lundi 10 février 2014

Catalogue des horreurs : on est à l'os...du contribuable (26/06/2013)

Taxes PosterLe Gouvernement Belge cherche, on le sait, 526 millions d'euros pour 2013 et 3,5 milliards d'euros pour 2014... 
Dans le même temps, le Haut Conseil des Finances nous confirme ce que nous savons déjà : la Belgique est un des pays les plus taxés au monde. Mon estimé collègue Bert Le Tisseur nous le confirmait encore dans son article  : la pression fiscale en Belgique s'élève à 44% du PIB. Et si on regarde le poids total de l'Etat dans l'économie, c'est pire, l'Etat représente un poids de 55% du PIB... Énorme quand on sait que la pression fiscale moyenne en Europe s'élève à 39%. Énorme encore, quand des ministres socialistes osent prétendre que "l'Etat crée la richesse". L'Etat ne crée pas la richesse, il la capture. Et, normalement, dans un but de le redistribuer de manière sociale et équitable. D'ailleurs, s'il créait la richesse, il ne devrait pas chercher ses milliards...dans nos poches.
Tout ça pour dire...que l'Etat cherche 524 millions cette année et 3,5 milliards l'an prochain. Bêtement, stupidement. 
Double détente...
Pourquoi ces chiffres précisément ? Pour limiter le déficit de l'Etat. Mais idiotement, en jouant toujours sur le numérateur. Jamais sur le dénominateur. Et dans ce numérateur, on ne limite pas les dépenses de l'Etat, on les renforce en taxant, encore, toujours, toujours plus, toujours plus fort. Avec ce corollaire évident qu'à trop taxer, il récoltera moins (déjà le cas en 2012...). Et s'il récolte moins, son ratio de déficit s'aggravera. Doublement. Il s’aggravera parce que ses moyens diminueront, des dépenses resteront stables et le PIB va commencer à tirer la gueule aggravant encore les choses.
Ce ne sont même pas des mathématiques, c'est de la simple logique, un étudiant en première BAC économie vous le sortirait (enfin, j'espère). Mais non, les pistes ouvertes par le gouvernement sont un véritable "catalogue des horreurs" (je précise que la dénomination n'est pas de moi mais des journaux, dont des journaux orientés à gauche).
Catalogue des Horreurs
La taxation du diesel : retour du prétexte écologique, appuyé par la Commission Européenne. Qu'importe que les accises et la TVA représentent déjà plus de 70% du prix à la pompe, taxons un peu plus.
Social ? Nullement, d'après vous : qui possède des véhicules diesel consommant beaucoup ? Bingo, les moins bien lotis qui roulent avec de vieux tacots diesel. Et les travailleurs qui versent pourtant déjà un écot plus que substantiel au budget de l'Etat. Mieux, le chauffage serait aussi touché...et qui possède de vieilles chaudières au mazout qui surconsomment ? Ok, bingo.
Hausse de la TVA : youpie, le marronnier des budgets, souvent brandi, jamais appliqué. Qu'importe qu'on soit dans le peloton de tête européen et que le panier de la ménagère soit déjà 8% plus cher que chez nos voisins, finalement, un peu pire, ça change quoi hein ?
Taxation de l'épargne : vous allez voir, on va y venir. Le Belge est champion du monde de l'épargne. Au point, le saviez vous, que la dette de la Belgique est garantie par vos dépôts ? Au point que l'Agence de la Dette le dit ouvertement : en cas de soucis, l'épargne belge peut rembourser intégralement la dette. Fête ou quoi ? Enfin, pour cette partie ci, je vous réfère à mon article sur l'exonération fiscale des comptes épargnes. Potentiellement, ça peut rapporter 918 millions d'euros et lui coûter, tout aussi potentiellement, 2,7 milliards. Il a donc intérêt à bien réfléchir sur le coup.
Hausse des accises sur le tabac et l'alcool : ha ha, le prétexte de la santé publique... Elle a bon dos la santé publique et ça donne bonne conscience. Sauf que si tu te soucies vraiment de la santé, tu interdis le tabac. Mais dans la foulée pense au sucre, aux graisses et à tout le reste. En plus, on sait qu'une hausse modérée ne fait pas diminuer la consommation. Ça tombe bien, c'est surtout pas le but. Enfin, dans le catalogue des horreurs, c'est encore le plus acceptable avec le point suivant.
Impôt minimum des sociétés : ne criez pas, ne hurlez pas. Surtout les PME et les TPE. Votre impôt minimal en tant que petite société et en profitant des réductions et petites ficelles, c'est 25%. Les plus grosses boites, qui font d'énormes bénéfices et ne créent même pas d'emplois (genre les centres financiers qui font le plein d'intérêts notionnels), elles arrivent presque à obtenir des crédits d'impôts. Sinon, c'est zéro impôts. Alors avant de hurler, réfléchissez qu'il est peut être temps de rétablir l'équilibre. En ne me dites pas qu'ils créent de l'emploi, 80% de l'emploi privé belge est dans les PME. Ils impressionnent juste parce qu'ils représentent des milliers de personnes. Mais des milliers de PME font faillites chaque mois causant plus de pertes d'emplois que chacune des "grosses" faillites. Anyway, c'est un autre sujet. 
Donc, au catalogue, un impôt minimal à 12,5%. Pour moi, c'est sensé, c'est aligné sur le taux ISOC le plus bas en Europe.
Impôt de crise : le problème des impôts de crise est qu'après la crise, on oublie souvent qu'ils existent et ils restent en place. Ce sont les fameuses Contributions Complémentaires de Crises et autres Cotisations Sociales Généralisées. Ainsi, créées sous Dehaene en 1993, elles sont restées actives dans l'ISOC. Nous sommes en 2013, nous avons eu de la croissance, sommes sortis (et revenus) dans des crises, mais cette taxe est toujours là. 
De véritables horreurs quand on vit dans un des pays les plus taxé au monde. L'Etat prétend souvent qu'il est à l'os, mais chacun des efforts, c'était 30 % d'économie et 70% d'efforts des contribuables. Si quelqu'un est à l'os, c'est le citoyen, le travailleur, le chômeur et les petites entreprises.
Taxe "sur les grosses villas" : ça, c'est chic, ça fait joli, c'est éthique, c'est bien vu par le peuple... on va taxer les riches les gars... Revenu cadastral de plus de 3.000 euros ? Ce n'est plus un RC soumis au précompte immobilier, ça devient un revenu...donc taxé à 50%. Bref, de la requalification débile qu'ils auraient quand même bien du mal à défendre face à "l'égalité devant l'impôt". En plus, d'après Le Soir, ça rapporterait à tout péter 10 millions d'euros par an. Bah, ça financerait toujours Francorchamps quoi. Bref, effet d'annonce pour peu d'effet fiscal.
Taxation des banques : les Banques, pardon, les clients des banques financent déjà 500 millions d'impôt à l'Etat. Et bien, ça ne suffit pas, l'Etat rajouterait bien une petite couche à 171 millions... que les clients, contribuables, finiraient quand même par retrouver sur leur facture.
Ça, c'est le catalogue officiel... selon ma consœur Claire Chacal, quand rien ne filtre, ça ne sent pas bon. Ils vont donc nous sortir des mesures qu'on ne mentionne même pas encore.
On est à l'os ? Une piste : OSER
Et ça fait peur, la Belgique est un des pays les plus taxés au monde. La solution à tout problème, c'est taxer, imposer, prélever. Certains ministres ont le culot de nous dire qu'ils "sont à l'os"... Mais à l'os de quoi ? De qui ? De l'administration ? Des financements de CPAS qui fichent le camps à financer des Pirette Show ? A l'os des régimes spéciaux de ceux qui se permettent de faire un tour du monde sur le dos de la sécurité sociale ? A l'os des 350 personnes de la délégation wallonne qui fait son voyage scolaire au MIPIM ? A l'os de quoi ? De qui ?
Ceux qui sont à l'os, ce sont les citoyens, les classes moyennes, les chercheurs d'emploi.
Aujourd'hui, Magnette a réuni ses collègues pour parler de l'emploi des jeunes en Europe. Ça lui évite de parler du désastre de l'emploi et du chômage en Wallonie ? Je le dis parce que les taxes, les dépenses, les branlettes intellectuelles : ça suffit. Partout, les courbes du chômage montent. Il n'y a aucune inversion. Et il ne peut y en avoir quand on taxe tant et plus. Alors, les effets d'annonce de Présidents de Parti (ou Président de la République) qui disent se préoccuper de l'emploi, c'est bullshit ! Ca suffit !
En 2012, le Gouvernement a adapté sa fiscalité sur les voitures de sociétés pour faire rentrer du fric. Résultat, ça a été l'étape en trop, trop de taxe tue la taxe, et l'Etat a vu son revenu baisser. Et il en sera ainsi tant qu'on pensera que la solution à la crise, à la dette et aux déficits ; ce sont des impôts.
Non, il faut oser autre chose maintenant. De la rigueur dans les gestions des deniers publics et une relance ! Qui dit relance, dit amélioration du déficit public par augmentation du PIB. Qui dit augmentation du PIB dit rentrée fiscale complémentaire sans hausse de la fiscalité. Qui dit relance, dit diminution des allocataires sociaux. Il est temps d'oser.
Il faut oser une vraie politique, oser le "one shot" d'endettement. Y aller vite, y aller fort. Et surtout, bien le gérer, strictement, lucidement. C'est un revolver à un coup, il ne faudrait pas le transformer en roulette russe.
Oser la dette, dire merde à l'Europe sur le coup, avec d'autres pays (idéalement, la réponse devrait être européenne...ici, jouer ce jeu nourrira surtout les sociétés qui importent et les produits d'importation, il faut être très prudent). Et relancer. 
Relancer, relancer, relancer, rigueur, droiture, volonté, vision, action. Froidement. Mécaniquement. Relancer devrait être le seul leitmotiv de l'Europe et des ses composantes. Pas la taxation.

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