mercredi 6 août 2008

Les seules batailles que l’on perd à coup sûr sont celles qu’on n’engage pas…

La phrase de titre n’est pas de moi, elle est de Philippe Riès dans son ouvrage « L’Europe malade de la démocratie ». J’avoue avoir abordé l’essai avec un peu de crainte surtout au vu de son quatrième de couverture. Le résumé donne, je trouve une bien mauvaise image de son propos, ça sentait un peu le réactionnaire, l’homme du retour à l’ordre moral (tiens… ça, c’est pour le prochain billet). Ainsi, son propos serait d’expliquer que loin de souffrir d’un déficit de démocratie, l’Europe souffre d’en avoir trop. Heureusement, je ne me suis pas limité à ce quatrième de couverture qu’il vaudrait d’ailleurs remanier je pense, tellement il donne une mauvaise image de son contenu.

Mais si donc l’Europe n’est ni en déficit démocratique, ni en excès de démocratie, de quoi souffre-t-elle donc ? Tout simplement de la même maladie que la majorité de nos pays européens. Le dévoiement de la démocratie, la culture de l’image, le choc de la communication. A ce sujet, je prétends pour ma part que si les années 80 étaient dominées par la connaissance, les années 90 ont vu le triomphe de l’information (c’est déjà plus court-termiste), et le nouveau siècle a inauguré la culte de la communication (on se fiche du contenu, on se contente de communiquer, vrai-faux, affirmations partiales, mensongères (le SMIC à 1500 euro), on s’en fiche, on communique, on affiche, on approxime, on masque, on jette un nuage de fumée. (j'y reviendrai dans un prochain post)

Le bouc émissaire idéal

Ainsi donc, aujourd’hui, étant donné que 60% (d’autres sources prétendent 80%) de notre législation est de source européenne, l’Europe est devenue le bouc émissaire idéal de tout les maux nationaux possibles et imaginables. Tout comme Riès, je prétends que pourtant loin d’être la coupable idéale, l’Europe se propose plutôt à nous comme solution idéale. Seulement voilà… dire ça, ce n’est pas bon pour son score électoral.

C’est tout le problème de la communication faites par nos hommes politiques depuis des décénies, vu que l’on a dépeint l’Europe comme un ogre technocrate et peu démocratique, il est bien difficile aujourd’hui de faire marche arrière. C’est encore une fois le porte à faux que je retrouve avec les libéraux « classiques » : eux croient en l’humain, moi, j’en ai qu’une confiance modérée. Car enfin, si le discours anti-européen, anti-intégration et pro-intergouvernemental passe si bien, c’est bien parce qu’une majorité de citoyen est prêt à entendre et croire ce discours.


Leszec Balcerowicz, ancien gouverneur de la Banque de Pologne, a cette formule définitive sur le défi démocratique : « Les mauvaises politiques sont plus faciles à vendre que les bonnes » .
L’imposture démocratique conduit le projet européen à la paralysie, au nom d’un peuple qui n’est ni formé, ni informé. (page12)
Le défi démocratique et sociologique de notre époque n’est plus la mondialisation mais le retour à une société de la connaissance, du savoir, de la capacité à apprendre, voir, critiquer. Le prochain grand défi de nos civilisations est de rendre le peuple capable (ça fait peur a certains politiques quand on voit de quelles façons l’enseignement a été orienté ces dernières années.) Le défi européen est que sa population en comprenne les tenants et aboutissants… qui ne sont pas aussi complexes qu’on ose nous le faire croire. La complexité vient des politiciens qui cachent leur incompétence derrière le bouc émissaire européen. Philippe Riès nous rappelle d’ailleurs les pensées de Churchill qui bien que défendant que le « peuple gouverne » compléta en privé que « cinq minutes passées avec un électeur suffisent à vous convaincre des travers de la démocratie »

Une fois le peuple bien intoxiqué… le politicien aura alors facile d’utiliser l’arme suprême, la dernière lâcheté dont il est capable : le référendum… Quel courage de se défausser ainsi sur le peuple la responsabilité d’enterrer toute réforme de l’Union… réforme bien entendu peu souhaitable par les baronnies européennes jalouses de leurs pouvoirs féodaux et dépassées dans un monde globalisé. On se fait bouffer tout cru par la sclérose en plaque et on va voir le rebouteux du village…

C’est ainsi qu’en parlant éhontément de déficit « démocratique » on replace l’argument démocratique en prétendant que la légitimité se trouve au niveau des gouvernements nationaux, élus aux suffrages universels. Foutaises bien sur… aucun gouvernement n’est élu… seuls les parlements le sont… et rappelez vous la façon dont on nomme un ministre…

Dès lors, l’Europe intégrée voulue par ses pères glisse lentement vers le modèle de collaboration intergouvernemental… bref, à la paralysie totale car à 27… on ne décidera plus qu’à minima.

Démocratie…

Tout le souci de la démocratie actuelle est son glissement vers la culture de la communication. Comment voulez vous prendre une décision courageuse dans ce bas monde tant que vous garderez l’œil rivé sur votre score électoral ?

A ce niveau, Jean-Claude Junker avait une formule que je trouvais superbe « Nous savons tous quelles sont les réformes à entreprendre. Ce que nous ne savons pas, c’est comment nous faire réélire après les avoir menées à bien »… c’est tellement vrai, tellement triste et explique, ma foi fort bien, l’état actuel du malade.

On ne peut pas espérer de nos hommes politiques une quelconque avancée courageuse vers un modèle européen intégré qui les priveraient de leurs droits divins de suzerain…

La démocratie ce n’est pas le peuple qui gouverne, c’est le peuple qui élit ses représentants sur base d’un programme. Outre le fait que les « promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » (attribué à J. Chirac), les entourloupes pour retourner sa veste son nombreuses.

Puis il y a aussi les partis sans programme… ça m’a frappé depuis 2002 avec la gauche française. Je reste encore ébahit car ça n’a pas changé : après les élections présidentielles perdues, Hollande disait que le peuple français lui avait montré quel devait être son programme… Superbe, sauf que la déclaration vint après les élections pour lesquelles aucun programme de gauche cohérent n’avait pu être mis en avant sauf l’inévitable caricature d’une droite « ultralibérale » (notez que l’on affuble d’ailleurs l’Union Européenne de la même tare…). Royal en 2007 ne fit guère mieux avec ses forums participatifs où en réalité elle n’écoutait qu’elle et prenait toutes les idées qui passaient par là, même contradictoires, l’important c’est de communiquer… Il n’est donc plus besoin de programme dans notre monde. Il suffit de s’attaquer au programme de l’adversaire, à le démoniser pour commencer à être crédible…

La cause européenne avait tout à perdre de cette dérive populiste des systèmes démocratiques nationaux. Et de fait, elle a beaucoup perdu, comme l’ont révélé les référendums constitutionnels en France et aux Pays-Bas. La « bureaucratie » bruxelloise est à ce point le bouc émissaire idéal des frustrations nationales qu’il faudrait l’inventer si elle n’existait pas. La posture politique dominante peut se résumer ainsi : pour ce qui va bien, remerciez-moi ; pour ce qui ne va pas, voyez Bruxelles. (Page 18)

Toujours au niveau des hommes politiques nationaux… il faudra alors aussi qu’il s’explique sur le mode de désignation des Commissaires Européens… Heureusement que depuis quelques temps le Parlement a encore son mot à dire… car aujourd’hui (c’est une tendance récente, je tiens à le souligner) Bruxelles sert de parachutes pour les hommes politiques en fin de carrière ou qu’on ne sait pas recaser ou dont on veut se débarrasser (Cresson, Busquin, Michel, …). Ils sont d’ailleurs désignés, non par leurs parlements nationaux mais par les gouvernements… qui ne sont pas élus… donc par les partis… il n’y a d’ailleurs que d’obscurs marchandages (pensons au refus Anglais à la nomination de Verhofstadt, quand on connaît l’intérêt des Anglais à la chose Européenne, cela relève de l’antijeu, du scandale sans nom), pas d’appel à candidature ni job description. Pourquoi d’ailleurs et selon quelle règle le président de la commission doit-il être issu du club des chefs de gouvernements ? Trouvez moi cela dans un quelconque règlement européen… Cela relève ni plus ni moins de la capture de poste. Et tout cela pour quelle qualité ?


Le simple fait de prendre le Dr Durão Barroso pour succéder à Romano Prodi comme président de la Commission Européenne donne la mesure de la chutte de qualité moyenne du leadership politique dans l’Europe des 25 » Alfredo Barroso (page 30)
Alors « démocratie », pardonnez-moi d’avoir du mal à trouver cela idéal quand les politiciens s’en revendiquent mais ne s’en servent que pour la dévoyer dans un intérêt personnel ou partisan. Oui, dans ce cas, je préfère le fameux « complot élitiste » (qui n’existe soit dit en passant que comme bouc émissaire) mais qui au moins prend en compte l’intérêt commun, l’intérêt public et voit l’Europe comme la solution et non comme la cause de tous les maux.

De plus le mode de désignation de la Commission malgré son rôle primordial, la qualité des personnes que l’on y place, l’oubli de la règle voulant que l’on oublie son pays d’origine confine cet exécutif à ne plus être un rouage essentiel, à avoir un rôle moteur mais bien à n’être que le secrétariat des Conseils Européens…

Quatre libertés et un enterrement

1957, Traité de Rome, on consacre la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services…
2005, on enterre, avec la directive Bolkenstein, cette dernière liberté. Résultat amusant, les milliers de jeunes cadres dynamiques empruntant le Thalys chaque jour vers Paris, Bruxelles ou Londres pour aller travailler sont des… clandestins. Ils auraient en effet dû déposer une demande préalable auprès de chaque autorité nationale.

Le résultat réel de cet enterrement est qu’une fois de plus, la concurrence qui devrait mener à une régulation des prix, une augmentation de la qualité, de l’innovation, n’existe pas. Et c’est le consommateur qui paie la note.

Ceci est d’autant plus remarquable qu’aujourd’hui l’économie de Services représente 70% de la valeur créée chaque année.

Une fois de plus, culture de la communication oblige, tout a été dit sur cette directive… surtout des mensonges, des bêtises et de la xénophobie. Le plus triste, c’est que tout le monde s’y est mis, y compris les gens dit « éduqués ». Logique, il faut protéger son pré carré, son petit revenu et éviter de s’exposer trop à la concurrence… Notons aussi tout de même que les hypocrisies des anciens dirigeants se lamentant de l’échec de cette nouvelle harmonisation sont pathétiques. Il n’échappera à d’aucun que depuis 1957, ça fait plus de 50 ans que l’on aurait pu travailler à ce chantier et qu’il n’en à rien été.

Qu’on aime ou pas Barroso, il lance des phrases que l’on devrait tout de même retenir : « Le vrai fossé en Europe n’est pas entre la gauche et la droite mais entre les modernisateurs et les réactionnaires » (page 45).

Si l’on a renié la directive service, ce n’est pas le moindre des péchés des Etats nations de l’Europe actuelle. En effet, souvenons des critères de Maastricht… entre autres critères budgétaires et économiques et comparons le aux reniements franco-allemand actuels. Tant qu’à parler de démocratie, parlons de celle qui consiste à démontrer que certains Etats (les gros.. et du Nord) sont plus égaux que d’autres (les petits et/ou du Sud)… La procédure infractionnelle à l’égard du Portugal fut menée promptement et à son terme. Les Français et les Allemands ont obtenus des délais indécents pour se mettre en ordre sans même que l’on entame le moindre début de procédure. La démocratie européenne tarde…

Rappelons aussi que ce pacte de stabilité et de croissance avait été mis en place à défaut de réussir à se mettre d’accord sur ce qui eut pu être une magnifique avancée européenne : un gouvernement économique commun et un budget communautaire unique…

Dure réalité des chiffres

Il se passe peu de jours sans que l’on entende, culture communicationnelle oblige, un dirigeant européen se plaindre de l’Europe, des technocrates de Bruxelles, ultralibéraux, dépensiers, et probablement fraudeurs…

Tout d’abord, parlons de cet adjectif fraudeur… qualificatif ô combien immérité quand on connaît l’Olaf et le nombre de contrôles hallucinants auxquels sont soumis les fonctionnaires européens.

La question à ne jamais poser d’ailleurs à un dirigeant (national) européen prompt à faire la leçon est pourquoi il ne s’engage pas à mettre en place autant de contrôles chez lui…


« pourquoi les états membres exigent-ils de l’administration communautaire le respect de principes et de normes (éthiques, budgétaires, fonctionnelles) qu’ils sont eux même incapables de respecter ? » (page 97)
(…) En vertu d’une singulière perversion de l’idéal démocratique, les hommes politiques semblent convaincus que l’imprimatur du suffrage universel les autorise à prendre des libertés avec des règles de la morale ou tout simplement de la décence. » (page98)

Je ne peux qu’en revenir à la constatation que je faisais à Rudy Aernoudt, ou au mot de Churchill : nous avons les dirigeants que l’on mérite… si les gens continuent à voter pour eux, ça en dit tout aussi long sur la population que sur la démocratie… La question de moralité, lancinante revient à chaque discours sur la démocratie... on y reviendra avec Comte-Spontville.

L’autre chiffre que j’aimerais que l’on n’oublie plus : 22.000 (vingt-deux milles). C’est le nombre de fonctionnaires européens. N’oublions pas que les règlements européens représentent 60 à 80% des textes légaux dans les pays d’Europe de nos jours. Que ces 22.000 fonctionnaires travaillent pour 500 millions d’individus… Quel gouvernement national peut s’enorgueillir d’une telle efficacité chez ses fonctionnaires ? Surement pas la Belgique avec ses 20% de fonctionnaires pour 10 millions d’habitants.

Doit-on seulement parler des épreuves de recrutement ? Ultra sélectives et difficiles ? Certes, tout n’est pas rose, mais peu de pays peuvent déjà se targuer d’avoir mené de telle réformes en leur sein.

On peut par exemple citer l’Allemagne qui a lutté, réformé durant dix ans, coupé ses coûts (9% de PIB de dépenses publique en moins !) et pris des mesures de compétitivités drastique tout en sauvant son modèle rhénan. Réformes courageuses mais qui aujourd’hui déploient toute leur raison d’être. L’économie Allemande est à nouveau un moteur de l’Europe.

A défaut de réformes, on pille la richesse produite. Ainsi une des raisons du ressenti d’inflation s’explique par la hausse des prélèvements obligatoire sur le travail… Une autre raison de l’inflation est le refus de la directive services… secteur protégé, ces prix ont fortement augmentés…

Alors, on crie haro à l’Euro, on trafique les indices si ceux-ci n’indiquent pas ce que l’on attend d’eux, on se montre à la télévision on montrant l’évolution du prix du gigot, ah, culture de la communication toujours… Pourtant, les statistiques sont une chose trop importante que pour être laissées à l’appréciation du politique. On casse les thermomètres, on tue le messager, mais le fait reste… on communique juste ce que l’on veut faire savoir… et encore.

La vérité des chiffres est pourtant sans appel : les pays qui ont mené assez tôt les réformes structurelles (assouplissement du marché du travail, libéralisation du marché des produits, modernisation de l’Etat et des systèmes de sécurité sociale (voir le billet consacré à l’Allemagne) imposée par notre nouvel environnement économique ont plus que largement tiré leur épingle du jeu.

Pour les autres, la mise en place de l’Euro « a bloqué l’échappatoire traditionnelle des économies en diffficults : la dévaluation compétitive » (page70).

Je vous passerai par ailleurs l’exemplaire chapitre consacré à la PAC, ou il est démontré que non content de consacrer 40% du budget européen à 4% de travailleurs non compétitifs(produisant 2% de la richesse européenne) et n’ayant aucunement l’envie de se réformer, on apprend que de l’océan de complexité de ses règlements sont aussi nés les plus belles fraudes profitant à quelques nationaux… Lisez le livre, ce chapitre en vaut tellement la peine… Les chiffres sont cruels mais eux au moins sont objectifs ...

Sortir par le haut ?

La proposition de Philippe Riès est de sortir la crise européenne par la haut en s’inspirant de ce que nous avons déjà réalisé en matière de politique commerciale.

C’est sensé quand on sait qu’il s’agit du seul terrain où l’Europe est première mondiale, du seul terrain où l’Europe parle d’une seule voix, du seul terrain où l’Europe fait céder les Etats Unis dans des négociations d’égal à égal.

Cela consiste aussi à re-donner un rôle moteur à la Commission et non plus un rôle de secrétaire du Conseil. Pour ce faire, il faudra donner les moyens à la Commission Européenne de remplir ses missions… et de lui en faire endosser de nouvelles. Nous avons urgemment besoin d’une politique étrangère commune et unique, besoin d’une politique économique et de croissance simplifiée et unifiée. Parlons aussi de la politique énergétique… qu’y a-t-il de moins commun que cette politique consistant à avoir son « champion national », à sortir du nucléaire pour les uns et installer une centrale à la frontière pour les autres ? t l’approvisionnement en carburant ? Qui ose faire la leçon à la Russie, qui ose se lever comme un seul homme pour gérer ce secteur hautement stratégique ? Personne… on le fait au niveau national, autant que l’on joue au théâtre de marionettes pendant que les Russes, les Chinois et autre grands en sont déjà aux effets spéciaux de Hollywood en 2050…

Il faut cesser de pousser le modèle de coopération intergouvernemental. Ca fait des années que nous le disons, que nous le prônons mais une telle réforme signifie la perte des pouvoirs féodaux de nos suzerains nationaux.

Ce que j’en ai pensé

J’ai été agréablement surpris par le propos du livre, tant dans le fond que dans la forme. L’essai est bien documenté. On sent le penchant libéral de l’auteur mais aussi une sincère conviction pro-européenne. Il évite les lieux (trop) communs et illustre son propos avec la politique française en matière européenne. J’ai appris des choses je ne le cache pas. Maintenant, on sent aussi par moment le petit côté pamphlétaire quand Philippe Riès occulte certains « scandales » européens. Passe sous silence l’évolution positive de certains secteurs et massacre allégrement le secteur des services sous prétexte que celui-ci n’a pu être dérégulé par la directive Bolkenstein. Connaissant un peu le contenu de celle-ci, je me dois de dire qu’elle devait en effet être tempérée pour partie et surement ne pas être appliquée comme telle.

Mais admettons une chose qui est tout de même la qualité du propos de l’auteur, le style et l’organisation de l’ouvrage.

Pour ma part, je trouve qu’il complète bien nos précédentes réflexions sur la démocratie. De Belgique, nous voici en Europe. Je pense que la solution des crises nationales ne passera en effet que par l’Europe et que les Etat nations sont appelés à disparaitre sur le long terme pour faire place à des « régions » qui transcenderont les frontières et qui auront d’ailleurs des limites flexibles. Mais ce sera un autre chapitre…

Je terminerai par quelques extraits du livre en forme de conclusion :

Un demi-siècle après sa naissance, le projet européen est toujours tiré en arrière par une conception dévoyée de la souveraineté nationale.

(…)c’est peu dire que les responsable politiques européens n’ont pas porté leur niveau de jeu à la hauteur du défi. On cherche le début d’une prise de conscience des responsabilités globales créées par l’existence de la monnaie unique (…)

Le traité simplifié, qui prive d’ailleurs Mr Solana (…) du titre de ministre des affaires étrangères, ne changera pas cette réalité : il fera les courses des ministres des grands pays, dixit J. Chirac.

A défaut d’efficacité, la diplomatie de l’Union européenne pourrait avoir des principes, projeter vers le reste du monde les valeurs qui ont présidé à sa création et à son développement.

LES SEULES BATAILLESQUE L’ON PERD A COUP SUR SONT CELLES QUE
L’ON N’ENGAGE PAS.


Il est temps, en Belgique, en Europe et ailleurs que l’on se rende compte de cela. L’avenir passe par une réforme profonde. Il faut oser, il faut se donner les moyens. Alors que les grands groupes industriels se « conglomérisent » pour être plus puissants, faire face à la mondialisation et à la mise en place de grands blocs ultra-puissants, la politique européenne s’atomise sous les coups de butoir de nos suzerains élus… et c’est à nous qu’il revient de changer la donne. La nation d’Europe, le monde attend que l’Europe apparaisse…

2 commentaires:

  1. Perso, je hais le concept d'Europe des "régions" sans doute parce qu'il veut dire dans la bouche de nombreux politiciens flamands et nationalistes en tout genre, des régions cadenassées au niveau territorial et autres. J'avais rencontré par hasard Vandeurzen à la FNAC qui m'a vanté ce concept dans un livre qu'il venait d'acheter mais la vision des régionalistes et nationalistes de tous bords en Europe revient à avoir plus de 100 personnes à la table au niveau européen en jurant que ce sera plus efficace.

    Je préfère encore l'expression Europe des eurorégions ou eurométropoles. Parce que franchement proner d'un côté une Europe des régions et refuser d'avoir un socle décisionnel commun pour Bruxelles et sa périphérie, ça n'a absolument aucun sens. Dingue de se dire que pour Lille, ça pose moins de problèmes. Et puis si l'Europe des régions revient uniquement à s'auto-concurrencer fiscalement à l'excès dans une course folle en se préoccupant plus de ses voisins immédiats que d'avancer grouper et uni face aux autres géants mondiaux, les USA et la Chine vont se régaler.

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  2. Cher Guillaume,

    je ne peux que souscrire à ton commentaire. C'est aussi à ce genre de région que je pensais, comme la fameuse eurorégion lille qui remonte sur la Belgique.

    On porait aussi penser à une eurorégion Lux comprenant le Luxembourg, la province de Luxembourg, une partie de l'Allemagne et de la France par exemple. Mon but n'est certes pas de donner raison à des flamands rétrogrades et refermés sur eux même mais tout autant incapables d'assumer leurs actes jusqu'au bout...

    Salutations du soleil andalou...

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