mercredi 24 février 2010

Carrefour: ne crions pas avec les loups!

Les journaux l'ont annoncé avec fracas ce mardi 23 février, Carrefour, numéro 2 mondial de la Grande Distribution va fermer 21 magasins et licencier 1.672 travailleurs.
Depuis, je lis partout que c'était annoncé, que c'est honteux, que c'est la faute du management qui a manqué de vision, etc...

Je vais dans ce billet nager un peu à contre-courant de tout ce qui peut se dire tout en n’exonérant pas Carrefour et son management des fautes et erreurs commises.

Un partie de mon analyse repose sur un très bon article du soir d’avril 2009 (Le Soir 4 avril 2009) . qui m’a été communiqué par @karimmajoros (encore merci)

Je comprends très bien l’émotion face au drame social. Je comprends la rage et la tristesse des travailleurs et des syndicats. Il n’en reste pas moins que certaines affirmations sont pour le moins osées. Mon but n’est pas d’expliquer pourquoi Carrefour en est arrivé là, je ne suis pas expert dans le domaine de la Grande Distribution mais bien de m’offusquer quelque part des hurlements sur l’échec de carrefour.

Les raisons invoquées

Il est néanmoins important que je fasse un court paragraphe sur les raisons qui ont mené Carrefour à l’échec qu’il connaît aujourd’hui. Pour ce faire, je vais réutiliser ce que j’ai pu lire par ailleurs sans préjuger de leur « vérité », je le répète, je ne suis pas expert du secteur.

-Le manque de vision de la direction. (rappelons qu’une vision ne porte ses fruits qu’à long terme ~5ans), on ne peut donc pas aussi facilement que ça corriger le tir
-Un positionnement Commercial flou. Carrefour s’est trompé de concurrent à son arrivée en Belgique. Le changement tardif de positionnement pour contrer son réel concurrent a ensuite brouillé son image
-Trop de marques, trop de formats entre les ex GB-Express, les GB, les Carrefour, les Hyper…on finissait tous par s’y perdre
-Un coût de personnel élevé. On invoque un coût supérieur de 29% par rapport à la concurrence.
-Un dialogue social difficile : qui ne se souvient des blocages des grands magasins Carrefour à chaque initiative de la direction ?
-Un format en perte de vitesse : de fait, et Carrefour travaille énormément ces deux dernières années à réduire la taille de ses grandes surfaces
-Un Parc Immobilier en mauvais états… mais il n’appartient pas à Carrefour… l’achat des magasins il y a 10 ans à donné lieu à la revente des murs à une société Hollandaise Reveco…

Ceci pour les raisons.

Stupeur et hurlement : Carrefour le nouveau Grand Satan…

S’il y a une chose qui m’insupporte au plus au point en ce moment, c’est le «haro sur Carrefour», ce sont les hurlements anti-Carrefour, ce sont tous ces journalistes et autres politiciens qui fustigent soudain Carrefour le laissant apparaître comme une mauvaise entreprise, sans cœur et pleine de reproche. Cette médiocrité, je ne la supporte pas !

Dans toutes les courses, il y a un gagnant, il y a un perdant.

Voilà, c’est dit, c’est moche mais c’est comme ça ! Carrefour en Belgique, ce sont dix années tentées pour s’imposer. Et vous savez quoi ? Si Carrefour avait réussi, ce serait peut être Colruyt, Mestagh ou Delhaize qui aurait dû retsructurer !

La naissance, le vie et la mort des entreprises font partie du cycle économique menant à l’mélioration de la qualité, à l’innovation, à la baisse des prix etc.

Ca n’enlève rien au drame social, ça explique juste que Carrefour a réellement voulu s’implanter et réussir ici. Il a échoué. Et croyez moi, vu les plumes qu’il y a laissé, il ne l’a assurément pas fait exprès !

Si on refuse que les magasins se fassent concurrence, soit. Alors passons à l’économie planifiée où tout les magasins sont égaux… et où tout le monde est mal servi !

10 ans de pertes…

Carrefour en Belgique, ce sont 10 années de perte et de non rentabilité !
Alors avant de hurler que Carrefour c’est un «gros méchant», je n’ai entendu personne dire «Merci»…
«merci de vous être obstiné pendant 10 ans», «merci d’avoir racheté GB», «merci d’avoir tenté», «merci d’avoir proposé un autre modèle».

Pendant 10 ans, Carrefour a assumé ses pertes contre vents et marrées. Alors qu’il réussit partout dans le monde, il échoue sur la Belgique.. et bien oui. Il aurait pu se retirer plus tôt, il ne l’a pas fait.

Il va même tenter une nouvelle opération de sauvetage.

Des acquis sociaux enviés par les employés des concurrents

Derrière les hurlements syndicaux, je n’ai entendu personne dire : «en fait, Carrefour au lieu de racheter GB, aurait du laisser fermer tout les magasins et relancer la chaîne avec un modèle social from scratch».

Quand il y a 20 ans Geert Noels a fait un job d’étudiant chez GB, il gagnait 65.000bef alors que pour le même job chez les concurrents, un student n’en gagnait que 40.000. Qui s'en plaignait?
Aujourd’hui encore, le coût d’un salarié chez Carrefour en Belgique et de 38% plus élevé que dans les autres pays frontaliers. Ce sont des coûts salariaux qui restent supérieurs à la concurrence locale (on parle de 29%.)

Alors, le management a peut être manqué de vision, mais avant de critiquer le retrecissement nécessaire du personnel, ce même personnel pourrait remercier Carrefour de les avoir mieux payé, mieux traités que la concurrence.

Condamnation de l’échec

Dans un pays qui manque cruellement d’entrepreneurs et de créateurs, fustiger l’échec est le meilleur moyen de dire aux gens : SURTOUT NE TENTEZ RIEN !

D’ailleurs, c’est aussi dans ce même pays qu’on est montré du doigt quand on réussi, qu’on est traité de fraudeur quand on entreprend, qu’on est jalousé de nos résultats mais jamais de notre dose de travail !

Carrefour, ce sont 4 grands managers qui se sont fait virer en dix ans. Carrefour a essayé, des hommes ont «sautés» aussi au niveau du management. Alors, il y peut être 1.672 perte d’emplois aujourd’hui… mais soulignons les 15.000 que le groupe Carrefour occupe en Belgique.

1.672 emplois perdus ? Chez Carrefour sans doute

Mais la majorité de ces personnes retrouveront plus que probablement un emploi dans les sociétés ou franchisés qui reprendront ces sites ! Plutôt que de parler de tout casser, voyez comment construire votre futur que diable.

Par contre, effectivement, on ne peut leur garantir le modèle social qui fut le leur. A force de refuser de revoir ses "acquis sociaux", on finit par les perdre tous.

Le roseau qui ne plie pas finit par craquer

A pousser toujours plus loin la logique du blocage, du status quo et du refus du changement, les syndicats portent aussi une part de responsabilité.

A force de s’opposer à tout changement, a ne pas vouloir devenir plus flexibles sous prétexte d’acquis sociaux, il ne faut pas s’étonner que le navire finissent par couler sous le poids des contraintes venue d’une autre époque. Les contraintes changent mais on veut conserver le modèle… ce genre de chose ne marche pas.

Wal Martisation

Le cas Carrefour illustre aussi le phénomène low-cost et ce que j’ai appelé la Wal-Martisation de la société. Ne rêvez pas, pour augmenter votre pouvoir d’achat, vous voulez acheter toujours moins cher.

Moins cher, moins rentable mais dans un modèle à haut coût social. Vous avez le choix, soit vous revoyez vos standards à la baisse soit vous acceptez que consommer, ça coûte de l’argent quelque part.

Cessons de crier avec les Loups.

Encore une fois, les causes sont multiples, mais ne comptez pas sur moi pour massacrer Carrefour !

Je suis abasourdis de lire les réactions d’un président de parti, Elio Di Rupo, qui dit «Carrefour a manqué de vision».

Et monsieur Di Rupo ? Qu’a-t-il géré pour nous donner d’aussi brillantes leçons de gestion ? La Sabena (faillie)… l’ex-RTT devenue Belgacom (combien de plan sociaux pour s’adapter ?). Quelle est la vision de Monsieur Di Rupo ? Nous ressortir des bains de sang social et des crises libérales à tout bout de champs ? Elles sont où les belles avancées de son parti ? (les réactions des autres partis furent tout de même plus retenues et plus constructive…enfin, heureusement que le PS est à tout les niveaux de pouvoir, sans lui c’aurait été le bain de sang social…)

Je suis peiné de lire les réactions des journalistes qui bêlent bêtement avec le troupeau. Oui, certes, il y a aujourd’hui un important plan social, oui, 1.672 personnes vous perdre leur emploi chez Carrefour mais il est plus que probable qu’une bonne partie d’entre elles soient reprises par les repreneurs des différents sites !

A côté de ça, quels sont les journalistes qui parlent des 15.000 emplois directs de Carrefour ? Des pertes assumées pendant 10 ans ? Cessez, je vous prie, de cracher sur ceux qui créent de la richesse et financent la sécurité sociale de ce pays !

Carrefour a tenté une aventure, il a échoué (et pas encore totalement au passage) jusqu’ici : il ne quitte néanmoins pas la terre de son échec et nul ne peut présager du futur ! Merci Carrefour de tenir depuis 10 ans et d’offrir 15.000 emplois dans notre pays.

Carrefour n’a pas gagné mais c’est aussi le modèle dans lequel on vit qui veut ça. Merci Carrefour de vous obstiner comme vous le faites, malgré les obstacles !

Carrefour a fait des erreurs. Mais le manque de flexibilité et les blocages face aux changements n’ont sûrement pas aidé à les corriger.
Malgré cela, Carrefour reste !
Que Carrefour ET les partenaires sociaux tirent les leçons de ces 10 années d’histoire et permettent une nouvelle tentative qui peut être cette fois réussira.

Cette aventure, c’est Carrefour, ce sont les salariés de Carrefour et les partenaires sociaux de Carrefour qui doivent la relever.

21 commentaires:

  1. Merci pour cet article, qui reprend totalement mes râleries à chaque fois que j'entends les informations à la radio!

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  2. Merci pour cet article,

    Je pense qu'un petit complément d'info peut quand même être utile:

    A côté de Carrefour Belgium qui est effectivement mal en point (€ 400 million de pertes reportées à fin 2008, pas un euro de taxe payée sur 8 ans) et pour lequel il y a certainement matière à discuter de la vision, du modèle "carrefour", l'emploi etc...

    Mais il ne faut pas oublier qu'ils ont aussi en Belgique le centre de coordination de Carrefour qui affiche lui dans ses comptes annuels 2008:
    - un bénéfice reporté de € 1,575 milliard à fin 2008, ça fait donc +/- €197 million en moyenne annuelle sur 8 ans;
    - un bénéfice de l'année avant impôt de € 381 million
    - une charge d'impôt de € 33 million, soit 8,6% de taxe...

    Restons sur terre, aucune boîte de cette taille ne reste 10 ans dans un pays pour faire des pertes.

    Alors évidemment maintenant ils vont communiquer sur la nécessité de ce plan vu LA crise... mais c'est quand même marrant que 2010 est aussi l'année de la fin du régime fiscal hautement avantageux des centres de coordination en Belgique...

    Dès lors ce plan peut aussi être vu comme une prise d'otages sociale en vue de négociations fiscales à venir pour continuer à faire du profit (financier principalement) tout en limitant la charge fiscale au minimum...

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  3. Merci pour ce complement d'information qui vaut effectivement son pesant d'or.
    Neanmoins, je ne peux vous rejoindre.

    On rentre ici dans la problematique des super benefices comme Total par exemple. Le fait est que les benefices en questions sont fait au niveau groupe.
    Ils ne sont pas produits en Belgique. On doit, je pense voir le centre de coordination et les magasins comme deux chses distinctes.
    D'ailleurs, ils vont garder le centre de coordination, je table qu'ils vont juste l'adapter a la technique des interets notionnels.

    Je ne pense pas que ce soit un chantage fiscal car la solution existe déjà et que la fin des centres de coordinations etait avant tout une exigence europeene.

    Mais, encore une fois, c'est vrai que ca pose question et qu'il est interessant de reflechir aussi a cet aspect.

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  4. Merci pour cet article!

    Quand je pense que ce matin à la radio, une représentante de la Setca disait qu'il faut réorganiser la distribution, c'est-à-dire fermer les franchisés (qui paient moins bien leurs employés et font de plus gros bénéfices)!
    Donc en gros, elle disait qu'on pouvait sauver les emplois chez Carrefour en ... fermant d'autres magasins! o_O

    Comme tu le dis, l'entrepreneuriat n'est pas franchement soutenu en Belgique ....

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  5. Merci pour ta reaction!

    Un franchise, c'est generalement un indépendant qui prend tout les risques a sa charge, qui a du emprunter fortemment et ne peut pas compter ses heures.
    Remplacer les franchises? C'est evidemment cretin, ce seront des magasins qui ne seront pas rentables! Et donc devront fermer a terme.

    Mais encore une fois, la vision syndicale des droizakis et des independants fraudeurs fait toujours son petit effet dans la presse.
    A ce rythme, qui entreprendra encore?

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  6. En gros ta solution c'est que toutes les caissières de Charleroi prennent un n° de TVA, se lancent dans la consultance, achète une grosse baraque dans le Brabant Wallon et vote MR.

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  7. Interessant commentaire mais ce n'est pas du tout ce que je dis.
    N'importe qui est libre de choisir son mode de travail. Certains preferent travailler en tant qu'employes, d'autres en tant que fonctionnaires ou d'autres encore en tant qu'independants.

    Je ne demande pas que tout le monde devienne indépendant. Je dis qu'il serait un peu bete de virer et donc mettre en faillite des independants qui ont eu le courage d'ouvrir un magasin en franchise, en prenant un maximum de risques. Ces independants creent de l'emploi.
    Si Carrefour reprenait ces franchises, le magasin, de part les conventions paritaires specifiques ne seraient pas rentables et partiraient en faillite...et donc detruirait de l'emploi.

    Quand au parti pour lequel tu votes, peu m importe, je ne roule pour aucun parti. Pour peu que tu me suives regulierement, tu remarqueras que tous les partis en prennent pour leur grade et que je reconnais aussi les bonnes idees et les competences independamment de la carte de parti des gens.
    ...
    En fait, je me demande même pourquoi je reponds a un commentaire agressif et vide de sens...

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  8. Il n y a pas à dire, tu as eu le mérite de lancer un débat intéressant...

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  9. "Aujourd’hui encore, le coût d’un salarié chez Carrefour en Belgique et de 38% plus élevé que dans les autres pays frontaliers. Ce sont des coûts salariaux qui restent supérieurs à la concurrence locale (on parle de 29%.)"

    Ce que vous spécifiez entre parenthèses est représentatif de l'entièreté de votre article. "On parle" oui en effet vous parlez mais vu les chiffres que vous avancez, vous parlez sans savoir...Comparer 2 fiches de paie avec le même nombre d'heures (sans heures tardives) en y incluant les différentes primes et vous serez loin de vos 38 et 29%.

    "Alors, le management a peut être manqué de vision, mais avant de critiquer le retrecissement nécessaire du personnel, ce même personnel pourrait remercier Carrefour de les avoir mieux payé, mieux traités que la concurrence."

    On sent clairement que vous avez jamais posé un doigt à l'ouvrage chez Carrefour. Je parlais comme vous il y a quelques années mais c'est en travaillant chez Carrefour que dès les premiers jours, j'ai compris et vu les grossières erreurs de gestion à tous les niveaux et à tout point de vue. Sans compter le fait qu'on en demande toujours plus au personnel en réduisant les effectifs et le nombre d'heures. Faites un tour dans un carrefour hypermarché et demander aux employés sous quel contrat ils sont. Quand vous avez supprimé les étudiants (23 jours par an), les étudiants à l'année et les contrats à durée indéterminée, il ne vous reste plus beaucoup de l'effectif de départ. 1672 emplois de perdu qui retrouveront sûrement du travail??? Je vous demande un peu d'esprit critique et d'analyse du sujet pour vous rendre compte que vous êtes très loin du compte. Non seulement dans le nombre d'emplois perdus mais aussi dans la facilité que les nombreux licenciés auront pour retrouver du travail. Donc, encore une fois, hormis vos probables diplômes, qu'est-ce qui vous permet d'être aussi affirmatif sur le sujet?

    Ce qui tue Carrefour aujourd'hui, ce n'est nullement "le personnel" qui selon les dires des directeurs "peut faire la différence avec les autres enseignes" mais bien des incohérences graves (voir incompétences???) dans son fonctionnement. Alors oui, 2ième groupe mondial actuellement mais vu cette gestion, cette politique et la concurrence qui vise l'optimisation (en priorité colruyt), je me demande combien de temps encore ils resteront sur leur podium ;)

    Je ne crache pas sur Carrefour, loin de là!! Mais, des familles payent encore les frais d'erreurs grossières évitables. 10 ans qu'ils font tout pour assumer leurs pertes, j'ai envie de vous demander comment le savez-vous? Moi, je leur dis merci d'avoir repris GB avec tous les boulets que celui-ci traînait mais certainement pas les féliciter d'avoir investi sans adaptation derrière

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  10. Suite:
    Là c'est moi qui ne suis pas d'accord :
    Il ne faut pas mélanger les résultats du groupe (somme consolidée des résultats des centaines de sociétés du Groupe Carrefour) et les résultats de la filiale belge « Centre de Coordination Carrefour » qui sont réalisés à Bxl par les financiers basé à Bxl.

    Et pour info, le résultat net du groupe Carrefour en 2008: € 1,26 milliard
    Résultat de CCC en 2008: € 381 Million.

    Alors oui, CCC par nature travaille pour les autres sociétés du groupe mais étant la porte de sortie de toute les transactions financières avec le hors groupe (cf. rapport de gestion), ben ses résultats ne sont probablement que très peu retraités (diminuer/éliminer) en consolidation et donc doivent représenter un part significative du 1,26 milliard au final.

    De plus, dans leur rapport de gestion 2008, ils étaient confiants de conserver leur statut de CC.

    Et enfin, les intérêts notionnels ne sont pas aussi avantageux à leur niveaux car (1) l'activité financière serait taxée chez CCC à la belge, (2) CCC n'aura jamais assez de capitaux propres pour générer les intérêts notionnels suffisants que pour garder un taux d'imposition de 8% vu les bénéfices réalisés.

    Donc au final, (1) ils ont du restructurer leur activités financières en les déplaçant hors de la zone euro pour les conserver hors d’atteinte fiscale et (2) sans les avantages fiscaux qui leur ont peut-être fait accepter plus facilement les pertes réalisées par Carrefour Belgium pendant 10 ans, ils sont dos au mur avec leur probable mauvaise visions stratégiques, donc on restructure … back to reality.

    Et concernant le manque d’incitant à l’esprit d’entreprise, on est bien d’accord que c’est du grand n’importe quoi au niveau des indépendants en Belgique. Mais faut aussi admettre que ce n’est pas de cela que l’on parle ici, Carrefour n’est pas un « entrepreneur » au sens noble du terme, ici on parle juste d’un groupe qui essaie de faire des super-bénéfices avec un minimum d’impôts payés pour rémunérer ses actionnaires, ici on est dans une logique de rentier, ce qui n’est pas mauvais en soi mais qui vaut tout autant qu’une logique syndicaliste.

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  11. Merci pour votre reaction constructive et concrete.
    Une fois de plus, je souligne mon incompetence a juger des erreurs ou non qui ont ete commises.

    Je n'ote aucune responsabilite a Carrefour et les chiffres cites sont ceux qu'on retrouve dans la presse. Après, de ce que j'ai entendu depuis ce matin, certains confirment, d'autres infirment.
    Ce qui m offusquait etait le traitement reserve a Carrefour de toute part.

    Autre et dernier point, vous soulignez, a tres juste titre et comme je le fais dans l'article du reste:
    Moi, je leur dis merci d'avoir repris GB avec tous les boulets que celui-ci traînait mais certainement pas les féliciter d'avoir investi sans adaptation derrière

    Je ne dis rien d'autre en disant qu'ils auraient pu repartir d'un modèle social from scratch. N'oublions pas non plus l'attitude de blocage systematique a tout changement propose.
    Ca n'enleve rien aux erreurs bien sur...en attendant, je souhaite juste qu'on oublie pas les 15.000 emplois du groupe et les conditions sociales, si pas superieures, en tout cas pas inferieur ou esclavagiste offerte par cet employeur.

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  12. vérifiez vos chiffres, ils sont tous faux et invalidés par une série d'articles de presse qui, eux, vérifient leurs sources.
    Vous avez tout faux. Connerie ou naïveté ?

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  13. tiens vous modérez vos commentaires. La trouille ?
    Heureusement que des personnes comme OL viennent un peu relever le niveau intellectuel du blog qui est proche de l'encéphalogramme plat.

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  14. Moi je pencherais plutot pour la connerie en fait.

    Sinon, vous n'avez pas bien du lire le sujet et le contenu de l'article...je ne me penche pas sur les raisons comme je vous l'ai déjà (abondamment signaler).
    Et a part ca? Un petit quelque chose de constructif a rajouter pour faire avancer le debat? (Et de poli si c'est possible)
    Bonne fin de journee...

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  15. Oui je modere les commentaires. Ca evite les publicites non sollicites ou les contenus qui pourraient s'assimiler a la diffamation ou au racisme.
    Pour le reste, je ne suis pas contre le fait qu'on ne soit pas d'accord avec moi. Que du contraire, ca fait avancer le debat et me permet d'apprendre de nouvelles choses, de rester ouvert a d'autres idees.
    Je vous laisse a vos lectures de journaux dont tout le monde sait combien ils sont la bible de la verite revelee.

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  16. MDR, ben là on est bien d'accord là: les seuls chiffres (un peu) validé dans les journaux sont les résultats de la D1 :D

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  17. Le cas Carrefour illustre aussi le phénomène low-cost et ce que j’ai appelé la Wal-Martisation de la société. Ne rêvez pas, pour augmenter votre pouvoir d’achat, vous voulez acheter toujours moins cher.

    Reconnaissez que tout le monde n'est pas obligé de vous suivre sur ce modèle non plus.

    Si je vous suis dans votre analyse de la faillite du modèle carrefour, je préfère payer un prix juste pour un service et des produits de qualité.

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  18. il faut quand même bien reconnaitre que nous voulons tous acheter le moins cher possible et que ces prix discount sont aussi une cause du problème de rentabilité des grands magasins.

    Je suis d'accord sur un point, on est d'accord de payer un certain prix pour un certain service : je vais faire mes courses chez Delhaize, c'est plsu cher mais le service est meilleur ... et le groupe Metzdag se porte plutôt bien.

    Mais restons honnête : on ne peut pas demander les prix les plus bas et hurler à l'infamie quand une société doit restructurer par manque de rentabilité.

    Je pense qu'une partie problème, et ça n'engage que moi, vient du fait que l'on veut dans notre pays que l'ouvrier gagne autant que l'employé qui veut gagner autant que le cadre ... c'est louable mais ce n'est pas réaliste. Et si vous demandez à un ouvrier s'il veut que son patron gagne la même chose que lui il vous dira qu'il veut surtout gagner la même chose que son patron.

    Les coûts salariaux en Belgique sont très élevés, parce qu'en Belgique quoi qu'on en dise on paye très bien les emplois non qualifiés et la pression fiscale est énorme. Je n'ai bien sur rien contre le fait qu'on paye bien un ouvrier, je suis par contre moins convaincu que tous les emplois méritent le même salaire : 38 heure de travail comme caissière n'est pas équivalent à 60 heure de management, et ce à tout point de vue.

    Si l'on veut que les entreprises puissent continuer d'investir en Belgique il faut avant tout alléger la pression fiscale ... mais ce n'est pas avec Mr Di Rupo à tous les niveaux du pouvoir que cela va arriver.

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  19. sur le même sujet (Carrefour) mais dans une tout autre optique : "Hypermarchés Carrefour : l’importance de savoir écouter" http://blog.synaptic.be/?p=151

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  20. bon je sais que ça vient des journalistes mais bon... http://www.rtbf.be/info/economie/carrefour-doit-encore-a-la-belgique-846-millions-deuros-press-191628

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  21. Je pense en effet que tout débat est constructif, et que cet article ainsi que les commentaires qui l'on suivi, donnent en synthèse une assez bonne vue globale de la situation belge actuelle.

    Je pense qu'il ne faut tout de même pas oublier, à charge de Carrefour, un certain "franco-centrisme" qui s'est traduit par 4 managers importés en dix ans, ne pouvant pas appréhender faute de connaissance, le marché belge et son compromis social dans leurs spécificités. Pourquoi ne pas avoir essayé un management mixte, avec quelques belges dans le tas ? A mon avis, cela leur aurait demandé trop d'humilité.

    Concernant l'esprit d'entreprise de Carrefour et son "courage" pendant 10 ans, je ne suis pas prêt à croire non plus qu'ils ont fait des pertes au niveau global pendant 10 exercices (@OL), et ce par pur philantropisme ou convictions managériales. On reste dans un modèle économique capitaliste, dont le premier souci est la maximisation du profit.

    Enfin il est vrai que la vie "low-cost" a un coût au final, il ne faut pas virer dans l'angélisme. Voler avec Ryanair, ce n'est pas cher, mais sachant à quelles cadences est soumis leur personnel, j'y réfléchis à deux fois avant de m'envoler pour Madrid pour moins de 20 EUR ... Et ceci est un exemple parmi d'autres.

    Merci tout de même pour cette information intéressante et utile.

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