lundi 10 février 2014

Bruxelles Immobilité (28/05/2013)

Le nouveau projet de plan de mobilité de Bruxelles ressemble de plus en plus à un plan d'immobilisation de la ville. Celui-ci comporte en effet un volet visant à réduire de 18% les places de stationnement en voirie, soit 28.000 places supprimées.
Soit-disant, ceci "dissuaderait le citoyen de se déplacer en voiture"... Non seulement, ça ne le dissuadera pas, mais ça asphyxiera un peu plus la ville. Il suffit de regarder à quoi a mené l'expérience parisienne pour s'en convaincre. Et Bruxelles, c'est déjà pire. Paris est toujours embouteillée (mais moins que Bruxelles qui est recordman du monde en la matière), et pourtant les Parisiens ne sont plus que un sur quatre à posséder une voiture. Moins de voitures mais plus d'embouteillages ?
Le problème ? C'est cette négation de la réalité de ce que peut être un ville. Une ville, c'est un carrefour. C'est la base. C'est un lieu de rencontre, un centre économique où des gens vivent, où des gens viennent travailler, où des marchandises s'échangent. Et pour ça, il faut qu'ils puissent bouger. On pourrait arguer des transports en commun mais vu leur organisation à, de et vers Bruxelles, cela ressemblerait surtout à une vaste plaisanterie.
Et donc disais-je, à Paris, la pression automobile ne cesse d'augmenter. Vous savez comment augmenter la pression dans un tuyau ? Il suffit soit d'augmenter le volume devant transiter dans un même temps, soit de diminuer la section du conduit. Et d'après vous, qu'est ce qui a été fait à Bruxelles? On a diminué la section du tuyau. Qui en réduisant le nombre de bandes de circulation, qui en désynchronisant les sémaphores tricolores. Pour faire bonne mesure, on a aussi augmenté artificiellement le volume en recyclant celui qui passait. Il suffisait pour cela de supprimer des parkings (de bureaux entre autre). Les personnes ne trouvant pas à se garer tournent et tournent en rond. Pas besoin de plus de voitures, juste de faire tourner celles qui sont déjà là en rond. Et le projet va encore accentuer la situation.
On pourrait se dire que les gens n'ont qu'à choisir d'habiter en ville ? Mais ce serait nier à tout un chacun le choix de s'établir où il le souhaite. Ce serait aussi ignorer que vivre extra-muros n'est plus un choix pour de plus en plus de gens. La ville est devenue soit trop chère, soit ce sont des quartiers où vous ne voudriez pas voir grandir vos enfants. Les banques en refusant d'intégrer cette notion de déplacement au moment d'occtroyer les prêts participent aussi à cet exode. En effet, elles sont figées dans le modèle "33% des revenus nets". Mais si une personne doit dépenser 250 euros de carburant pour se déplacer en venant de loin, ce seraient 250 euros qui auraient pu participer à un remboursement d'un immeuble en ville. Puis, pour s'établir en ville, il faut du logement, mais à Bruxelles, on commence à manquer de logements à cause de la pression démographique. (Ce qui fait encore plus de monde à déplacer). Mais de cela, on ne parle pas non plus.
Il n'y a pas de solution parfaite, mais parmis les pires solutions sont celles qui sont héritées d'un dogmatisme obtus, l'usage combiné de solutions sans concession et extrémistes. Bruxelles n'est pas prêt de bouger dans les années à venir.

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