dimanche 14 février 2010

Digression 1 : En matière de subprimes, les banques n'ont rien inventé...

Désolé pour ceux qui attendaient le billet sur l'euro, la zone euro et son avenir...(toujours lié au sauvetage...ou non de la Grèce d'ailleurs) il est bien plus complexe que prévu et m'emmène dans des séries de digressions qui alourdissent mon propos. Voici une de ses digressions.

Depuis deux ans, nous entendons beaucoup parler de la crise bancaire et des subprimes... digression 1.
Peu avant, rappelez-vous, nous avons connu Enron ou Lernout & Hauspie sous nos latitudes...Les engagements hors bilan? Ingénierie très officielle des Etats. Digression 2
Il y eu aussi Madoff et sa pyramide de Ponzi... Et... si finalement ils n'avaient rien inventé? Digression 3

Subprimes? Ou la spéculation sur les dettes d'États...

Au moins de juin, je vous avais parlé de la Dette Belge et du maquillage communicationnel qui l'accompagnait.
Ce dont je ne vous ai pas parlé, c'est la façon dont on constitue une dette. Où l'on va chercher l'argent... et les taux qui les accompagnent.

Ainsi, partant de mon post sur l'euro et tentant de voir ce que cette zone avec d'unifiée, je me suis souvenu qu'en tout cas... ce qui ne l'était pas, c'était les taux d'intérêts des États européens. Un pays, un taux.

Un taux... ce taux est bien sur fonction du risque de crédit. Au plus le risque de défaillance est grand, au plus votre notation est mauvaise... au plus votre notation est mauvaise au plus votre taux d'intérêt est élevé. Une zone unique solidaire? Sûrement pas! Les taux sont différents pour chaque pays.

Ceci m'amène à vous parler de la constitution de la dette... (je vais essayer de pas devenir pénible aussi). Reprenons la définition de la dette telle qu'on la trouve sur le site de l'Agence de la Dette (ce monument de la communication Coué)
Dette de l'Etat fédéral
La dette de l'Etat fédéral couvre la dette émise ou reprise par le pouvoir fédéral ainsi que les dettes de certains autres organismes (notamment le FADELS) pour lesquelles l'État fédéral intervient dans les charges financières, à l'exclusion de la dette des entités fédérées (Communautés et Régions), des pouvoirs locaux, de la Sécurité Sociale, et à l'exclusion également des dettes garanties par l'État fédéral, dont ce dernier ne supporte pas effectivement les charges. 


Dette négociable
La dette négociable comprend les emprunts publics, c'est-à-dire ceux qui sont côtés en bourse ou sur un autre marché. Il s'agit essentiellement des obligations linéaires et des certificats de Trésorerie.

Cette dette négociable occupe une place prépondérante dans le total de la dette de l'État fédéral. A titre informatif, elle représentait 90,2% du total à fin décembre 2007
Donc, à ce jour, 90% de notre dette est négociable, cotée sur le marché. Comme de bien entendu, base de la finance, au plus votre dette est risquée, au plus le taux d'intérêts que vous paierez sera cher. Au plus l'État emprunte, au plus il a besoin de ressources pour rembourser. Les ressources d'un Etat sont caractérisées par son PIB. Et comme pour tout ménage, on estime qu'il vaut mieux qu'il n'emprunte pas une charge de dette de plus de 33% de son revenu disponible. Au plus un Etat s'approche de cette limite, au plus la chance qu'il tombe en faillite est grande.

Car, contrairement à ce qu'on pense, un État peut bel et bien faire faire faillite (ne plus faire face à ses engagement). C'est déjà arrivé (voir URSS où les pensionnés ont perdu tout droit à leur pensions, l'Argentine et sa débâcle des 90's et autres pays africains qui ne paient plus leurs fonctionnaires de manière chronique...).

Au plus un Etat approche de cette limite et au plus ses facteurs conjoncturels sont mauvais, au plus le financement de sa dette sera considéré comme risqué. De risqué, vous passez à pouri... quasi junk bonds... Et quand votre Etat ne peut se financer sur le marché interne (au plus il impose ses citoyens, au moins ceux ci ont de moyens pour prêter de l'argent à l'Etat n'est ce pas. Car, la dette est un moindre mal quand elle est empruntée auprès de sa propre population.) il se finance sur les marché internationaux. Ici, depuis 2000 environ, en Belgique (et je pense dans le reste de l'Europe), nous assistons à un glissement de l'emprunt. Les Etats ne se financent plus auprès de leurs citoyens mais sur les marchés internationaux.  Ils sont alors cotés par les Agences de Notations.
"Il en a résulté un glissement de la détention des OLO vers l'étranger. Ainsi, à fin 1998, le degré d'internationalisation des OLO mesuré par la part de celles-ci détenue par le reste du monde est passé de 19.9% en 1998 à 31.5% en 1999. Cette part est estimée à 40.2% pour l'année sous revue.(2000)" Maintenant, leur part atteint donc 76% sur les 75% des emprunts publics que représentent les OLO (et destinées uniquement aux "investisseurs institutionnels"). Les particuliers ne détiennent actuellement que 1,47% de la dette" (source Agence de la Dette)
Quand l'État emprunte... il va "titriser" la dette... Puis il la commercialise. Une fois émise, elle est négociable en bourse. Il va vendre sa dette en bourse quoi... Ça ne vous dit rien? Cette dette en bourse va faire l'objet d'échange entre les différents acteurs. Si cette dette devient à haut risque (regardez les ratings des agences), comme la dette grecque par exemple, les spéculateurs vont entrer en jeu... Il est aussi intéressant de suivre la dette US et son financement actuel...

...une dette pourrie qui se négocie en bourse entre spéculateurs... ça ne vous dit toujours rien? Et bien ce n'est rien d'autre qu'un subprime... Ça peut paraître tiré par les cheveux, il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui quand je vois les attaques spéculatives sur la zone euro, je ne peux m'empêcher à la fébrilité qui a précédé la crise des subprimes. Ici aussi nous nous retrouvons dans un contexte ou le potentiel de faillite est grand.

Les Subpimes? Les banques n'ont rien inventé, les États font ça depuis bien longtemps.

Reste la question... Les pays en questions sont ils systémiques? Pourrait-on les laisser couler?

a suivre : 
  • digression 2: les engagements hors bilan: quand les États nous montrent l'exemple
  • digression 3: la pyramide de Ponzi... Madoff n'a fait que copier notre système de pension

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