lundi 28 septembre 2009

Quand l'écoeurement cède à la nausée

C'est au bord de la nausée que j'écris ce matin...

Ecoeuré, vidé par un monde qui semble avoir oublié tout savoir être, dégoutté par une classe qui se pense au dessus des lois, par l'estompement soudain de la norme.

Quand donc un de nos ministres se lèvera pour faire un pétition pour libérer un délinquant sexuel?

Car enfin, Polanski est poursuivi pour avoir eu des relations sexuelles en 1977 avec une mineure âgée de 13 ans (et droguée pour l'occasion). Il avait alors plaidé coupable, et passé 42 jours en prison. Puis, sa peine devenant supérieure à ce qui avait été convenu, il avait choisi l'exil en 1978. L'histoire est vieille de 32 ans et la victime, dit-on, a retiré sa plainte depuis.

Ce n'est pas tant que la justice continue ou non de le poursuivre que la façon chocante dont cette affaire est traitée qui me heurte.

Le temps excuse-t-il le mal fait?

Il a plaidé coupable, il reconnait les faits! Et on a un ministre de la Culture qui se lève pour dénoncer "l'abominable piège"!
On a des intellectuels de tout bords confondu qui trouvent "épouvantable" qu'il puisse passer un seul jour en prison...

On a même la Bulgare Irina Bokova, nouvelle directrice générale de l'Unesco, qui est également montée au créneau dimanche pour défendre le réalisateur : «Je ne sais pas les détails, mais c'est choquant», a-t-elle déclaré sur TV5Monde-RFI-Le Monde, ajoutant qu'il s'agit d'une «personnalité intellectuelle mondialement connue». En voilà une qui commence bien mal son mandat...

Il ne doit pas y avoir de prescription quand on est fugitif la procédure ayant été interrompue par l'accusé lui même. Il a fait une saloperie, il peut bien l'assumer! S'il est aussi vierge que semblent le dire toute une classe réunie, alors de quoi s'inquiètent-ils?

La France des politiques et des journalistes n'est plus ce qu'elle était. Etat de droit, elle critique les autres pays du haut de son arrogance de vieille puissance politique en perdition.

Pauvre Ministre de la culture, croyant défendre une haute idée de la Culture francaise, obligé de faire des déclarations sur une affaire juridique. Pauvres journalistes donnant des lecons de morale sur des sujets qu'ils ne maitrisent pas.

Et la Victime?

Et la victime... qui se soucie de la victime? Elle a retiré sa plainte, fort bien... cela rend-il le crime de Polanski soudainement acceptable?

Qui se soucie de cette femme qui doit avoir 45 ans aujourd'hui, qui a du vivre avec cette histoire et s'est construite une vie. A-t-elle envie de se retrouver sous les feux des projecteurs? Qu'au moins, on lui épargne ça. Déjà qu'on lui explique que le génie de monsieur Polanski le place au dessus des lois.

Elle dit d'ailleurs sur CNN :

Geimer filed court papers in January saying, "I am no longer a 13-year-old child. I have dealt with the difficulties of being a victim, have surmounted and surpassed them with one exception.
"Every time this case is brought to the attention of the Court, great focus is made of me, my family, my mother and others. That attention is not pleasant to experience and is not worth maintaining over some irrelevant legal nicety, the continuation of the case."

Geimer, now 45, married and a mother of three, sued Polanski and received an undisclosed settlement. She long ago came forward and made her identity public -- mainly, she said, because she was disturbed by how the criminal case had been handled.


Alors quoi?

Alors, aujourd'hui, que la justice poursuive ou non Polanski, peu m'importe. Je ne suis pas juge, je ne suis pas juré ni juriste. Je ne suis pas avocat, je ne suis pas constitutionaliste.

Le point central, c'est qu'en dehors de l'aspect judiciaire de l'affaire, l'aspect médiatique gomme toute dignité, toute retenue!

Oubli de la victime, oubli des faits, levée de boucliers pour protéger un délinquant toujours considéré comme en fuite, utilisation du pouvoir politique dans une affaire judiciaire... et quoi? Sarko va-t-il bientôt en plus envoyer Cécilia pour libérer cette abominable victime d'un terrible acharnement judiciaire?

Lire les déclarations du monde de la Culture et d'un Ministre supposé connaître la séparation des pouvoirs me donne juste envie de vomir. Laissez la justice suivre son cours de peur que vos actions ne fassent un jour juriprudence.

1 commentaire:

  1. Le portail www.labelgosphere.be consacré aux blogs politiques belges est ouvert. Vous y figurez à titre d’auteur ou de blog référencé. Le but de cette initiative? Faire “percoler” dans la société civile les infos des blogs, leurs analyses, réflexions, réactions. Donner à ces expressions citoyennes, qui peuvent être engagées (et de tous bords) une visibilité accrue. Favoriser les interactions, les échanges. Donner au lecteur l’occasion d’une prise de conscience et d’une prise de parole. Bref, encourager la politisation, c’est à dire l’intérêt, mieux, le souci du vivre-ensemble. Merci de faire circuler l’information et d’instaurer la réciprocité par un lien. Papagena.

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