jeudi 24 août 2017

Arriva la taxation du capital...

Dans la torpeur estivale, notre gouvernement libéral a encore frappé… 
Sous prétexte d'une réforme de l'ISOC que nous ne voyons pas venir, ce gouvernement a décidé qu'il fallait maintenant taxer les réductions de capital. Je vous parie mes comptes annuels qu'étonnamment, cette taxation arrivera avant la "réduction" d'impôts. 
Car il faut bien nous entendre, il ne s'agit en aucun cas d'une réduction d'impôts. En effet, dès le début, ce gouvernement a annoncé une réforme fiscale de l'impôt des sociétés qui devait être neutre. C'est à dire que ce qui allait être donné d'un côté devait être récupéré de l'autre au titre de la neutralité budgétaire. A aucun moment le gouvernement Michel n'a parlé de financer ces réductions d'impôts par des économies structurelles. 

Avant que vous ne me vouiez aux gémonies et me traitiez en suppôt du grand capital, je rappelle ce que j'ai déjà dit par ailleurs. Que nous soyions taxés. Soit. J'ai toujours estimé que l'impôt peut être légitime et apporter une forme de solidarité et des effets retours économiques et en terme de service public. Quand je conteste l'impôt, c'est parce qu'aujourd'hui, il capture plus de la moitié de la richesse produite pour des effets retour scandaleux tant en termes économiques qu'en terme de service public. Mais oui, je suis pour l'impôt, un impôt juste, équitable, mesuré et qui récompense quand même le travail et la prise de risque.

J'ai toujours appris que prendre un risque était payant. Je suis devenu indépendant. Je n'avais plus un rond, juste une maison que je n'arrivais même plus à payer (inutile de sortir les mouchoirs, tout va bien merci). Malgré ça, je l'ai mise en garantie pour disposer d'un prêt. Anyway...
Au bout de dix ans, c'est vrai, ça a commencé à payer... Et je me suis dit que je serais un jour récompensé d'avoir créé mon propre emploi. 

Las, arrivent les années Di Rupo, qui trouve que c'est tellement honteux que les indépendants soient moins taxés que les employés… 
MOINS TAXÉ ? Mais où t'as vu ça Coco ? L'indépendant paie son IPP comme un employé ou un fonctionnaire. 50% au delà de 38.000€ (ben oui, on est riche en Belgique à 38k€...en France tu atteins ce seuil au delà de 140.000€…)


Quoi ? Ah, y a les sociétés que ces "escrocs" d'indépendants mettent en place ? Ben sans offense, la raison est souvent plus juridique que fiscale car à l'époque déjà, on payait 33,99% en ISOC et 50% en IPP. La création d'une personne morale distincte étant souvent justifiée par la séparation des patrimoines et éviter qu'une faillite entrepreneuriale ne se mue en faillite personnelle avec perte du patrimoine familial. 
Si on se payait un dividende (rappel, le fruit du risque, pas de la spéculation), on payait 15% de précompte mobilier (PM) en plus. Soit une taxation totale de 44% pour les dividendes sachant que ce dividende doit être limité sinon il est requalifié à l'IPP... Mais, bon, ce scandale de gagner 6% en plus quoi... 
Alors on a doublé (vous avez bien lu + 100%) le PM en le faisant passer à 30%... Bonheur et délectation, ceci a amené notre imposition du dividende (le fruit du risque, ce que tu peux perdre intégralement sans que personne ne pleure pour toi ni ne t'aide) à 54%... 54%. Plus qu'un emploi sans risque, aucun. 

Puis, ce n'était pas suffisant, alors on a doublé la taxation des avantages de toute nature (les ATN). Parce que vous pensez bien, c'est trop honteux qu'un indépendant aie une trop belle voiture, fruit de l'exploitation du pauv...ah non, de lui-même en fait. Au passage, toute une série d'ATN passent aussi dans la catégorie "totalement interdite" sous peine d'une amende de 309%...

Mais ça ne suffisait toujours pas, il fallait faire comprendre à l'indépendant qu'il n'était pas au service de sa famille ou de lui même mais à celui de l'Etat. Alors on lui a dit que tout ce qu'il avait patiemment et à force de travail économisé dans sa petite entreprise, on allait lui en prendre 30%. 30% d'un revenu déjà taxé à l'ISOC... Ce que beaucoup d'indépendants faisaient pour se garantir une pension (ben oui, la pension d'un indépendant étant inférieure à celle d'un chômeur, cette récompense de la prise de risque et de ne dépendre de personne...). On a donc triplé la taxation du boni de liquidation. 300% d'augmentation. Dans quel pays on ose ce genre de choses ? Tripler... 

Mais, généreusement, on a mis en place, face au légitime tollé, un mécanisme de transition (débile) permettant de liquider son entreprise de manière fictive (je vous ai dit que c'était débile hein), A CONDITION de payer immédiatement 10% à l'Etat. Promis, juré, craché, cet argent, on n'y touche plus après ! IM-MU-NI-SÉ...
Autre condition, mettre l'argent de ces bonis de liquidation… EN AUGMENTATION DE CAPITAL...

Vous le sentez venir là ? 

Aujourd'hui, le gouvernement libéral, non content de ne revenir sur aucune des mesures Di Rupo enfonce le clou et va taxer les réductions de capital. Et oui, et aujourd'hui, tous les cons qui ont payé, de manière définitive (cette blague), leur 10% sur boni de liquidation vont pouvoir repasser à la caisse s'ils veulent faire une diminution de capital... 

Au passage, le gouvernement pseudo libéral en profite pour créer un ISF (si si) alors que selon la Commission Européenne et l'OCDE, cet impot sur la fortune et le patrimoine existe déjà en Belgique. ...et devinez quoi ? On est même sur le podium de la taxation du patrimoine aussi. Malgré tout ce que l'on peut vous raconter.

Et ceci, mesdames et messieurs, c'est le fruit d'un gouvernement qui se dit libéral...

On s'est bien fait entuber. Si de tels mécanismes fiscaux ne sont pas une incitation à la fraude, je ne sais pas ce qui l'est. J'en profite pour signaler que je suis à l'écoute de toute opportunité de création d'une entreprise à l'étranger, puisque mon pays ne veut pas de moi mais uniquement de mon capital, il n'aura rien.