lundi 10 février 2014

Un "cadeau" de 11 milliards d'euros (15/07/2013)


Si Laurette Onkelinx est la dernière des burnes en économie (avis qui n'engage que moi), un chose qu'elle maîtrise à la perfection, c'est la communication.
Ainsi, sur base d'un rapport sur l'écart salarial, madame Onkelinx annonce tout de go "les entreprises bénéficient d'un soutien s'élevant à 11 milliards d'euros par la biais de réductions de cotisations sociales, de subventions, titres-services, mesures d'activation et autres..." "Ce qui est plus ou moins l'impôt des sociétés".
Je vous avais prévenu en début d'article, on n'en est pas à une approximation près chez Laurette. Mais la presse, les journalistes ne réagissent pas, laissent dire et retranscrivent. Au Waldorfington, on se fait un devoir de tenter de vous décortiquer ce qui est dit ici.
Quand Laurette parle de "soutien", elle parle essentiellement de réductions. Traduisons en grossissant [très fort] le trait : un voleur, au lieu de vous prendre 100 euros, ne vous en prend que 90. Il se retourne vers vous et vous sort : "Je t'ai filé 10 euros d'aides, 10 euros de soutien !". Ce n'est pas un cadeau, c'est une réduction d'un prélèvement... 
Quand Laurette parle de "subventions", subventions à qui ? A quoi ? Pourquoi ? Les ASBL communales et autres organismes parastataux en tout genre reçoivent énormément de subventions. Sont-elles inclues dans ce calcul ? Les subventions aux événements gabegiques des baronies, sont ils compris dans la mesure ? Sachant aussi que deux provinces capturent l'essentiel des "subventions", que ces deux provinces ne sortent pas du marasme économique, quelle est la mesure de succès des politiques de subventions ? Quelle est la taille des entreprises qui reçoivent ces subventions ? Généralement des sociétés qui ont les moyens d'engager du personnel pour faire cette chasse aux subventions.
Les "Titres Services", on confine au ridicule du "soutien aux entreprises". C'est avant tout une mesure destinée à lutter contre le travail au noir qui sévissait auparavant en Belgique dans le secteur des aides-ménagères. C'est ensuite un mécanisme servant à sortir les gens de la spirale du chômage. Une aide aux entreprises ? Où ça ? A part pour quelques entreprises de Titres-Services ? Parler de manière générique de "soutien aux entreprises" est absurde et irrecevable.
"Ce qui est plus ou moins l'impôt des sociétés", voilà, on atteint le sommet de l'incompétence et de la méconnaissance économique. Qu'une entreprise fasse ou non du bénéfice, elle doit payer les charges sociales. Réduites, ou non. Et si elles sont réduites, la différence en bénéfice est taxée à l'ISOC. On mélange des pommes et des poires, on raconte n'importe quoi...et on finirait presque par applaudir ce grand numéro de cirque...
La réalité derrière ce grand blabla communicationnel, le fond du rapport que Laurette ne mentionne pas, ce qui est l'objet même du rapport, c'est que le handicap salarial de nos entreprises est de 5,2% "brut", et que même en tenant compte de ces soi-disant 11 milliards de "soutien", notre handicap salarial net est de 3,4%.
La réalité, ce sont aussi les chiffres Eurostat 2012. En coût de travail horaire, la Belgique est sur le podium des plus chers ! Et un des pays où la partie "autres coûts" est la plus élevée. 11 milliards de cadeau ? Vraiment ? (Merci à Jean-Charles pour le rapport Eurostat)
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Pendant ce temps, les Gouvernements cherchent encore des millions, et le Gouvernement Wallon a déjà annoncé qu'il devra trouver de nouvelles recettes, soit de nouveaux impôts.

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