lundi 10 février 2014

Les réformes c'est plus facile quand ça touche les autres (06/06/2013)

Les réformes, c'est toujours plus facile quand ça touche les autres. Prenez l'exemple de la réforme institutionnelle en cours en Belgique, elle est gérée dans la, bientôt fameuse, COMORI.
De quoi a donc accouché notre sympathique COMORI ? ...elle a réformé les dotations royales ! Les dotations royales, ce chapitre tellement important que le simple fait de l'évoquer nous fait envisager le sauvetage de la Belgique, les dotations royales, sans elles, notre pays ne serait surement pas surendetté... Les dotations royales ('tention, je vire Hollandien en faisant un anaphore là...), en les réformant, c'est évident, ça résoudra les problèmes de chômage du pays. Les dotations royales, cet impératif qui nous permettra enfin de solutionner le problème des pensions. Les dotations royales, coupables de nos tristes records mondiaux en matière de fiscalité. Les dotations royales qui nous empêchent de pratiquer une véritable politique de relance. Les dotations royales, cet épouvantail qui effraie les entreprises étrangères qui ne viennent plus s'installer chez nous. Les dotations royales, sans elles, pas de scandales Francorchamps, Carolorégienne, Country Hall, ou gares Calatrava. Les dotations royales, cette capture de l'argent public qui serait tellement mieux utilisé à Mons (premier destinataire des subsides en Wallonie à ma connaissance) ou Liège. Les dotations royales, qu'on pourrait enfin utiliser pour éradiquer la mendicité à Charleroi plutôt que la cacher dans les faubourgs du Borinage.
En clair, la COMORI a pondu un truc certes utile un jour mais purement cosmétique et où l'accord était plutôt facile à atteindre. C'est toujours plus facile une réforme quand elle va toucher les autres et qu'elle évite d'impliquer trop les acteurs qui la décide.
C'est vrai, la COMORI n'a vraiment pas d'autres chapitres importants à gérer :
1. La réforme du Sénat pour en faire une assemblée des régions et communautés, modifier le calendrier électoral (il n'y a jamais que 36 textes à traiter). Mais bon, vous comprenez, là on va commencer aussi à toucher au statut et peut être aux dotations des Sénateurs. Clairement, la dotation royale, c'est peut être moins utile, mais c'est tellement plus simple.
2. Les transferts de compétences aux régions et communautés. Ca c'est sûr, ils veulent tous plus de pouvoirs. Non qu'ils aient démontré leur grande capacité à gérer les matières dont ils ont déjà la charge mais gérer soi-même évite surtout que les autres viennent y fourrer le nez. Leur soucis c'est bien sur que ça ôte les mécanismes de solidarité "nord-sud" (emploi-chômage) ou "sud-nord" (pensions et retraites anticipées). Touchons donc à la retraite du Roi et de sa famille, c'est finalement moins compliqué et puis, c'est à la mode.
3. Les lois de financement. La volonté y est mais vous comprendrez que le débat sur le financement des dits transferts de compétence est particulièrement pénible. Ici par contre, la réforme de la dotation royale va surement libérer les moyens nécessaires pour régler le problème. Ou pas.
Le calendrier ? Des textes votés avant le mois de juillet... il y avait donc besoin d'un symbole pour dire qu'on a déjà fait quelque chose même si au final, ça ne changera pas nos vies, ne résoudra pas la crise, et ne créera pas d'emplois.

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