour justifier un nombre ahurissant de fonctionnaires. Il permet aussi à des conseillers fiscaux de vivre très correctement, à la droite de se gargariser de réformette et de petites ouvertures et à la gauche d'hurler à l'ingéniérie fiscale... Un impôt Juste et Simple est un impôt payé! Dans cette logique, on rase le droit fiscal, on le simplifie via une flat tax qui irait de pair avec l'abolition des niches fiscales.
  • le fonctionnement de l'appareil étatique: c'en est assez des cabinets et autre fonctionnement d'un autre temps. Un ministre doit pouvoir bénéficier d'une garde rapprochée de 4-5 personnes maximum. Pour le reste, c'est son administration qui doit travailler avec lui. Mais cela, ne peut fonctionner que si, et seulement si, on cesse tout nomination politique dans les administrations. Fin de la récréation! C'est le SELOR (qu'on commence par dépolitiser) qui décidera à l'avenir!
  • La carrière du fonctionnaire : corrollaire du point précédent, une vraie possibilité de carrière pour les fonctionnaires, avec des examens et des évaluations plus justes. Ceci devrait aussi améliorer la mentalité du fonctionnaire à l'agrd des gens qui le paie et que lui sert.
  • les pensions: qui sait aujourd'hui ce qu'il paie pour sa pension et ce qu'il touchera dans le futur? Quid de l'avenir des deuxièmes et troisièmes piliers. De la clarté et des engagements sur leur pérénité doivent être assurés!
  • enfin, l'institutionnel il est vrai. Oui il faut le réformer mais avec, je vous prie, rigueur et bon sens. Dans le sens évident d'une simplification (fi donc des compétences qui appartiennent à tous donc à personne!)

Ceci pour les matières urgentes qui pourront restaurer l'image de la Belgique à l'étranger et réconcilier le citoyen avec une classe politique totalement hors du coup et hors du temps.

Aujourd'hui, ce n'est plus une question de choix... ça devient une question d'urgence...

4 commentaires:

  1. Tu as réussi à traduire à merveille mon état de pensée actuellement.
    Et je pense qu'il est travaillé par tous les gens un minimum sensés et au courant de l'état de la chose politique.

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  2. A ce propos la réforme de 1984 en Nouvelle Zélande pourrait en inspirer plus d'un
    http://www.senat.fr/ga/ga-027/ga-027.html
    Ou encore cet extrait
    Quand nous nous avons engagé ce processus au ministère des transports, celui-ci employait 5.600 personnes. A la fin du processus, il n'y en avait plus que 53. Pour l'agence des forêts, nous sommes passés de 17.000 personnes à 17. Le ministère de l'industrie employait 28.000 personnes. J'étais alors ministre de l'industrie. A la fin du processus, il ne restait qu'une personne, moi-même.
    Source; http://www.liberte-cherie.com/a1481-Reduire_l_Etat_a_ses_justes_proportions_la_Nouvelle_Zelande.html

    Comme quoi c'est possible!

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  3. Echo, c'est possible mais est-ce souhaitable.

    Je pense que oui, en Belgique nous devons "maigrir". Le tout est de définir jsuq'à quel point en fonction des objectifs de société que l'on se fixe...

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  4. Chaos,

    va voir ce qui est dit sur cette réforme.

    Ils n'ont pas diminué les services offerts, ils les ont simplement rendus plus efficaces.

    "La première question était : que font réellement ces administrations ? Et la seconde : font-elles ce qu'elles devraient faire par rapport à leur rôle propre?"

    et

    "Au total, le transfert au secteur privé de toutes ces activités s'est traduit par une augmentation de leur productivité et une baisse des prix de leurs produits ou services. Ce fut, en définitive, un gain net important pour l'économie du pays"

    Même source

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