lundi 10 février 2014

Ce que nous apprennent les indices de bien-être (30/05/2013)

Hier, The Economist a quelque peu retravaillé les différents chiffres de l'OCDE et nous publie ses résultats dans son "Daily Chart".

betterlife
 Et que nous apprend donc ce graphique ? Quelques enseignements intéressants pour l'Europe mais surement politiquement incorrects. En tout cas trop pour être publiés dans notre presse de qualité...
  1. Les USA ont l'écart de bien être le plus élevé. Rien de neuf là dedans, on nous sort les inégalités sociales américaines à tout bout de champs.
  2. Les USA ont le niveau de vie le plus élevé pour le décile supérieur. Encore une fois, rien de vraiment inattendu.
  3. Le décile le moins bien loti est mieux loti que le décile inférieur de l'OCDE. En fait, le niveau de bien être du décile inférieur aux USA est supérieur celui du décile inférieur de tous les pays OCDE à l'exception du Canada, de la Suède et de l'Autriche. En français dans le texte, les pauvres américains ne sont jamais aussi pauvres que les pauvres des autres pays. Aie...là, ça devient douloureux et déjà moins publié.
  4. Le décile le mieux loti Français, Italie ou Israélien n'a un niveau de vie qu'à peine supérieur au décile inférieur US. Je n'oserais affirmer que c'est vrai, je rends juste compte de ce qui est mentionné dans les chiffres.
  5. Le décile supérieur italien à un niveau de vie équivalent au décile inférieur américain.
  6. La France est à peine moins inégale que les USA.
Ces chiffres sont certes étonnants, ils n'en viennent pas moins de la respectable organisation qu'est l'OCDE. Un petit bémol néanmoins, les indices OCDE sont construits sur base de 24 indicateurs dans 11 catégories. Certains étant mieux quantifiables que d'autres. The Economist s'est limité à l'analyse de 10 de ces 24 indicateurs. Le classement OCDE complet se trouve ici. La Belgique n'est d'ailleurs pas trop mal placée.
  
Il est quand même à noter deux - trois autres dépèches dans la foulée...
Les Etats Unis redeviennent le pays le plus compétitif au monde (Le Monde, étude IMD). Rappelons que les USA n'ont pas fait le choix de l'austérité... Alors que l'Europe se classe relativement mal: "Comme l'année dernière, le reste des pays d'Europe (hors Suisse, Suède et Allemagne qui sont dans le top 10) souffrent des programmes d'austérités, qui retardent leur redressement".
The Euro Crisis. The Sleepwalkers. "In the Euro zone, desperatly in need of a boost, no news is bad news. Its leader need to wake up". (The Economist). Alors que la majorité des pays du monde se sont engagés dans des programmes de réformes et de relance, l'Europe continue à se regarder le nombril, focalisant sur des politiques d'austérité destructrice sans entamer les véritables réformes structurelles nécessaires et essentielles. Pire, aucune action n'est entreprise pour sa relance. Que du contraire, les pays déjà en difficulté budgétaire sont menacés de devoir payer une amende à l'Europe. Raisonnement brillant me faisant penser à Paul Magnette rackettant les mendiants de rue à Charleroi...
Enfin l'intéressant graphique, dans Les Echos, sur la guerre monétaire en cours. L'Europe, encore une fois est complètement larguée
changewar
 Résumons nous : 
1. Le grand satan américain à un niveau de vie supérieur même si l'on note une grande disparité.
2. Les USA ont augmenté le niveau d'endettement mais celui est en train de baisser mécaniquement grâce à la croissance qui revient. En effet, le dénominateur (le PIB) augmente ce qui rabaisse le niveau d'endettement.
3. Le Japon, après 20 ans de morne plaine, s'est lancé dans l' "Abénomics" et déclenche un guerre monétaire. Un dévaluation compétitive de sa monnaie et ça marche malgré ses 200% d'endettement.
4. L'Europe s'enfonce et a une croissance atone mais ne prend aucune mesure sinon d'infliger des amendes à ceux qui ne respecteraient pas l'orthodoxie budgétaire. La BCE reste très frileuse à intervenir sur les marchés et avoir une politique monétaire agressive.
5. Aucune mesure de relance en vue pour l'Europe bien trop occupée à définir comment servir l'huile d'olive dans les restaurants... On croit rêver sur les priorités européennes.
6. Le niveau de vie de nos paradis sociaux n'est pas meilleurs que celui de l'enfer américain que l'on nous décrit. Et pourtant, on nous fait payer fort cher pour ces mirages. Toujours interessant de constater d'ailleurs que les moyens de nos Etat Sociaux n'ont jamais cessé d'augmenter (par la taxe et l'endettement) mais que le niveau de pauvreté et de chômage ont suivi la même courbe ascendante tandis que la croissance n'a plus jamais vraiment décollé depuis les années 60. Il y a peut être un problème dans l'équation non ?

Mes excuses pour ce billet un peu plus sérieux que d'habitude, l'interpétation de tout ceci reste bien entendu subjective à 100% même si la base est toujours 100% vraie. Ce n'est pas ce que vous avez l'habitude de trouver dans vos pravdas officielles. Enfin, je crois.

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