lundi 29 septembre 2008

Fortis, Crises et ... petites approximations

S'il y a bien une chose que j'exècre, c'est quand des personnes sensées informer d'autres personnes se permettent de relayer rumeurs, approximations et contre vérités.

Dans les personnes sensées véhiculer l'information pour permettre au quidam de comprendre ce qu'il se passe, on trouve en première ligne : les journalistes, et en deuxième ligne, les hommes politiques.

Dans la crise actuelle, j'ai l'impression qu'une partie des premiers est incompétente et se contente de relayer les approximations du café du commerce et que les deuxièmes profitent de leur pouvoir médiatique pour mener une pré-campagne électorale en jouant sur des techniques identiques à l'extrême droite à savoir : jouer sur la peur. Ici, de manière inconsciente, certains parti flirtent avec les approximations, accusent le "grand capital", l'ultra libéralisme coupable et prétendent que le salut est dans l'Etat.

STOP! Faisons le point et tentons d'éclairer un peu le public

1. C'est la faute à l'Ultra-Libéralisme
Tout d'abord, l'Europe n'est pas Ultra Libérale. L'Europe est beaucoup plus proche du socialisme que du libéralisme.
Nous avons certes un marché capitaliste mais par dessus, nous avons mis en place une série de mécanismes de régulation. Bon ou mauvais, mais ils existent, peuvent être adaptés et modifiés.
Rappelons aussi qu'en matière d'ultra-libéralisme, j'ai rarement des états ultra libéraux autoriser le chômage à vie ou les aides massives au développement (voir la PAC, les budgets Objectif 1, 2, phase out, le Plan Marshall etc). Nous ne sommes donc pas dans un état, ni un continent ultra libéral. Cessons de dire ou de relayer des absurdités sans nom.

2. C'est quand même la faute à l'Ultra-Libéralisme, regardez, ça vient des Etats-Unis.
Vous devez alors faire partie des quelques rares naïfs à n'avoir pas remarqué les aides massives américaines à différents secteurs industriels. En vrac, l'acier américain en crise permanente car incapable de se restructurer car sous perfusion constante de l'Etat.
Le secteur automobile croulant sous les obligations sociales et fonds de pension à alimenter...
Les fonds constants qui coulent tel l'amazone vers l'océan pour alimenter les différents producteurs agricoles (coton, maïs...)
Non, les USA ne sont plus ultra libéraux depuis longtemps. Notez aussi l'accent particulier mis pendant les campagnes sur la nécessité de mettre en place une meilleure politique sociale et de soins de santé...

3. L'Etat vient encore secourir les actionnaires! C'est ça le Capitalisme???
D'abord, l'Etat ne vient pas au secours des actionnaires.
Les actionnaires sont en train de la payer la note, et violemment...

Pour rappel, Freddie Mac et Fannie Mae valaient près de 70$ par action au printemps 2007...
La crise fait plonger le titre et cause d'énormes pertes aux actionnaires.
La nationalisation et l'intervention de l'Etat (idem pour AIG) ne font pas remonter le titre! Aujourd'hui, vous pouvez avoir du Freddie Mac et Fannie Mae pour quelques 10c...
L'intervention de l'Etat à fait plonger ces titres de 83 & 90%...
A l'heure ou j'écris ces lignes, après un bref rebonds, l'action Fortis continue sa descente...

L'Etat sauve les employés et les épargnants. Ce n'est pas la même chose!
Notez aussi que les organes de directions seront décapités suite à la reprise par l'Etat. Les coupables paient, le marché s'en charge.

4. Comment le marché parvient-il à se maintenir alors qu'on injecte massivement de l'argent?
... ici, on ne peut que regretter que l'on maintienne la confusion autour de ces mots 'injection d'argent'.

En réalité, contrairement à ce que l'on pourrait penser, on ne fait pas tourner la planche à billets... L'économie repose sur la circulation de l'argent. Cette circulation, c'est le sang de l'économie. Le coeur qui fait circuler cet argent, ce sont les banques. Elles le font en récoltant des dépôts et en prêtant pour des projets (hypothèque, investissement d'entreprises, etc etc).

Pour que cela fonctionne, il faut une certaine dose de confiance. Pour le moment, les banques ne se font plus confiance (à mon sens, à tort pour beaucoup) et ne veulent plus se prêter de l'argent. Le sang ne coule plus... le coeur s'asphyxie.

Pour éviter l'arrêt cardiaque, et donc la faillite bancaire, les banques centrales injectent de l'argent dans le circuit. Et il faut comprendre: Injecter = Prêter.
Il ne s'agit d'ouvrir un robinet mais bien de vendre l'eau qui en coule! Les banques centrales PRETENT l'argent au banque, à 24, 48h voire une semaine. e prêt est par ailleurs assorti d'un taux d'intérêt (voir d'une prime de risque par dessus), ce sont les fameux Taux Directeurs.

Ce ne sont donc pas les contribuables qui paient!

5. Vu les cours de bourses, les banques sont quasi faillies!
Faux. Il ne faut pas confondre cours de bourse et solvabilité (complainte beaucoup entendue ces temps ci).

Le cours de bourse reflète la valeur future que des experts estiment. On est réellement ici dans l'estimation avec plusieurs façons, méthodes de chiffrer cette valeur.
La solvabilité c'est la mesure de la capacité d'une entreprise à payer ses dettes sur le moyen et long terme.

En clair, c'est le même principe que l'argus automobile. Des experts estiment la valeur d'un véhicule sur base des différents critères objectifs. Mais cela n'empêche pas votre véhicule de valoir plus (ou moins) que cette estimation. Cela, vous le saurez en revandant votre voiture.

Dans le cadre de Fortis, le problème ne vient pas tant des subprimes que du rachat d'ABN-AMRO (auquel je m'opposais car je prétends que la taille n'est pas le facteur critique dans l'économie bancaire! Il s'agissait avant tout d'une question d'EGO ici, mais soit).
Fortis a payé ABN-AMRO beaucoup trop cher.
Fortis a acheté ABN-AMRO sans finaliser son financement...
Il manquait 4 milliards d'euro encore. Mais, voir plus haut, vu le niveau de confiance entre les banques, personne ne voulait les prêter à Fortis... et si le sang ne coule plus, on s'asphyxie.

Fortis gardait une très bonne solvabilité, comme l'ensemble des banques belges d'ailleurs. Mais la cumulation entre la crise externe (les subprimes) et la crise interne (le rachat) a miner la confiance du marché qui n'a dès lors plus accepter de prêt de l'argent à Fortis.

A propos de ces prêts entre banque, pour faciliter la compréhension, c'est comme l'épicier qui doit payer ces fournisseurs directement alors qu'il n'a encore rien vendu. La banque lui prête de l'argent pour financer ses factures le temps que le stocks soit vendu. C'est le même principe pour les banques.

Mais cela veut dire aussi qu'elle aurait eu beaucoup de mal à faire face à court terme et serait alors tombé en faillite. C'est la même chose pour Lehman. Lehman était, est et reste une banque SAINE! C'est le manque de liquidité court terme et.. le désir de faire un exemple qui ont causé sa perte.

La pire chose qui pourrait encore se produire serait que les épargnants commencent à paniquer et désirent massivement retirer leurs liquidités.

6. C'est le contribuable qui paie la note.
De fait, la nationalisation fait que le contribuable paie la note... aujourd'hui... Personnellement, il s'agit avant tout d'une crise de confiance dans la cas des banques belges. Juste une bonne grosse crise de confiance.
Si le gouvernement nomme de bon administrateurs, un bon comité de direction. Une gestion prudente doit suffire à renflouer les caisses de l'Etat aussi vite que l'Etat a pris une participation. La solvabilité de l'ensemble est bonne. L'Etat a "nationalisé" à bon compte vu la faiblesse du cours de bourse.

Quand la confiance sera rétablie, et je table sur 1 an et demi, deux ans grand maximum, le cours de bourse va bondir et l'Etat devrait sortir gagnant.
Encore une fois, les actionnaires n'ont pas été récompensé ou protégé. Ce qu'on a protégé, c'est l'emploi et les comptes épargne.

7. Vous avez tort! Pourquoi seriez vous plus fort que les experts? Regardez les cours chuttent encore!
Vous avez raison sur le fait: les cours chuttent.
Peut-être pas sur la cause.

D'abord, je l'ai dit, pour les actifs nationalisés, les actionnaires s'encourrent à toute jambe, ils vendent massivement, le cours baisse.

Pour les actifs comme Dexia...
Nous avons eu jusqu'à la semaine passée un marché très spéculatif animé par des "shorts".
Les shorts, ce sont des ventes à découvert (interdites depuis la semaine passée).
En simple: je te vends ce matin une action que je n'ai pas à 10€ en me disant que je l'achète ce soir à 8€... Bref, je joue le volume (si beaucoup de shorter vendent, le cours baisse mécaniquement) et à la baisse (quand le cours à baissé, j'achète et je fais mon bénéfice).
Deuxième facteur plus actuel, Dexia se casse la figure, SANS RAISON sinon la crise de confiance. Il n'y a aucune raison de douter de la solidité de Dexia mais si personne ne lui prête l'argent sur le court terme, elle va se retrouver, tout saine soit-elle, dans le giron de l'Etat.

8. IL FAUT PRENDRE L ARGENT OU IL EST!
Que n'avons nous entendu cette antienne au moment des superbénéfices des banques...
Et aujourd'hui? Que diriez vous? Faut prendre l'argent chez les banques? Difficile n'est-il pas.
Le problème des super bénéfices n'est pas tant les super bénéfice que les super bonus qu'ils ont générés chez des gens qu'on ne peut que virer...

9. L'épargnant qui a acheté Fortis est floué
L'épargnant? Nenni, l'actionnaire. J'entends souvent dire, plein de petits épargnants ont acheté du Fortis en bon père de famille.

Certes, c'était une action de bon père de famille jusqu'à cette fusion hasardeuse. Oui, mais ça reste une action avec les risques que cela comporte. Il ne faut pas perdre de vue qu'une action, c'est du capital risque qu'on peut perdre.

10. Tout ça, c'est la faute des banques américaines!
Mon avis est que oui, la situation est sérieuse. Elle l'est nettement plus aux USA où la crise des subprimes n'est pas une crise du au manque de confiance mais à l'écroulement du crédit.

Chacun peut se faire une opinion sur la cause réelle mais il ne faut pas oublier en dernier ressort
que les banques ont probablement pris de trop de risques... mais le consommateur oublie sérieusement de se transformer en consommaCteur.

Pour ma part, quand je prends un prêt, quand j'ai contracté un emprunt hypothécaire, j'ai été lire les petits caractères. J'ai calculé ma capaciter maximales de remboursement. Et quand je calcule que ma limite sera atteinte trois ans après si j'ai un relèvement de taux, non je ne prends pas le prêt!

La valeur de ma maison a augmentée depuis l'achat? Non, je ne demande pas un emprunt hypothécaire sur la plus-value! Si les banques ont une part de responsabilité, les consommateurs et l'Etat la partage.

L'Etat car avec ses lois anti-discrimination a empêché le contrôle des fiches de paies, de l'historique des crédits etc.

Aux USA, tout le monde porte la responsabilité : Etat, banque et citoyen irresponsable!

11. Avis personnel...
Il faut qu'on se calme et qu'on garde la tête froide.
Certes, la crise des subprimes est sérieuses, mais le système financier européen continental reste je pense, digne de confiance.

Aujourd'hui, les deux plus grands risques que nous courrons sont :
1. les épargnants qui retirent leurs économies des banques
2. que la crise de confiance des banques s'étende à l'économie réelle. La conséquence serait immédiate, paralysie et effondrement très rapide de nos économies, une crise qui nous ferait voir la crise de 29 comme une période de faste et de bonheur. L'asphyxie des banques et l'effondrement du système financier... l'argent ne circule plus...

Aujourd'hui la crise touche l'Europe. C'est une crise de confiance plus qu'une crise financière.
Gardons la tête froide, il est dommage que les Etats doivent intervenir, non pour sauver les banques, mais pour nous rassurer nous. Mais, ce sera payant pour les Etats à terme soyez en sûr. Le plus gros problème, c'est que les acteurs financiers ont perdu tout recul... et objectivité semble-t-il.

C'est un point de vue personnel, je ne suis pas sur d'avoir raison bien sur... mais le débat est ouvert. On peut discuter de chaque point, je ferai de mon mieux pour l'étayer plus en détail.

10 commentaires:

  1. On pourrait ergoter longtemps sur le vocabulaire, tel Reynders lorsqu'il évoque une "nationalisation", ou sur l'unanimité suspecte avec laquelle Leterme, ledit Reynders, Di Rupo et Onkelinx prétendent la main sur le coeur défendre "l'épargnant", mais soit.

    Une phrase quand même m'interpelle : "que la crise de confiance des banques s'étende à l'économie réelle".

    Les banques ne sont-elles donc pas de l'économie "réelle"?

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  2. Mais c'est aussi en ça que je distingue le libéralisme de l'ultra-libéralisme.
    Je ne suis pas vraiment pour les nationalisation (en est ce vraiment une? C'est plutot une prise de contrôle par l'Etat d'une société qui reste une société anonyme... et qui reste d'ailleurs régie par le droit des société).

    Alors, n'ergotons pas en effet. Ce n'est pas la solution préférée. Je pense même que ce n'est la solution préférée de personne. C'est juste un fait que c'est ce qu'il fallait faire.
    Pour les socialistes, sauver un banque c'est un déchirement. Pour les libéraux, l'Etat qui intervient dans l'économie, c'ets un déchirement. Voilà.

    Je comprends que la phrase inetrpelle et je crains l'avoir mal formulée. Bien sur, les banques font parties de l'économie réelle. En même temps, le service qu'elles rendent est un service qui sert au graissage du système.
    J'ai du mal à expliquer ce que je voulais dire par là... c'est un service différent que les biens et services standards.

    Un pain, une voiture, une assurance: ça disparait, ça ne grippe pas tout. Ici, le problème qui se pose est que le libéralisme atteint une des limite que je dénonçais dans le post "le libre marché crée-t-il vraiment l'efficacité"

    Quand la libre concurrence revient à annihiler la concurrence et à créer des oligopoles... on tombe, surtout dans le cas du système bancaire, dans un énorme risque systémique en cas de défaillance... Ce qui est aussi, diront certains, peut être à raison d'ailleurs, le but... le but étant de devenir un des ces "too big to fail".

    Oui.. il faut exacerber la concurrence et à cet égard, le projet de loi sur l'épargne que le gouvernement nous a préparé n'est pas une bonne chose.

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  3. en clair... si nous avions 30 coeur, un infarctus, ce n'ets opas grave...
    quand on en a trois, ça devient ennuyeux mais heureusement, deux coeurs peuvent encore faire circuler le sang.
    Quand il n'y en a qu'un, un arrêt cardiaque, c'est la catastrophe. En cela, on doit pousser à plus de concurrence avec de plus petits acteurs.
    ...opinion personnelle bien sur.

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  4. Petit détail (que je t'aurais envoyé par Mp si j'avais ton mail):
    personnes sensées, devrait être personnes censées.



    Sinon je suis plutôt d'accord avec ce que tu écris, j'ai d'ailleurs fait un lien à partir de mon blog (economiques.eu).

    Une question que je me poserai toujours: aux US l'Etat "devait intervenir" (info lundi 29/9 à 22.00 le plan Paulson a été rejeté!). mais chez nous?

    Etait-ce la seule façon de rassurer? D'abord l'actionnaire n'a pas été rassuré, le cours a encore chuté de 24%. Ensuite l'épargnant était-il si inquiet? Un sondage sur le site de la Libre dimanche (avant l'annonce de "l'injection de 4.7 Mias): 3.200 avaient confiance en Fortis, 700 non et 100 ne savaient pas. Sondage non représentatif mais un signe tout de même.

    Il faudra analyser calmement mais je crois que la communication de Fortis était telle que tout le monde avait peur quand ils ne disaient rien et paniquaient quand ils disaient quelque chose.

    Quand Reynders (ou était-ce Leterme?) dit "impossible que Fortis tombe en faillite, mais si cela devait arriver, personne ne restera en rade". Comme double message on ne fait pas mieux.

    Je suis curieux de voir les chiffres des retraits de chez Fortis. Vendredi mais aussi le week end: les distributeurs fonctionnaient, le phone et PC banking permettaient de transférer tous ses avoirs (les Belges ont tous plus d'un compte).

    De nouveau je n'ai rien lu (comme tu dis Chaos, les journalistes) à ce sujet. Mais je suppose que si le vent de panique était tel que l'on pouvait le supposer en voyant par exemple le Sieur Trichet en personne venir au 16, il y aurait eu au moins quelques milliards d'euros qui auraient changé de banque.

    Manque de recul. J'ai manqué de recul aussi. Encore que sur le Live blog de l'Echo, je n'ai pas senti de panique.

    Je crains que nos politiques aient aussi manqué de recul et ont "overreacted". Peut-être "pour faire comme les USA" (ils ignoraient que le plan serait rejeté).

    J'espère qu'un journaliste va faire cette analyse...

    Xavier

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  5. Bonsoir Xavier,

    ...j'avoue que mon orthographe n'est pas des meilleures. Je fais attention mais certaines m'échappent toujours. ;-)

    figure toi que ton blog est mentionné dans ma liste depuis quelques temps aussi... ;-)

    Anyway.

    1. l'épargnant n'était pas inquiet. C'est certain. S'il l'avait été, ce lundi il ya aurait eu des files devant les agences que ce fut le cas avec une banque anglaise récemment... Mais tu me permettras de penser que l'épargnant ne m'a pas l'air très vigilant. Ni très actif d'ailleurs...

    A mon sens... il a tort et aurait eu des raisons de s'inquiéter. Il eut suffit que lEtat laisse faire et Fortis ne passait probablement pas l'hiver.

    2.fallait-il intervenir?
    C'est plus une question de philosophie. Toujours est-il que mon libéralisme accepte l'intervention actuelle pour autant qu'elle reste temporaire. En plus... je suis convaincu que l'Etat y gagnera au moment de la revente.

    Ici, ce n'est pas une crise "structurelle" à l'américaine où l'on se retrouve avec des prêts complètement pourris. Note d'ailleurs que le non sauvetage de Lehman est crapuleux vu que cete banque était saine et n'a pas été touchée par les subprimes... (je veux dire qu'elle n'y a pas participé).

    Je pense aussi qu'aux USA, la logique objective a cédé le pas à de la politique politicienne. Bien sur, le système in fine se redressera... mais on a deux choix soit on amorti le choc, soit on laisse faire; Le tout et de savoir quels dégats on juge acceptable... Un peu comme à la gueurre quoi... faut savoir combien d'homme on peut bien sacrifier...

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  6. Bel inventaire des contre-vérités du café du commerce malheureusement ancrées dans l'esprit de beaucoup de gens qui n'ont que les médias pour balises. Il était temps de faire le point Ou le poing ...

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  7. Tu nous parles d"Ultra-Libéralisme" et de "Capitalisme", mais pas de néolibéralisme.
    Un oubli ?
    - Il serait peut-être intéressant de développer le cas ABN-AMRO.
    - Je ne comprends pas bien le début du point 7
    - Je partage le "il est dommage que les Etats doivent intervenir"

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  8. Je dois saluer le numéro de l'Echo de ce mardi. Autant le numéro spécial de lundi était insignifiant, celui de mardi était didactique.

    Brav à l'Echo

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  9. Merci pour ton intérêt à mon post.
    Encore ne fois, à prendre avec des pincettes n'est ce pas...

    - Chaos nous parle d"Ultra-Libéralisme" et de "Capitalisme", mais pas de néolibéralisme.
    Un oubli ?

    Que nenni messire. Déjà, Capitalisme, c'est la façon mécanique donc fonctionne un marché.
    Lbéralisme, Ultra ou Néo, Socialisme, communisme sont des pensées qui vont recouvrir la mécanique pour lui donner un sens selon les sensibilités. De contrôler le marché à sa liberté totale.
    Je ne parle pas de Néolibéarlism parce que personne n'est d'accord sur sa signification. Parce que ce qui est critiqué c'est "l'Ultra libéralisme". Alors même que je ne connais aucun pays européen qui recouvre cette acceptation.
    Nous sommes tous plus ou moins socio-libéraux ou libéral-socialiste... certain diront néo-libéraux (encore que ce terme a été utilisé dernièrement sous forme péjorative s'apparentant à un "revival" de l'Ultra-Libéralisme.

    - Il serait peut-être intéressant de développer le cas ABN-AMRO.
    Ouch, c'est long ça m'fi.
    En bref, ABN-AMRO était sous les feux de la rampe, une banque anglaise étant en train de la racheté.
    Merril Lynch, banque d'affaire (remarque que c'est comme un avocat dans un proces... quelque soit la partie dans laquelle il se trouve, il gagne toujours l'avocat) de la city va s'atteler alors à convaincre un Triumvirat (RBS, Santander & Fortis) de prendre ABN-AMRO d'assaut et se le partager.
    Hélas, notre banque est déjà en pourparler... il faut donc ofrir une prime sur le prix d'action supérieur à l'offre de Barclays (si ma mémoire est bonne).

    On arrive à racheter ABN-AMRO mais à quel prix. Une surprime de 50% sur le prix de l'action (tout le monde s'accorde à dire que c'ets trop cher), l'offre se fait en cash.
    Pour Fortis, l'addition s'élèvera à 24 milliards d'euro...
    Il faut les financer... à ce moment, tout est encore possible, la crise bancaire n'existe pas, onpeut se financer sur le marché.
    Partie du financement viendra de la vente d'actifs, partie d'une augmentation de capital (votée à 94% par les actionnaires) eun dernière par un prêt...
    Si Fortis boucle l'augmentation de capital sans soucis.
    La vente d'actif devient compliquée, la crise s'est déclenchée...
    Il manque encore 4 milliards d'euro...
    Fortis doit les trouver sinon, elle est asphyxiée... elle ne parvient pas non plus à vendre ses actifs à bon prix...
    La panique s'installe... le cours chutte, de maladresse en maladresse, de mauvaise communication en mensonge, le marché perd confiance... Fortis sombre, manque de liquidités.
    Solvable et solide, Fortis n'en est pas moins acculée avec les suite que l'on connaît.
    Son exposition aux subprimes est anecdotique... et sa chute n'y est liée que par les amalgames douteux et la perte de confiance.

    - Je ne comprends pas bien le début du point 7
    Que quelle que soit la société qui est nationalisée, si ça rassure les employés et les clients, ça n'amuse jamais les investisseurs qui perdent le controle sur leur investissement...

    - Je partage le "il est dommage que les Etats doivent intervenir"
    Tout le monde a du ramer contre ses convictions... les socialistes ont du souffrir de sauver une banque, les libéraux de faire intervenir l'Etat.
    Pour ma part, je pense que c'était la chose à faire. Je sais qu'Echo se pose la question. Je serais d'ailleurs intéressé que quelqu'un développe le scénario : et si on n'était pas intervenu?

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