jeudi 19 novembre 2009

La croisade féminine vers plus d'équilibre...


Ces derniers jours, voire semaines, la toile bruisse de plus en plus fort autour des "anti-old boy club" (pour citer Neelie Kroes qui considère que c'est un des plus grand cartel à Bruxelles). Un mouvement qui semble trouver son origine dans le débat pour la Présidence du Conseil Européen... Tout un groupe de personnes, tant hommes que femmes, manifeste pour une commission européenne plus équilibrée au niveau des sexes.

Ainsi, quelques exemples actuels d'actions, pour la plupart en ligne :

  • Twitter et ses twibbons roses  "Women @ EU Top jobs" lancés par Caroline (http://www.lobbyplanet.eu/)
  • Facebook et son groupe "gender balanced commission"
  • Mise en ligne du site "gender balanced commission" demandant une Commission Européenne plus équilibrée sexuellement. Ce site récolte les soutiens et une pétition.
  • Même Jean Quatremer, le journaliste de Libération en charge des affaires européennes relaie l'appel avec un article : "Ras-le-bol des "costumes-cravates""
Quelles sont les demandes?

La demande de ce groupe est simple: les femmes représentent plus de 50% de la populations européenne, elles souhaitent donc être mieux représentées au niveau de la Commission Européenne: le groupe demande donc que 33% de la commission soit de sexe féminin. Demande qui me semble plus que logique.

Autre demande récurrente: que soit le Président permanent du Conseil Européen, soit le Haut Représentant soit de sexe féminin. Demande qui n'est pas non plus illégitime à mes yeux.

En règle générale, quand la discussion et le débat s'enclenche, l'argument qui revient souvent c'est : les femmes représentent plus de 50% de la population mais sont peu présentes aux postes de commandement, que ce soit des entreprises privées, publiques, au sein des parlements ou des gouvernements.

Une des solutions proposées est la mise en place de quotas comme aujourd'hui, Joelle Milquet dans un article de la Libre Belgique.

Mettons fin au mythe du macho...

Ca, c'est pour le titre un peu provocateur, ma pensée personnelle est qu'effectivement, les femmes sont sous-représentées aux postes de "pouvoir" de notre société. Je pense aussi qu'un plus grand équilibre doit être trouvé. J'ai déjà travaillé avec et pour des femmes, je n'ai aucun problème avec ça tout comme je n'ai aucun problème à être actif au sein du ménage, à faire les lessives, repasser, aspirer etc.  Ceci pour être clair et pour que l'on n'interprête pas mal les choses : OUI JE SUIS POUR UNE MEILLEURE REPRESENTATION DES FEMMES A TOUS LES NIVEAUX DE POUVOIR.

Ceci étant posé, je pense néanmoins que certaines demandes sont mal formulées ou tout simplement incorrecte.

Parité au parlement:
Voilà la demande la plus absurde qui soit et qui démontre à quel point l'homme ne peut être accusé de tous les maux. Voici la logique:
Les femmes représentent plus de 50% du corps électoral.
Les listes électorales sont paritaires
...les femmes devraient donc, à tout le moins, être très correctement élues dans cette configuration...
et pourtant :
  • Parlement: 36,7% d'élues
  • Sénat : 30% d'élues
  • MAIS, elles n'étaient par contre que 27,3% en tête de liste
Il n'en reste pas moins que si on réfléchit, l'homme tout machiste soit-il, ne peut ici faire jouer la loi du plus fort et forcer les résultats. Les femmes ne semblent pas non plus voter pour des femmes...

Si les femmes ne font pas confiance aux autres femmes, ça devient compliqué...

Quota de 40% dans les postes de directions:
Demande absurde, on ne fait pas dans le détail, on "bourre dans le tas".
Notez que l'excuse la plus souvent émises par les entreprises ne tiens pas contre pas la route : "on ne trouve personne de compétent". Excuse complètement foutaise pour une demande qui l'est tout autant.

La demande exacte devrait plutôt être "un niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée dans l'entreprise". On y reviendra.

Parité dans les gouvernements
Chose étrange et étonnante, un gouvernement ne représente pas, il décide. Les organes représentatifs sont les assemblées élues. Mais soit, admettons... faire reposer cette demande sur la population est inepte, les seuls décideurs sont et restent les présidents de partis. Notons tout de même qu'en la matière, la Belgique n'est pas encore trop mal lottie avec des quasis parités partout.

Parité à la Commission
Souhait admirable que celui-là mais adressé la plupart du temps à la mauvaise personne. En effet, souvent cette demande est envoyée à monsieur Barroso... Alors Barroso, il peut vouloir une Commission 100% féminine, c'est pas lui qui décide qui est présenté en tant que candidat...ce sont les gouvernements nationaux. Merci de vous adresser à vos gouvernements donc à vos président(e)s de parti.

Notons aussi que a Commission n'est pas la pour "représenter" mais pour veiller à la bonne application des traités. Il n'en reste pas moins que oui, ça manque quand même de femmes dans la Commission qui se profile.

Problématique de la victimisation.  

Quand on n'est pas promu ou pensons être discriminés, nous entendons vite: c'est parce que je suis "étranger", "femme", "homosexuel", "vieux" etc... alors que moi... juste mec, hétérosexuel et jeune, je n'ai pas non plus reçu la promotion rêvée mais... je ne peux m'abriter derrière une "pseudo" discrimination alors que si ça se trouve, c'est ma gueule qui revenait pas au chef de service.


Ici, c'est tout le problème... est-on ou non discriminé. Joue-t-on sur la victimisation ou non? Il y a de toute évidence un problème de discrimination, le nombre de femmes au top étant largement inférieur à leur niveau de présence dans les entreprises ou administration (notez le choix des mots...je n'ai pas parlé de parité parfaite...l'explication va suivre). Il faut que les choses soit bien formulées et le mieux étayées possible: diplômes et expérience et évaluations équivalentes par exemple. Ce que je veux éviter c'est la décridibilisation du discours par l'argument: vous jouez la victimisation. La dernière fois que je n'ai pas eu ma promotion, je suis revenu avec un dossier solide prouvant que clairement, le seul avantage de l'autre candidat était d'avoir serré les bonnes mains, pour le reste, il était en dessous. Il n'en reste d'ailleurs pas moins que ça n'a rien changé... Maintenant, je ne loupe plus une promotion, je suis indépendant.


Les solutions?


Les Quotas
Alors les quotas, je suis catégorique, je suis 100% contre...
  • il y aurait toujours un doute (ou de mauvaises langues pour douter de) sur la compétence de la personne en place
  • cela ne reflète pas toujours l'intérêt pour le job
  • on remplace une discrimination par une autre (aujourd'hui, on se dit qu'il vaut mieux faire partie d'une minorité que d'une majorité)
  • Dans le cadre de la présidence le débat n'est plus "qui est le plus compétent" mais "quelle est la femme la plus acceptable", ça ne sert personne et surtout pas l'Europe
Égalité de Traitement à compétence égale... ne veut pas dire être égaux!
Il y une chose qui m'horripile dans ce combat contre les inégalité de traitement c'est d'entre dire: "nous sommes les égales des hommes.".
Mesdames, soyez supérieures, inférieures, je m'en fiche, mais pas égales. Nous sommes différents, ce n'est ni positif ni négatif, c'est juste pas pareil. Nous sommes différents, nous sommes généralement complémentaires. Nous n'avons pas les mêmes compétences, les mêmes talents, les mêmes goûts, les mêmes envies ou désirs. Pourquoi vouloir faire pareil alors?
La première erreur que peut d'ailleurs faire une femme au pouvoir est de se comporter...comme un homme. Ca ne marche pas. Vous êtes différentes, assumez cette différence car c'est elle que nous recherchons, c'est elle qui nous apporte cette bouffée d'air frais dans le management, de nouvelles idées.
Mais soyons clairs... à goûts, compétences et envie égales : traitement égal, salaire égal, promotions égales!

Niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée
C est la solution qui me semble la plus élégante. Comme je l'ai dit précédemment, nos goûts et affinités sont différents. Ainsi, il semble que les femmes soient plus attirées par les études et carrières plus "littéraires" et les hommes pas des carrières plus "mathématiques". Ce qui n'empêche pas que l'un et l'autre de choisir librement. A ce choix libre, il faut à résultat égal offrir une perspective égale. 


Or, et c'est ici qu'on est certain de la discrimination, même dans les professions "littéraires" comme "avocat" ou "médecins", les conseils d'ordres, organes supérieurs de ces professions, sont majoritairement composés d'hommes. Et ici, au niveau représentativité, ça ne marche pas, on voit nettement une discrimination à corriger au plus vite!


Car si je ne demande pas la parité parfaite qui est ridicule à mes yeux, je demande que les couches de pouvoirs soient composées de personnes :
  • qui en ont envie (attention, ici aussi, hommes et femmes diffèrent, certains n'ont pas envie de faire carrière. On sait les hommes plus ambitieux...mais tout de même, qu'on ne me dise pas que dans une société de 500 personnes, même avec 50 femmes, on n'en trouve aucune qui aie cette ambition de grimper
  • qui sont compétentes (même remarque que ci dessus... même avec 10% de femmes, on doit bien en trouver une qui est compétente, l'argument est de la foutaise)
  • qui représentent la répartition dans la société/entreprise : dans une société d'ingénieurs, il y a moins de femmes que d'hommes, dans des cabinets d'avocats, il y a moins d'hommes que de femmes... et bien que cette répartition homme-femme se retrouve à toute les couches de pouvoir de ladite entreprise/administration. 
Homme-femme...même combat
On entend souvent, par exemple, l'argument débile: "oui mais une femme ça peut tomber enceinte". Ben oui, c'est subtil, c'est aussi ce qui fait que l'on n'est pas égaux, on est différent. Mais si ça dérange et pour éliminer ce biais... la solution est ultra simple. Que les hommes soient OBLIGES de prendre un congé de paternité de la MEME longueur que le congé de maternité et avec les MEMES avantages. Même circonstance (naissance d'un enfant), même traitement (congé de parentalité)


Et que l'on fasse de même avec les autres arguments du même type. Pour les mêmes circonstances, le même traitement, point à la ligne.  

 

Pourquoi ce post?


Car je n'aime pas la tournure que prend parfois ce débat. J'ai parfois l'impression, mais qu'on me corrige si je me trompe, qu'il s'agit d'un combat "revanchard".

Je me sens parfois attaqué en tant qu'homme pour le simple fait d'être un homme. Non, ce n'est pas parce que je suis un homme que je suis machiste ou mysogine.

Je n'aime pas la tournure du débat quand il devient manichéen: si tu n'es pas d'accord avec moi, tu es contre moi. Non, j'exerce mon esprit critique, exprime mes idées qui sont simplement différentes et qui ne cèdent pas à l'effet de mode.


Car, il y a comme un effet de mode qui me dérange: tout le monde semble s'émouvoir aujourd'hui...et avec l'émotion, les extrêmes ont tendance à surgir et les propos lus ou entendus tournent parfois au n'importe quoi. 

Ainsi, pour avoir posé plusieurs fois la question: pourquoi les femmes, majoritaires, ne votent elles pas pour des femmes (paritaires sur les listes), je peux dire que je n'ai jamais eu de réponse à cette question. Pourtant, c'est le premier endroit ou les femmes peuvent agir directement et à chaque élection! C'est comme la manisfestation du 18 novembre 2009 des parlementaires féminines européennes demandant une meilleure représentativité... Mais quand il a s'agit d'élire un représentant au parlement, elles ont choisi... un homme!

Je ne veux pas qu'on mette une femme à un poste pour mettre une femme à un poste. Non, je veux une personne compétente à chaque poste, et pour ma part, je me fiche que ce soit une femme ou un homme! J'ai travaillé pour et avec les deux et ça s'est toujours très bien passé.

Je veux aussi que chaque personne fasse le métier qui lui plaît et pas le métier "traditionnel" du genre sexuel. Et qu'à circonstances, ambitions et compétences égales, elles reçoivent des chances égales.



On doit cesser de dire "il faut 50% de femmes dans les études d'ingénieurs" alors qu'on ne s'offusque pas qu'il n'y ait que 20% d'hommes dans les métiers de l'enseignement. Pourquoi ne pas reconnaître le rôle du goût et des affinités là dedans. La seule chose que l'on doit contrôler avec la plus grande sévérité c'est l'équivalence des chances à circonstances, goûts, ambitions et compétences égales.

2 commentaires:

  1. Les femmes ne votent pas pour les femmes...

    On vote d'abord pour quelqu'un qui représente mes valeurs, quelle que soit son identité sexuelle ou sociale. Si en plus c'est une femme, encore mieux.

    La parité globale des candidatures c'est une chose, attribuer des circonscriptions *gagnables* en est une autre...
    D'ailleurs les effets sont constatables quand on a un mode de scrutin proportionnel...

    Les quotas ne sont pas une panacée - et je préférerai faire sans - mais ils sont le seuls moyens pour forcer les dirigeants des partis à investir dans leurs femmes, à aller chercher proactivement celles qu'il faut parfois convaincre (car on a besoin de plus de temps de réflexion que les hommes avant de se lancer).

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  2. Tiens, ça me fait penser à ceci http://yozzman.livejournal.com/28127.html ;-)

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