mardi 24 novembre 2009

Réchauffement climatique et méthodologie

Le scandale est à nos portes! Les données des climatologues sont truquées! ...n'allons pas trop vite en besogne, ne crions pas avec les loups et ne surfons pas sur l'émotion populaire. Mais ni dans un sens, ni dans l'autre. Posons nous simplement en citoyens cartésiens.

Je ne suis pas climatologue!

Mon avis sur la question est donc nul... il n'en reste pas moins que je m'interroge et que je préfère un réponse franche disant : "je ne sais pas" qu'un bidouillage ou un baratin quelconque.
Je ne vais donc pas répondre dans ce post à la question: "le réchauffement est-il réel ou non?"
Ni répondre à la question: "que dénoncent les mails piratés?" C'est vrai?

Je n'en sais rien! Je vais juste essayer de poser les questions qui se posent quant à la méthodologie utilisée par les uns et les autres et expliquer en quoi, cela amène à desservir la cause des uns et des autres.

Importance du rôle du CRU (Climate Reasearch Unit)

En préambule, (et si je me trompe, qu'on me corrige) il est bon de souligner que les données utilisées pas les scientifiques, climatologues du monde entier viennent d'un point central : le CRU. Le CRU collecte les données en provenance du monde entier de laboratoire sources, les agrège et les redistribuent. Que toute atteinte à l'intégrité des données de ce centre implique une contamination complète au niveau mondial.

C'est pour ça que le hacking qui a eu lieu la semaine dernière est très important à comprendre. Non, les données utilisées par les scientfiques ne sont pas réparties directement dans tous les centres de recherche. Elles transitent et sont retravaillées au CRU avant d'être ré-expédiées dans les différents pays... En ce sens, je suis effectivement inquiet des manipulations qui ont eu cours et qui sont reconnues par leurs auteurs. Même si leurs explications peuvent se comprendre, moi, elles ne me conviennent pas.

Climat...

Une première chose: je ne nie pas le réchauffement climatique.
Il me semble qu'effectivement, le climat se réchauffe. Néanmoins, que suis je moi, trentenaire comparés aux cycles millénaires de notre planète?
Ce qui me préoccupe plus, en cartésien (un ingénieur est-il scientifique?), je demande simplement qu'on évite de manipuler les chiffres et de faire du sensationalisme et du catastrophisme. Ca ne sert à rien et donne justement des arguments pour décridibiliser la partie qui manipule.

Un exemple concret sorti du fameux dossier de "révélations":
Mail de Phil Jones : Je viens de terminer d'utiliser l'astuce Nature (ndt: la revue scientifique) de Mike (ndt: Michael Mann ??) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (çad depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith's (ndt: probalement Briffa) afin de masquer le déclin.
Dans un communiqué, Phil Jones (directeur du CRU) a reconnu l'authenticité du message, expliquant que le terme "astuce" signifiait, "dans un contexte familier", "quelque chose d'intelligent à faire". Alors, moi, je veux bien que les données puissent montrer des divergences à la théorie, mais faire quelque chose d'intelligent pour masquer ces différences n'est pas la solution qui me semble, à moi,intelligente.

On le voit aujourd'hui, tout le travail scientifique du CRU est remis en cause...et pourtant, on a envie de dire "elle tourne".

Questionnement...

Deuxième chose: nous avons connu une période de glaciation, le terre s'est ensuite réchauffée et nous savons qu'elle fonctionne par cycle... Qu'en serait-il de notre monde si à la fin de l'ère glacière nous avons eu un Nicolas Hulot pour dire qu'il ne fallait surtout rien changer. La nature évolue, change... tous les scientifiques le reconnaissent et encensent cette évolution et ce changement permanent. Pousser la planète au statu quo n'est pas une option (et en prime, nous en sommes totalement incapable). Il faut se dire que l'ours blanc qui perd sa banquise vivait à Paris avant et que le Sahara etait une forêt luxuriante. Il est donc des rythmes naturels et il faudrait déjà savoir et comprendre comment ça fonctionne de manière à éviter de s'opposer à quelque chose de peut être nécessaire à notre environnement...

Troisième chose: qui sommes nous pour dire que l'un ou l'autre camp à raison? On nous prend, nous citoyens à témoin d'un débat qui nous dépasse totalement. On tente évidemment de comprendre mais les information contradictoires reçues de part et autre ne nous aide pas. Fatalement, à la moindre preuve de manipulation des données d'une partie, nous donnerons raison à l'autre. C'est une justification négative. Un peu comme le capitalisme se justifiait simplement de par sa comparaison avec le communisme.

Je ne suis pas climatologue et j'ai peu à dire bien sur. Mais je suis aussi un citoyen avec une tête que j'espère bien faite. Un citoyen qui s'interroge, se pose des questions et n'accepte pas de tout gober juste comme ça. J'essaie donc d'avoir une lecture critique de ce qui se passe.
Je ne nie pas le réchauffement mais je dis qu'il n'est peut être pas uniquement du à la main de l'homme.

C'est évident que je veux vivre dans une planète propre et moins polluée, mais je ne suis pas prêt à me faire manipuler pour y arriver, je ne suis pas un enfant.

Silence...

Pourquoi par exemple n'entend on jamais que la simple éruption du Pinatubo à causé une baisse de température de 1° durant 1an si je me souviens bien? Les cendres en suspension dans l'atmosphère ont de fait bloquer partiellement le rayonnement. Qu'étonnamment, l'émission prodigieuse de CO² de l'éruption a causé une baisse du CO² dans l'atmosphère par des effets que l'on ne comprend pas aujourd'hui. Alors même que cette émission valaient les émissions annuelles des automobiles du monde... Alors deux trois éruptions pour résoudre notre problème de réchauffement? Auto-régulation de la planète?
Lors d’ une éruption volcanique importante (par exemple celle du Pinatubo) des cendres volcaniques et du gaz sont injectés dans la haute atmosphère (à plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude), là où l’air est stable. La majorité des cendres retombent d’une façon relativement proche du lieu de l’éruption, par contre les gaz se transforment en particules fines de sulfate (aérosol volcanique) qui restent très longtemps dans l’atmosphère formant un nuage qui se répartit progressivement sur Terre. Cette couche réfléchit en partie le rayonnement solaire pouvant ainsi entraîner un refroidissement du climat. Cet effet dure entre une et deux année, le temps que ces aérosols retombent sur la surface de la Terre. Ainsi le refroidissement climatique lié à l’éruption du Pinatubo, particulièrement importante, s’est traduit sur les régions tropicales parune baisse moyenne de la température de l’ordre de 1° durant une année.(source CNRS)
Pourquoi n'accepte-t-on pas de reconnaitre qu'un des véritables problèmes est un problème démographique? La surpopulation mondiale est en train de doucement fair crever le monde. Nous devons, dans nos civilisations occidentales, faire un effort très sérieux pour moins et mieux consommer. Mais nous ne pouvons pas décemment demander au 2/3 de la population mondiale de ne pas avoir leur part de bien être. La décroissance n'est pas une option car la demande ira toujours en croissant. Même pas pour consommer plus par habitant, mais juste parce qu'il y a toujours plus d'habitants.
Le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre que l'homme injecte dans l'atmosphère, il y a également par exemple l'ozone et le méthane (qui a proportionellement augmenté beaucoup plus que le CO2 dans l'atmosphère). Les origines du méthane sont diverses : des pertes de méthane vers l'atmosphère se produisent depuis les systèmes d'extraction de gaz industriels (oléoducs…); la production de méthane par les rizières et comme la population augmente, en particulier dans les pays asiatiques, la surface des rizières et l'intensification des cultures se traduisent par des émissions plus importantes de CH4. Les émanations de CH4 par le bétail, qui augmentent parallèlement à l'augmentation de la population, entrent pour beaucoup dans les rejets de CH4. Tous ces phénomènes se cumulent : la quantité de CH4 dans l'atmosphère a plus que doublée depuis le siècle dernier.…(source CNRS)
Pourquoi, dans les médias, n'a-t-on droit qu'à une seul son de cloche? J'aimerais me faire mon idée par moi même, intelligemment. Si je reprends de film tant encensé d'Al Gore,même le GIEC a dit que c'était exgagéré et catastrophiste. A peine un entrefilet dans le journal et rapidement disparu.
En octobre 2007, le film a fait l'objet d'un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le tribunal a jugé que, bien que la présentation des causes et effets probables du réchauffement climatique était largement correcte il a répertorié un séries d' "erreurs". voici quelques une de ces "inexactitudes":
  • Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu'on ne peut rien affirmer de tel. L'explication la plus courante est diminution des retombées neigeuses suite à la disparition progressive de la foret humide à la base du Mont.
  • Le film suggère une interprétation des graphes montrant l'évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s'il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu'affirme Gore : les variations de CO2 suivent les variations de température et non l'inverse.
  • Le film lie l'ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l'opinion scientifique est qu'il n'y a pas de preuves suffisantes
  • Le film montre l'assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes
  • Le film prétend qu'une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête
  • Le film avertit ("threatens") que le réchauffement climatique pourrait stopper le Gulf Stream et renvoyer l'Europe à l'âge de glace, alors que le GIEC considère comme très improbable un tel arrêt bien qu'il juge qu'il devrait ralentir
  • Le film accuse le réchauffement climatique d'être à l'origine de la disparition d'espèces, dont la décoloration ("bleaching") des récifs de corail alors que le rapport du GIEC affirme qu'il est difficile de séparer les différentes causes du blanchissement du corail
  • Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l'Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.
  • Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l'évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu'aucune preuve d'une telle évacuation n'existe.
Pourquoi n'admet-on pas que même les plus éminents scientifiques ne comprennent pas toute la mécanique. Ainsi focaliser sur le CO² apparait aujourd'hui comme insuffisant ... mais que la vapeur d'eau ou le méthane (voir plus haut) aurait un rôle bien plus important.
Si on double la concentration de CO2, les calculs montrent que la variation du rayonnement est très faible, de l’ordre de 4 W/m2. mais on pense que cette augmentation de CO2 va entraîner des variations de température, car ce démarrage de l’augmentation de la température va être suivi d’une augmentation de l’humidité de l’atmosphère. L’eau va ainsi piéger encore davantage le rayonnement, donc la température va augmenter. (source CNRS)
Manipuler nuit à la manifestation de la Vérité

Les chiffres ont été manipulés, c'est un fait qui décridibilise la théorie, c'est la seule chose que je veux souligner car ce genre de chose me heurte. Le réchauffement, je ne le nie pas, mais je n'aime pas non plus être manipulé et je ne suis pas sur que tout ce qu'on nous dit est correct dans le domaine. Je rappelle que Pasteur a aussi triché dans son expérience prouvant que la génération spontannée n'existait pas, ce n'est pas pour autant que ce fait est faux. Mais si la communauté scientifique de l'époque l'avait découvert, toute sa démonstration tombait à l'eau. Il est est autant aujourd'hui avec le réchauffement.

Je rappelle aussi qu'alors que la majorité de la communauté scientifique disait que la terre était ronde, un jour une voix à dit que ce n'était pas vrai...

Je ne suis pas climatologue mais mon esprit cartésien demande de la rigueur et de la probité. Demande un débat ouvert et sans anathème, demande de l'intelligence et que les deux parties soient présentes dans les médias.

Car moi, petit citoyen, j'ai horreur qu'on me prenne pour un con et j'aimerais agir au mieux...sans intégrisme ni extrémisme.

NOTE: j'ai volontairement repris des extraits de questions réponses du CNRS, peu susceptible d'etre taxé d'anti-réchauffiste, ou anti quelque chose. Un moment, il faut penser à sortir des logiques binaires, manichéennes consistant à dire : "si vous n'êtes pas d'accord avec nous, si vous vous posez des questions vous êtes forcémment "anti", "contre nous".

3 commentaires:

  1. Votre article est très intéressant : l'interrogation personelle que j'ai concenant l'augmentation de CO2 et autres gazs à effet de serre est qu'aucune étude ne s'intéresse au % d'O2 disponible dans l'atmosphère...or n'est ce pas un paramètre indispensable à notre survie?

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  2. Bonjour, très bon article. Je m'interroge sur la réalité de la "menace climatique" depuis pas mal de temps, peut être que le "climategate" va secouer un peu les esprits.
    Pour info un article sur le même sujet sur mon blog: http://cozop.com/ze_rhubarbe_blog/critique_de_hypothese_du_co2_comme_cause_du_rechauffement_climatique

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  3. Pourquoi signer un accord à Copenhague est-il si difficile, comme ce fut le cas à Kyoto?
    Parce qu’en réalité, il ne s’agit pas de trouver une communauté d’intérêt dans le sauvetage du ciel et des ours blancs, mais bien de définir les termes d’un « pacte » pour permettre le développement des pays émergeants tout en transformant les politiques économiques. Copenhague est un rendez-vous crucial pour l’environnement, c’est un rendez-vous essentiel pour l’économie. Et pour cela l’économie a besoin des politiques.
    http://labetiseeconomique.wordpress.com

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